«Opération pentecôte»: épilogue le 27 mai

0
57

A l’issue des séances de plaidoirie de la défense des prévenus de l’ « Opération pentecôte » et la réplique du ministère public, la Cour militaire de la Gombe a décidé de clore les débats et de prendre l’affaire en délibéré pour le prononcé de l’arrêt au 27 mai prochain.

En effet, au cours de ce procès fleuve qui a commencé exactement le 31 juillet 2008 alors que les conspirateurs sont aux arrêts depuis mars 2004, les juges ont passé en revue les 44 prévenus qui se sont librement défendus avec l’assistance de leurs avocats. Quant au lieutenant Bobo Toromina alias Sergha, accusé d’avoir fomenté un mouvement insurrectionnel au sein des FARDC, il a plutôt justifié son action par le refus de l’arbitraire. « Nous, anciens militaires des Forces armées Zaïroises( ex FAZ), étions chosifiés ; nos familles disloquées ; nos enfants jetés dans la rue(…) Notre tort, c’est d’avoir élevé la voix pour dénoncer l’injustice et l’arbitraire que nous endurions à cause de notre appartenance à une province et surtout pour avoir servi comme éléments de l’ancienne armée » avait-t-il indiqué à l’audience du 15 janvier 2009, lors d’une présentation devant ses juges. Lauréat de la 21ème promotion de l’Ecole de formation de Kananga(EFO), le lieutenant Toromina a donc rappelé à l’assistance être volontairement enrôlé dans l’armée en 1988 en vue « de défendre la patrie au prix du sang ». « Ce que j’ai fait sans relâche durant toute ma carrière » a-t-il clamé. Avant de souligner que, pour sa part, l’Etat devait assurer son bien-être et celui de ses enfants. « Mais celui-ci a résilié le contrat qui nous liait sans prévenir, jetant nos femmes et enfants dans la rue ! Devrions-nous faire comme les autres qui ont rallié les différentes rébellions en vue de consacrer la partition de notre pays ?

En tant que breveté d’Etat-major, fidèle à mon contrat j’ai dit non. Malheureusement, j’ai eu comme récompense un dénigrement total avec dégradation humiliante, alors que je ne servais pas un individu mais la nation qui m’a formé »

Face à cette injustice, le lieutenant Bobo avec ses compagnons avaient choisi donc des sites militaires (base logistique Kokolo, base de Ndolo, Sicotra, camp Tshatshi etc.), à titre symbolique pour tirer en l’air, entre 3 heures et 5 heures. « Sans prendre des biens d’autrui, ni tuer qui que ce soit, nous avons voulu que l’opinion prenne conscience de ce que nous représentions » avait-il conclu.

Agression d’un détenu par 60 personnes ! 

Alors que ce procès tend inexorablement vers la fin, nous venons d’apprendre des sources concordantes que 3 prévenus de ce dossier à l’occurrence les lieutenants Gédéon Geremba et Aye Vungbo et le sergent-chef Mbinza Kamba ont été copieusement tabassés, le samedi 1er mai dernier, par une soixantaine des membres du Comité d’encadrement de l’Etat-major de la Prison Centrale de Makala.

A la base, il serait reproché à Gédeon d’avoir manqué du respect à un pensionnaire du pavillon 11 et d’avoir blessé un autre détenu. Contacté par le Phare, Me Peter Ngomo, Coordonateur du collectif des avocats des insurgés de la Pentecôte, a confirmé les faits mais a promis d’en dire plus une fois l’enquête en cours serait clôturée. 

Tshieke Bukasa

 

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here

*