Plusieurs Kinois se sont souvenus de leurs morts

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 La date du 1er août demeure importante pour les Kinois. Malgré leurs difficultés, ils avaient envahi dimanche les cimetières de la capitale. Ils étaient venus en grand nombre au cimetière de Kintambo.
 
 Quelques semaines auparavant, ceux qui continuent à gérer ce cimetière déjà fermé par les autorités mais toujours en activité, avaient mis le feu ici et là pour brûler les nombreuses herbes qui avaient élu domicile dans ce cimetière. Les proches des disparus ont poursuivi le travail en coupant les mauvaises herbes et en les brûlant.
 Quelques uns sont allés au-delà. Ils ont réfectionné des tombeaux dont les parties avaient commencé à subir l’usure du temps. De nouvelles croix ont été posées. Certains ont mis une nouvelle peinture sur les tombeaux et aussi sur les croix, et ils ont même fait venir des jeunes-gens pour réécrire les noms des disparus et les dates de leurs décès.

 Malgré le fait qu’on continue à enterrer dans ce vieux cimetière, les proches des défunts ont facilement retrouvé leurs traces. « Ceux qui viennent régulièrement visiter leurs morts n’ont pas de problème pour retrouver les tombeaux de leurs parents, mais ceux qui les ont abandonnés souffrent un peu pour les repérer », nous ont dit ceux qui représentaient l’autorité de l’Etat sur les lieux.
 Au moment où nous arrivions au niveau de ces représentants de l’autorité, une dame venait chercher la tombe d’un de ses parents enterré en 2009. Il lui a été demandé de pénétrer dans le cimetière à partir du troisième poteau de la ligne électrique d’Inga.
 Comme l’argent n’a pas d’odeur, les commerçants avaient pris d’assaut aussi les alentours du cimetière pour écouler des fleurs, des fruits, des vins de palme, des chikwangues et des boissons sucrées et tant d’autres produits. Certaines mamans vendaient la nourriture en plein cimetière. Et elles n’ont pas manqué de clientèle. Il convient de signaler aussi que quelques enfants de camp Luka ont fait de l’argent car ils étaient là avec leurs houes pour aider certaines personnes à couper les herbes poussant sur les tombes de leurs proches. 
 Pour quelques uns, le 1er août était une journée de fête. Ils avaient amené des chaises en plastique et prenaient de la bière au cimetière au moment où ils faisaient réfectionner les tombeaux ou couper des herbes. Des « visiteurs » avaient pris d’assaut les terrasses situées à côté du cimetière pour partager un verre.  
 
Jean- René Bompolonga

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