Où est passé le CALCC ?

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Structure canonique reconnue par la hiérarchie de l’Eglise catholique romaine, le Conseil pour l’Apostolat des Laïcs Catholiques au Congo (CALCC) ne se fait plus entendre, il est resté presqu’aphone. Pour cause : une autre organisation sortie de nulle part, certainement pas de la « base » des fidèles, lui a volé la vedette pour des raisons que l’opinion est en train de découvrir petit à petit.

            Ce qui fait que depuis quelque temps, à dater notamment de la naissance du Comité Laïc de Coordination (CLC), cette courroie de transmission entre le clergé et les fidèles qu’est le CALCC ne joue plus son rôle. Alors que le CALCC constituait une véritable jauge pour les membres du clergé pour l’orientation ou définition des actions à mener. Les prêtres se référaient toujours aux avis et considérations des fidèles avant d’actionner n’importe quel programme dans le but d’obtenir l’adhésion des paroissiens, gage de toute réussite.

            Cependant, on se rend compte que ceux qui avaient joué pour la mort du CALCC en vue de propulser le CLC n’avaient peut-être pas songé aux conséquences de leur acte. Car, aujourd’hui l’église traverse une période de fortes turbulences, même on fait semblant de le reconnaitre publiquement. L’église peine à retrouver son unité d’antan.

            L’activisme ou mieux la politisation du CLC a fini par créer des tensions au sein de l’église qui enregistre de sérieuses dissensions. La politisation introduite dans l’église à des fins de jouissance égoïste a dû léser certains chrétiens. Raison pour laquelle d’autres ont pris distance ou suspendu leur participation aux activités de l’église à cause du comportement militantiste guidé pour la plupart des cas par des sentiments d’appartenance coterique dont quelques membres du clergé avaient fait montre particulièrement en marge du processus électoral.

            C’est pourquoi des gens qui vivaient hier dans la parfaite harmonie en tant que fidèles catholiques ne se côtoient plus et se sont ainsi vus poussés à la division à cause des discours et propos de certains prêtres qui tenaient coûte que coûte à réaliser leur agenda caché.

            Et on a compris à partir de là que les géniteurs du CLC avaient des agendas autres que les revendications citoyennes que la Constitution reconnaît à chaque citoyen congolais ou groupe d’individus y compris les chrétiens membres du CALCC.

Que reste-t-il du CLC ?

            Comme le prône un adage « le temps est l’ennemi du mensonge », les choses commencent petit à petit à s’éclaircir et le jeu double de la structure qui prétendait prendre la place du CALCC est de plus en plus mis à nu. Du coup, ses animateurs,  à l’instar des constructeurs de la légendaire tour de Babel ne parlent plus le même langage. Le navire CLC se vide de ses passagers.

            Non seulement on n’a plus des sujets de revendication susceptibles de bénéficier de l’adhésion populaire, mais également les violons ne s’accordent plus entre les dirigeants du Comité Laïc de Coordination.

            Après le retrait de Léonie Kandolo, tout comme celui tacite du professeur Thierry Nlandu, les six membres du staff signataires du communiqué du 19 septembre 2019 appelant à une marche de protestation contre le gouvernement ce samedi 19 octobre, n’émettent plus sur la même longueur d’ondes. Il n’en reste que la moitié. Les trois autres ne se voient plus concernés par la marche projetée le samedi 19 octobre prochain dont le thème ne fait que changer de temps à autre.

            La prise de position conjointe de Jonas Tshiombela de la Nouvelle société civile et Serge Bondodji de « Ymae », que d’aucuns qualifient de volte-face, illustre bien l’éclatement du CLC. Alors qu’ils étaient à la base de cette marche convoquée pour ce samedi, ils viennent d’y renoncer en projetant une autre le 9 novembre 2019 pour soutenir la gratuité de l’enseignement de base décidée par le gouvernement et s’engagent à soutenir la politique du Président de la République Félix Tshisekedi pour avoir matérialisé cette obligation consacrée dans la constitution.

            Comme on peut le constater, le CLC est en entré dans l’agonie qui conduira bientôt à sa mort naturelle. Au CALCC de « ressusciter » de son sommeil pour reprendre vie.Dom

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