PPRD : arrêtez la politisation des

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Emmanuel Ramazani Shadari, Secrétaire Permanent du PPRD (Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie), et ses pairs du Comité exécutif viennent de lever, au terme d’une réunion organisée le lundi 03 février 2020, l’option de la mise en place imminente des comités provinciaux de leur parti dans les provinces où ils ne sont pas encore opérationnels. En principe, ce dispositif d’organisation interne ne devrait pas concerner les membres extérieurs à ce parti.

Seulement voilà ! L’on apprend qu’à l’instar de la ville-province de Kinshasa, où le comité exécutif du PPRD est piloté par le gouverneur Gentiny Ngobila Mbaka, il devrait en être de même pour les 25 autres provinces. Ainsi que chacun peut le constater, on assiste là à une politisation de ces entités politico-administratives, qui ne dit pas son nom.

Car, selon une vieille tradition héritée du MPR/ Parti-Etat, revue et corrigée sous les régimes de Laurent-Désiré Kabila (1997-1998) avec l’AFDL (Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo) d’abord et le CPP (Comités des Pouvoirs Populaires) ensuite, du 1+4 (2003-2006) et du « kabilisme » (2006-2019), les chefs des exécutifs provinciaux sont utilisés comme les bailleurs de fonds des activités politiques de leurs partis. Et, au lieu de provenir de leurs poches, ces fonds noirs découlent des ponctions opérées régulièrement sur les recettes de leurs entités politico-administratives.

 Par conséquent, les provinces, celles demeurées « intactes » comme celles issues du découpage, végètent dans la pauvreté pendant que les partis qu’elles portent financièrement à bouts de bras et leurs cadres affichent une prospérité à faire pâlir plus d’un. L’autre conséquence négative de la spoliation des maigres ressources financières, lesquelles proviennent le plus souvent de la rétrocession, est que les concitoyens de l’arrière-pays, sans emploi et sans perspective d’avenir, ne font qu’affluer à Kinshasa, une mégapole qui n’a rien à leur offrir, car elle-même saignée à blanc par des gouverneurs plus préoccupés par l’entretien du PPRD que par la satisfaction des besoins sociaux de base de leurs administrés.

         Par ailleurs, au plan moral, un gouverneur de province affichant publiquement ses couleurs politiques crée lui-même un environnement de méfiance entre lui et les citoyens sous sa gestion politique et administrative. Il est vu, à priori, comme un mandataire public d’abord acquis à la cause de son parti, alors qu’il devrait d’abord être au service de sa collectivité, sous le label de la neutralité.

         Compte tenu des méfaits de la politisation des provinces jusqu’à un passé récent et de leur recul au plan du développement, les observateurs pensent que le PPRD devrait arrêter son jeu malsain consistant à « se faire prendre en charge » par les caisses des provinces. On peut même lui suggérer, à ce propos, d’annuler l’acte de nomination de Ngobila à Kinshasa, pour le remplacer par un cadre n’assumant pas un mandat de gestionnaire dans une entité politico-administrative, une entreprise ou un service public.   Kimp

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