Pessimisme des chefs d’entreprises dans le secteur des Mines

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Sur base des indicateurs suivis chaque jour à la loupe, les services spécialisés de la Direction générale de la politique monétaire et des opérations bancaires ont donné vendredi dernier, l’évolution de la conjoncture de l’économie congolaise au mois de janvier, ainsi que les tendances qui se dessinent pour les secteurs des industries extractives, manufacturières, de construction et celui des services.
De cette analyse, il se dégage dans l’ensemble, un ralentissement de l’activité économique, observé en décembre 2011 et qui s’est prolongé jusqu’en janvier dernier avec une faible amplitude. Ce ralentissement, précisent les responsables de ces services spécialisés, est attesté par la morosité qui caractérise le solde global brut d’opinions des chefs d’entreprises en ce début d’année.
Avec un regard très critique, le directeur général en charge de la politique monétaire et des opérations bancaires, relève un net pessimisme qui traduit le manque significatif de confiance des chefs d’entreprises quant à l’évolution de la conjoncture économique. Explication de cette situation ?

Jean Louis Kayembe wa Kayembe l’attribue au  choc structurel induit par la réforme fiscale à la suite de l’entrée en vigueur de la TVA. Pour lui, cette réforme s’est accompagnée d’un mouvement haussier des prix de grande ampleur sur le marché. On remarque aussi que malgré la stabilisation de la situation socio-politique et sécuritaire dans le pays, à l’issue des élections, la reprise de la confiance des chefs d’entreprises attendue en ce début d’année, tarde à se manifester.
Pour les techniciens de la Banque centrale du Congo, cette évolution conjuguée à l’attentisme observé dans les milieux d’affaires dans la perspective de la mise en place de nouvelles institutions du pays, a laissé planer une incertitude quant à la prévisibilité de l’activité économique.
Cette situation, en conviennent les experts de l’Institut d’émission, a influé négativement sur l’opinion des opérateurs économiques dont le solde global brut s’est situé à – 17,2 % en janvier 2012, après une chute à – 27 % en décembre dernier.

Valeurs affichées par les indicateurs et explication technique

Dans le secteur des industries extractives, on constate que pour la toute première fois depuis juillet 2010, les chefs d’entreprises ont affiché  un pessimisme outré dans la suite du repli net constaté en décembre 2011. En effet, l’opinion reflétée par les opérateurs de ce secteur, nettement en recul depuis décembre, est devenue significativement négative en janvier.
On se retrouve ainsi face à une évolution marquée par une dépréciation de la conjoncture économique. L’indicateur solde brut d’opinions des chefs d’entreprises du secteur des mines, s’est établi à – 29 % contre 3 %, en décembre 2011.

Le même sentiment de pessimisme exprimé en décembre domine encore les milieux des opérateurs miniers au mois de janvier 2012, et rien n’indique jusque-là un changement de la situation avec la baisse des cours de certains produits miniers.
Ainsi le solde brut d’opinions de ces entrepreneurs a une fois de plus, fléchi jusqu’à s’établir à – 18,2 % contre – 15,9 % en décembre 2011.
La même morosité a été relevée dans le secteur des services où les chefs d’entreprises restent pessimistes quant à l’évolution favorable de la conjoncture.
En scrutant l’indicateur solde brut d’opinions, les techniciens de la BCC notent une perte de confiance des entrepreneurs qui se traduit par un effondrement à – 66,7 % enregistrée en décembre, et on constate que ce solde brut d’opinions est demeuré inférieur à zéro, soit – 21,1 %.

C’est dans le secteur de la construction que l’horizon demeure toutefois, certain. A en croire les services spécialisés de l’Institut d’émission, les entrepreneurs qui s’attendent aux nouvelles commandes, après les dernières livraisons, ne sont plus pessimistes comme en octobre. En janvier, le solde brut d’opinions de ces chefs d’entreprises s’est nettement redressé  jusqu’à atteindre une valeur  significativement positive. L’indicateur de la Direction générale de la politique monétaire et des opérations bancaires donne comme valeur 30 % , alors qu’au mois de décembre, elle s’est située à – 21,1 %.
De cette lecture de la conjoncture de l’économie congolaise, force est de constater que la situation politique marque sensiblement l’évolution de l’activité économique. Les opérateurs économiques étant toujours frileux dans une situation politique de forte agitation.

J.R.T.

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