Pas de menace nucléaire pour Kinshasa ?

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Alors que le monde entier a les yeux rivés sur le Japon frappé par une catastrophe nucléaire avec les explosions dans certaines centrales nucléaires, les kinois semblent oublier que dans leur chambre à coucher se cache un danger qui n’a rien à envier à ce qui se passe à Fukushima. On danse le Ndombolo et malgré les avertissements de Léon KENGO Wa Dondo sur la situation alarmante du pays, quelque part dans la périphérie de la capitale, des officiels ont fêté les funérailles d’une plate-forme politique ayant pignon sur rue en sablant le champagne au grand jour. Si du côté politique, l’insouciance et le désintéressement sont au rendez-vous, les scientifiques, quant à eux, ne dorment pas et viennent de fournir quelques précisions quant à l’état de ce centre.

 

Le réacteur nucléaire n’est pas menacé

 

    Hier, au cours d’une conférence de presse tenue au CREN-K, le professeur Vincent LUKAMBA Mwamba, commissaire général du Centre Régional d’études nucléaires (CREN-K) de l’Université de Kinshasa a indiqué que « Notre réacteur se porte bien. Pour le moment, pour des raisons de sûreté et de sécurité il est à l’arrêt ». Toujours selon lui, cet arrêt est dû à un manque des pièces de rechange, notamment un pupitre de commande numérique valant environ trois millions des dollars Us. Avant de rassurer « que le CREN-K est en bonne coopération avec l’Agence Internationale de l’énergie atomique (AIEA). Chaque année, des inspecteurs de cette organisation viennent à Kinshasa pour y effecteur des contrôles et il n’y a jamais eu d’accident nucléaire depuis sa construction en 1972 ». Qu’est-ce qui met ce centre en dehors de toute surprise ? Le professeur LUKAMBA Mwamba : « le réacteur de Kinshasa a été bâti dans un milieu non sismique, loin de l’océan, ce qui le met à l’abri des accidents nucléaires comme ceux qui viennent de frapper Fukushima ». Plongé dans une piscine d’eau déminéralisée, le cœur de ce réacteur est entouré d’un écran de protection biologique constitué d’une colonne d’eau de sept mètres et d’un béton baryté, a t-il noté.

 

Le CREN-K menacé par des érosions

 

    Le bâtiment abritant le Centre Régional d’Etudes Nucléaires de Kinshasa ou CREN-K a été construit en 1972 sous l’autorité et la responsabilité de feu Mgr Luc GILLON, alors recteur de l’Université Lovanium. Ce Centre contient des salles où sont installés le réacteur nucléaire ainsi que d’autres infrastructures stratégiques telle la piscine d’eau déminéralisée pour le refroidissement de cet engin spécial. A l’époque, tout le périmètre dans lequel est installé ce centre était étroitement surveillé et interdit à toute circulation sauf autorisation spéciale des autorités compétentes. Cependant, à nos jours ce périmètre est envahi par des inciviques qui opèrent allégrement en agressant régulièrement des étudiants sans que les autorités académiques ne lèvent le doigt. Il n’y a pas longtemps un étudiant pré finaliste en médecine a été retrouvé mort non loin du centre nucléaire, des jeunes filles étudiantes sont régulièrement violentées dans ce périmètre et certaines d’entre elles ont été violées, certainement par des hommes en tenue et en arme affectés à la garde de ces bâtiments.

    C’est le tout premier centre des recherches nucléaires construit en Afrique et il a toujours été placé sous la surveillance des experts de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique. L’Etat congolais a consenti des efforts considérables pour envoyer des étudiants en formation dans les meilleures facultés d’enseignement nucléaire du monde, notamment en Russie, en Autriche, aux Etats-Unis d’Amérique.

    Outre ces inciviques que la police peut facilement maitriser, il y a un danger réel représenté par les érosions dont les têtes sont visibles tout autour de la colline inspirée. Si c’est un séisme qui est à la base de la catastrophe de Fukushima, il n’est pas exclu que des glissements de terrain autour de ce centre à la suite des érosions provoquées par des fortes pluies qui sont fréquentes à Kinshasa ne puissent pas produire les mêmes effets néfastes qu’au pays du Soleil Levant. Mieux vaut prévenir que guérir, dit-on, car il est grand temps que les autorités compétentes prennent des mesures spéciales pour protéger ce site où est érigé ce centre régional d’études nucléaires. Notamment par des travaux de génie civil pour endiguer les têtes des érosions si visibles à l’œil nu à des centaines des mètres de la colline inspirée.

    Un autre danger que la catastrophe de Fukushima vient de révéler, ce sont les vols des barres des combustibles d’uranium par des milieux maffieux. Il y a quelque temps, la ville était réveillée par une rumeur de vol de ces barres des combustibles d’uranium opéré par des inciviques au centre régional d’études nucléaires de Kinshasa. Coïncidence pour le moins suspecte, c’était à l’époque où une autre rumeur avait fait état d’un tonnage important des minerais d’uranium extraits des mines de Shinkolobwe retrouvé au port de Dar-es-Alam en partance pour la Corée du Nord. L’Agence Internationale de l’Energie Atomique avait même dépêché une équipe d’inspecteurs pour venir s’enquérir de la situation et Dieu merci la vérité a fini par éclater. Or, selon des experts de l’AIEA, en contact avec l’atmosphère, ces barres des combustibles pourraient entrainer des rejets de radioactivité de même ampleur que la catastrophe de Tchernobyl.

 

F.M.   

        

 

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