Passeports biométriques : RDC-Semlex, rupture consommée

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La rupture est consommée entre la République Démocratique du Congo et le consortium Semlex, chargé de la production des passeports biométriques congolais de 2015 à 2020. C’est la substance du communiqué de presse rendu public hier mardi 16 juin par la ministre d’Etat et ministre des Affaires Etrangères, Marie Tumba Nzeza, qui a clairement précisé qu’il n’y aura pas de période transitoire après l’expiration du contrat liant les deux parties, intervenue le 11 juin dernier.

La raison est simple : Semlex n’a pas souscrit, à la proposition du gouvernement congolais relative à un transfert en douceur à Kinshasa, pendant une période qui ne devrait pas excéder six mois, du soubassement administratif et technique ayant servi, pendant cinq ans, à la production des passeports biométriques. A ce sujet, un délai de 10 jours est imparti aux deux parties pour faire l’état des lieux et procéder à la passation définitive des témoins entre Semlex et la République Démocratique du Congo.

         Dans la foulée de la séparation un peu heurtée entre la firme belge et la partie congolaise, la ministre des Affaires Etrangères a fait savoir qu’un appel d’offres restreint va être lancé incessamment en direction des soumissionnaires qui se sentent capables de produire les passeports biométriques congolais, dans la perspective du rabattement significatif de son coût. On rappelle que le passeport congolais coûte, jusqu’à nouvel ordre, 180 dollars américains la pièce, ce qui est extrêmement exorbitant par rapport aux taux pratiqués dans d’autres pays, où le coût de ce type de document ne dépasse pas 30 dollars américains.

Kimp

COMMUNIQUE DE PRESSE DU MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES SUR LA PRODUCTION DU PASSEPORT CONGOLAIS

         Le Ministère des Affaires Etrangères de la République Démocratique du Congo porte à la connaissance de l’opinion que le contrat qui le liait au Consortium des Sociétés du Groupe SEMLEX pour l’implémentation d’un système d’identification biométrique national intégrant la production des passeports électroniques biométriques en mode Build, Operate and Transfert (BOT) a pris fin le 11 juin 2020.   

         Cependant, le Ministère constate que les modalités du transfert des infrastructures, du savoir-faire et des données techniques à la fin du contrat n’avaient pas été précisées dans ce même contrat.

         C’est pourquoi, et dans le strict respect des clauses du contrat qui liaient les parties, le Ministère des Affaires étrangères avait proposé au Consortium un « arrangement spécifique transitoire », mais nous ne nous sommes pas entendus sur les termes dudit arrangement.

         De ce fait, nous avons convenu ensemble de procéder immédiatement au transfert du patrimoine à la partie congolaise tel que prévu dans le contrat. Cette étape durera 10 jours ouvrables, c’est-à-dire du 18 au 29 juin 2020. Ce qui entraine momentanément, un arrêt de la production du passeport durant cette période de transfert.

         Nous avons désigné un nouveau Chef de Projet, en remplacement de celui du Consortium des Sociétés du Groupe SEMLEX, pour superviser le transfert, faire l’état des lieux et réorganiser la gestion depuis la chaine d’approvisionnement des consommables jusqu’à la chaine de distribution des documents officiels et imprimés de valeur.

         A la fin du transfert, un nouveau cahier de charge sera confectionné et un appel d’offre restreint sera lancé pour l’approvisionnement des consommables (livrets de passeports, formulaires et autres intrants) ainsi que la maintenance des infrastructures et la mise à niveau des techniciens locaux. Cela aura certainement un impact positif sur la baisse du prix du passeport en faveur de tous nos compatriotes.

Fait à Kinshasa, 16 juin 2020 16 juin 2020

Marie TUMBA NZEZA

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