Porc indésirable… le service d’hygiène sans moyens

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Le ministre d’Etat en charge du Commerce extérieur a signé un communiqué officiel en date 19 février 2019, par lequel il interdit au nom du gouvernement l’importation, la commercialisation et la consommation de la viande de porc en provenance de l’Union européenne.

Jean Lucien Busa Tongba s’est référé à la lettre de l’Union européenne du 22 janvier 2019 relative à l’alerte du Système d’Alerte Rapide pour les produits alimentaires et les aliments pour animaux, RASFI,  2019.3332 du 19 novembre 2018 liée à la viande de porc en provenance en général, et particulier du Pays-Bas.

            Trois jours se sont écoulés depuis que la mesure d’interdiction d’importer, commercialiser et consommer la viande de porc en provenance de l’UE a été prise, on ne voit rien en termes d’application ou mieux d’observation de la décision gouvernementale ! Pas de saisie jusqu’ici d’une quelconque cargaison des produits suspectés ni aux frontières ni dans les différents lieux de vente. Car, conformément aux normes en la matière, toutes les opérations liées à l’exécution de la décision doivent se dérouler en public. Tout doit se faire de sorte que la population suive elle-même l’application de la mesure afin d’être édifiée.

            On rappelle que le gouvernement ne s’est pas limité à la simple interdiction, mais il a également instruit tous les services opérant aux frontières de consigner toute cargaison contenant les produits mis en cause ; les services habilités à procéder au retrait du marché et à la destruction desdits produits suivant les normes ; etc.

Le Service d’hygiènesans moyens !

            Normalement, la décision gouvernementale visant l’interdiction, la commercialisation et la consommation de la viande de porc ainsi que tous les produits dérivés en provenance de l’UE, devrait s’appuyer sur deux services étatiques en vue d’assurer son application efficace. A savoir : l’OCC (Office congolais de contrôle) aux portes d’entrée du territoire national, et le Service d’hygiène à l’intérieur du pays.

            Or, à l’heure actuelle, on sait dans quel état se trouve le Service d’hygiène publique, qui devrait être le pivot moteur pour assurer l’assainissement à tous les niveaux pour promouvoir un environnement sain.

            Dépourvu des moyens d’action pour remplir sa mission, le Service d’hygiène publique est placé depuis belle lurette dans des conditions où il devient complètement incapable de jouer son rôle. Il n’y a qu’à observer l’environnement dans lequel évolue la population congolaise pour se rendre à l’évidence que ce service qui faisait jadis la police de la salubrité publique n’existe plus. Des odeurs polluantes, des ordures ménagères jetées n’importe où, des montages de poubelles publiques, des eaux sales provenant des douches déversées sur les voies publiques voire des matières fécales pendant qu’il pleut…tout cela est une preuve de l’inexistence du Service d’hygiène publique.

            Les rares endroits où on le retrouve, c’est aux postes frontaliers pour le contrôle, et probablement la vente de la carte de vaccination. La raison est facile à déviner.

            Comment alors peut-on attendre du Service d’hygiène des résultats en ce qui concerne l’application de la décision interdisant l’importation, la commercialisation et la consommation de la viande de porc et dérivés provenant de l’Union européenne ?

            Le ministère de la Santé publique doit repenser sa politique envers le Service d’hygiène qui paraît aujourd’hui aux yeux de l’opinion comme le cadet de ses soucis, et l’inscrire dans les priorités de son action. La santé de la population n’a pas de prix.Dom

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