Présent à l’hémicycle, absent à la cité… le malin FCC !

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A l’image de son objet d’étude, le Front Commun du Congo (F.C.C), est un fourre-tout et chevauche de la plateforme électorale au regroupement politique, en dehors de tout cadre approprié. Cette réflexion ne va pas suivre un cheminement logique et touchera aux points qu’elle cherche à mettre en sellette sans plan préétabli,

Commençons par stigmatiser que le F.C.C., plateforme électorale ou regroupement politique, manque d’idéologie fédératrice autour de laquelle partis politiques et personnalités qui le constituent pourraient correctement se réunir, se retrouver, se mettre ensemble. En effet, cette masse sans âme englobe indistinctement les partisans du libéralisme, du socialisme, de la social-démocratie, de l’unitarisme, du fédéralisme … Bref un véritable fourre-tout !

            Il en découle que le FCC ne peut pas avoir une vision commune ni des objectifs communs à réaliser et surtout pas en faveur du peuple congolais. Car, c’est sur la population congolaise que le FCC a marché  pour se constituer et certains des pions dont il s’est servi dans ce sens sont aujourd’hui abandonnés à leur triste sort, après avoir été sucés comme des citrons. Où sont les ténors de certaines grandes organisations sociales et politiques qui ont été débauchés à gauche et à droite et qui ont servi de ciment à la naissance du FCC? Nous nous abstenons de citer des noms que tout le monde connaît.

            C’est un noyau de malins qui se sont retrouvés aujourd’hui, conformément aux plans machiavéliques cachés qui sont les leurs et que les patriotes ne leur laisseront guère le temps d’appliquer. C’est au FCC des hémicycles qu’on retrouve comme Députés provinciaux et nationaux, sénateurs et bientôt membres des gouvernements provinciaux et national.

            Malheureusement, ces cadres  du FCC ne sont présents  qu’à l’hémicycle, que ce soit au niveau provincial ou national. On ne les voit guère à la « Cité » (polis en grec) alors qu’ils prétendent faire de la politique (de polis) au nom de la population sous le régime démocratique (demos). S’ils peuvent crier et acclamer, s’acclamer au sein de l’hémicycle, les membres du FCC ne sauront lever le front à la Cité et la population ne se reconnaît nullement en eux comme ce fut le cas en 1982 où les « Commissaires du Peuple » représentaient réellement la population qui se reconnaissait en eux. Ce qui avait permis d’avoir un idéal commun, celui de vouloir toujours être ensemble pour pouvoir instaurer la démocratie et amorcer le progrès social. C’est de là qu’est venu ce  parti du peuple qu’est l’UDPS, une organisation politique qui peine encore à pouvoir réaliser ses objectifs.

            Le FCC ne saura donc communier avec la Cité dont il a décimé certains membres et malmené les autres. Nombre de Congolais sont restés en chômage, avec plusieurs mois d’impayement, avec des familles sans pères (Chebeya, Alain Moloto, Armand Ntungulu…). D’autres ont été séparés d’avec leurs enfants, leurs frères et sœurs (Rossi Mukendi, Thérèse Kapangala…). Certains n’ont pas connu une sépulture digne d’un être humain et se sont retrouvés dans des fosses communes aussi bien à Maluku, au grand Kasaï, au grand Kivu qu’à Yumbi… Bref, comment, dans ces conditions, le FCC pourra-t-il avoir à communier avec le peuple du Congo? Comprenez pourquoi le candidat du FCC n’a pas été élu à la présidentielle et que le FCC a dû se fabriquer la majorité de l’hémicycle, malin qu’il était, dans l’espoir qu’il se maintiendrait encore au pouvoir.

            C’est là que le pouvoir actuel, celui d’avec FELIX ANTOINE  TSHISEKEDI TSHILOMBO comme Président élu de la République, garde encore intactes toutes ses chances de gouverner sans désemparer et de concrétiser l’idéal que nous ont légué les pères combattants de la dictature, un système qu’il nous faut déboulonner. Trois atouts majeurs peuvent être utilisés à cette fin : le peuple, la justice et l’armée.

            L’armée est appelée à comprendre qu’elle est l’émanation du peuple et qu’elle a le devoir sacré de protéger ce peuple sans devenir l’auteur de sa décimation. Aucun tir à balle réelle ne devra jamais partir de cette armée vers le peuple sans arme, quelles qu’en soient les circonstances.

            La Justice est l’arme la plus solide à utiliser pour pouvoir séparer la bonne herbe de l’ivraie. La Justice, grâce au multiples dossiers qu’elle détient, doit entreprendre objectivement son travail et mettre hors d’état de nuire tous les « criminels» politiques et économiques du FCC, en dépit des immunités parlementaires dont certains ont cherché à se munir. Les procédures légales doivent être d’application à cet effet.

            Enfin, le Peuple! Il doit être amené à s’organiser, à se prendre en charge. Le véritable plan d’action doit partir de lui et être graduellement réalisé par les différentes institutions de la République. Le Chef de l’Etat, premier serviteur du peuple, doit demeurer à l’écoute de ce dernier et en communion avec lui pour le bien de tous et de chacun, même de ceux qui seront en prison.

Que le peuple gouverne!

Urbain-Daniel Tshisungu

Chercheur Indépendant

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