Poursuite du mandat de la Monusco en RDC : le Conseil de Sécurité bientôt à Kinshasa

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La Représentante spéciale du Secrétaire général de l’ONU en RDC, Leila
Zerrougui, était  hier mercredi 30 janvier 2019 face aux médias. Ces
échanges ont eu lieu au quartier général de la Monusco à Gombe.
Visiblement ravie de se trouver devant les médias au siège de la
Monusco, la diplomate algérienne, assise juste à côté de Florence
Marshall, sa porte-parole , a expliqué à ses hôtes avoir été absorbée
par l’actualité de ces derniers mois.

Elle a ensuite fait état aux médias de l’arrivée imminente d’une
délégation du Conseil de Sécurité en RDC. L’arrivée des délégués
onusiens s’explique par la fin du mandat en cours de la Monusco et le
début du prochain mandat des Casques Bleus en RDC dès le mois de mars
2019. C’est ainsi que  les officiels congolais sont appelés à dire
clairement à leurs hôtes de marque ce qu’ils attendent de la Monusco
en ce qui concerne le  nouveau bail.  Et c’est au regard des attentes
des Congolais que le Conseil de Sécurité va définir les termes de
référence de ce prochain mandat des Casques Bleus.
Evitant d’anticiper, elle a laissé entendre que cela ne relève pas de
sa compétence. Mais la protection des civils et l’éradication des
groupes armés pourraient figurer dans l’agenda de la Monusco.
Elle a indiqué que le budget est lié  logiquement à la nature des
effectifs et de la nature de la tâche à accomplir.  Dans la foulée,
elle est revenue sur sa visite de courtoisie  d’avant hier au nouveau
Chef de l’Etat.  En somme, c’était pour le féliciter d’avoir été élu
comme  5ème Chef de l’Etat  et lui faire part du message de
félicitation sdu Secrétaire général de l’ONU à son endroit. C’était
aussi pour lui dire que la Monusco est toujours disposée à accompagner
le Congo.
A la question de savoir ce qu’a répondu son illustre hôte au problème
de maintien des Casques Bleus en RDC, Leila Zerrougui a éludé cette
question. Selon elle, Félix Tshisekedi Tshilombo a plusieurs priorités
en tête en ce moment. Néanmoins, son hôte de marque a loué  le travail
qu’abat la Monusco et exprimé  le souci de la voir travailler en
collaboration avec les FARDC  pour éradiquer les groupes armés.
Autre « révélation » faite aux médias est qu’elle a parlé avec Fayulu
ce mercredi 30 janvier, s’abstenant de dévoiler le contenu.
Les questions des journalistes ont porté sur les rumeurs relatives à
une incursion des FDLR au Rwanda, en se servant de la RDC comme base
arrière, l’existence des « fosses communes » à Yumbi…..Ou encore si
dans le cadre de la résolution 2109 du Conseil de Sécurité, il y a des
points pour lesquels elle regrette de n’avoir pas trouvé des
solutions.
Répondant à ces préoccupations, la cheffe de la Monusco a fait état
des contacts réguliers qu’elle a avec le ministre Congolais de la
Défense.  Elle a reconnu qu’un groupe des combattants et leurs
dépendants ont quitté dernièrement le Nord- Kivu pour le Sud-Kivu. Ce
déplacement a fait croire à certaines personnes que ces combattants
comptaient faire des incursions au Rwanda. Kigali a été alerté et le
ministre de la Défense a sollicité l’appui de la Monusco, qu’on va
demander aux miliciens de déposer les armes et mettre tout en œuvre
pour séparer les dépendants des éléments armés.
La diplomate algérienne a rappelé que les combattants du FDLR
rapatriés au Rwanda vivaient dans des camps, plus précisément à
Kanyabayonga et Walungu. Regroupés à Goma, ces derniers avaient été
dirigés  vers  Gisenyi. C’est dans ce sens qu’elle ne peut pas
confirmer l’absence des FDLR en terre congolaise.
L’hôte des médias a récusé l’existence des fosses communes à Yumbi,
précisant que ce concept est souvent tributaire du phénomène des
exécutions extrajudiciaires, et insisté pour qu’on parle  surtout des
tombes communes.
Elle a fait part de sa peine de n’avoir pas  été en mesure d’anticiper
pour que le drame de  Yumbi n’ait pas lieu, que le processus électoral
se passe sans trop des problèmes, ou encore que l’éradication des
groupes armés se fasse très vite.  Elle a avoué  avoir essuyé beaucoup
des critiques mais ne tient pas rigueur à leurs auteurs.
La Monusco va « fêter » sa vingtième année en RDC et les attentes
sont nombreuses. Néanmoins, le déploiement d’une mission de paix dans
un pays souverain est une tâche délicate et la Monusco n’a pas
vocation de s’éterniser en RDC, a lâché Leila Zerrougui.
Jean-Pierre Nkutu

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