Premier défi sécuritaire de Félix Tshisekedi : éradiquer l’insécurité à l’Est du pays

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Revêtu enfin de l’impérium, c’est-à-dire des attributs du pouvoir
qu’il ne pouvait acquérir que démocratiquement par la voix des urnes,
Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo est devenu, depuis le jeudi 24
janvier 2019, à 55 ans, le 5 ème président de la République
Démocratique du Congo.
Le premier défi qui s’impose au nouveau régime, est le défi
sécuritaire. A l’examen de la situation sécuritaire qui prévaut
actuellement sur le territoire national, il y a lieu de relever les
fronts en ébullition. Ces brûlots sont attisés par des milices armées
locales qui écument particulièrement la partie Est. Parmi ces milices,
il y a en premier lieu les Maï-Maï. Dirigés par des seigneurs de
guerre, ces milices dans les rangs desquels on compte des adolescents
(filles et garçons), font souvent des incursions dans des villages et
territoires proches de leurs fiefs. On dit que ces miliciens ne vivent
que de l’exploitation artisanale des ressources minières, des
exactions et extorsions des biens des populations locales. C’est avec
les recettes du trafic des minerais que ces groupes Maï-Maï
s’approvisionnent en armements et munitions de guerre, ainsi qu’en
produits vivriers.
Nouvelle aussi surprenante qu’intéressante, plus de 680 miliciens de
Kamuina Nsapu viennent de déposer les armes à Kananga, annonçant
qu’ils abandonnaient leurs activités criminelles et étaient disposés à
se mettre au service de la nation, selon les modalités à définir par
le Programme DDR.
En plus de Beni et Butembo, de milices armées se signalent par des
tueries à Djugu, en Ituri et autres coins de la province où elles
mènent des attaques contre les bases opérationnelles des Fardc. Les
troupes loyalistes leur ont souvent infligé quelques pertes, sans
anéantir leur capacité de nuisance.
L’on croit savoir que le nouveau président de la République aura à
cœur de doper le moral des troupes loyalistes déployées dans les
différents et les doter de moyens logistiques à même de neutraliser,
avec le concours des troupes partenaires de la Monusco, ces forces
négatives qui ont déstabilisé le plan de développement de nombreuses
provinces de l’Est.
Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo devra d’autre part, lancer la
réforme des services de sécurité et de la justice, particulièrement
l’armée et la police. Avec la fin de premiers programmes d’appuis et
d’assistance issus de la coopération bilatérale et multilatérale avec
de nombreux partenaires de notre pays, cette réforme qui pourrait
donner un souffle nouveau à notre système de défense, mérite d’être
réactivée avec des moyens importants. Car, non seulement toute réforme
requiert la synergie des compétences et expertises venant de divers
horizons, mais aussi des moyens financiers et logistiques importants
pour sa mise en œuvre.
C’est avec des éléments biens formés, issus de nombreux programmes de
formation et de recyclage à l’interne et dans des académies militaires
et de la police à l’étranger, spécialisés dans différents corps de
métiers aussi bien de la police que de l’armée, que l’on pourra
constituer dans les années à venir, une armée républicaine,
apolitique, réellement au service de la nation, totalement dévouée à
la défense de notre intégrité territoriale.
J.R.T.

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