Opération comando chez Kabila : Mende dénonce une offensive terroristeLe capitaine Alpha, chef des

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    « Des commanditaires aussi bien à l’intérieur du pays qu’à l’étranger sont cités par les assaillants porteurs d’armes blanches et de guerre, ainsi que des amulettes fétichistes. Le capitaine Alpha, ancien membre d’un ancien groupe armé et responsable des assaillants, serait tombé à la tête de ses troupes. Le Président de la République inspectait les chantiers à Ndjili durant l’attaque alors que sa famille se trouvait dans la résidence. Il n’y a pas à supputer, ni à s’alarmer sur l’implication du Congo/ Brazzaville, même si la barrière franchie se trouve près de la frontière fluviale. On vérifie les faits, avant d’en discuter avec les amis ». Telles sont les dernières bribes d’informations livrées par Lambert Mende Omalanga, ministre de la Communication et des Médias, hier mardi 1er mars 2011 au cours d’un point de presse tenu dans son cabinet, sur les événements survenus à la résidence du Chef de l’Etat, le dimanche 27 février.

    En effet, alors que ce sujet a largement dominé cette rencontre avec les médias, Lambert Mende a invité les journalistes à prendre leur mal en patience, en attendant que la justice fasse son travail en toute quiétude. « Les images seront disponibles dans quelques heures, voire des entretiens avec le Procureur. Ils sont plus d’une cinquantaine et seront jugés », a-t-il promis, tout en précisant que la justice est une dame qui n’est jamais pressée. D’ores et déjà, appuie-t-il, il faut savoir qu’il s’agit d’une offensive destinée à terroriser Kinshasa.
Il faudrait noter que d’autres sujets étaient inscrits à l’ordre du jour. Dans le lot, le porte-parole du gouvernement a, entre autres, entretenu les journalistes sur la hausse des prix des produits de première nécessité dans notre pays, la lutte contre la fraude minière, certains dossiers politiques et judiciaires, l’affaire des mercenaires congolais en Libye, etc.
    Concernant l’attaque contre la résidence du président, Lambert Mende a indiqué que plus d’une soixantaine d’assaillants se trouvent en ce moment entre les mains des services spécialisés auxiliaires de la justice qui les interrogent. D’ores et déjà, confirme-t-il, le bilan humain de ce combat est de 7 morts côté assaillants et un élément de la garde républicaine. Pour ce qui est de la vie chère, le gouvernement a adopté des mesures urgentes avec effet immédiat, telle l’éradication des taxes illégales qui alourdissent les prix de revient des denrées et des produits. A propos de la fraude minière, le ministre a annoncé une batterie de dispositions pratiques élaborées pour empêcher les militaires de se mêler des activités d’exploitation minière.  Ci-dessous, le texte de la conférence de Mende.                 Tshieke Bukasa

    Le dimanche 27 février 2011, des tirs nourris ont été entendus dans le périmètre de la résidence du Président de la République à Kinshasa/Gombe vers 13 heures 30’. Comme je l’avais annoncé le jour même sur les antennes de la RTNC, il s’est agi d’une agression opérée par un groupe d’une cinquantaine d’hommes armés arrivés sur les lieux une ou deux minutes plus tôt.

    Les assaillants ont été maîtrisés après les affrontements qui ont duré une vingtaine de minutes. Le bilan humain de ce combat est de sept morts côté assaillants. Un élément de la Garde républicaine, grièvement blessé lors de l’opération, est mort des suites de ses blessures.

Une quinzaine d’assaillants ont été appréhendés sur place tandis que la plupart des membres du reste du commando, en fuite vers différentes directions dans la ville, seront capturés quelques heures plus tard par les forces de sécurité.

    Dans le même temps, un autre groupe de quelques dizaines de leurs comparses tentaient de prendre le contrôle de l’arsenal de la caserne militaire de Kokolo pour s’emparer des armes et munitions. Sans succès car là aussi, ils ont été rapidement mis en déroute par les forces de sécurité qui ont pu interpeller beaucoup d’entre eux. Plus d’une soixantaine de terroristes se trouvent en ce moment entre les mains des services spécialisés auxiliaires de la justice qui les interrogent.

    Les autorités judiciaires feront savoir très bientôt leurs conclusions mais on aperçoit d’ores et déjà toute la trame de cette offensive terroriste de type primaire. Des commanditaires aussi bien à l’intérieur du pays qu’à l’étranger sont cités par les assaillants. Le moins cocasse n’est certainement pas le fait que, dotés d’une puissance de feu relativement importante, ils étaient aussi porteurs d’armes blanches (machettes) pour dépecer leurs victimes et d’amulettes fétichistes supposées leur assurer invisibilité et invincibilité dans les quartiers présidentiels. Leur défaite les aura désillusionnée.

    En attendant que les enquêtes en cours permettent d’en savoir plus sur les initiateurs, les acteurs, les commanditaires, les réseaux de complicité éventuels et les objectifs de cette action criminelle qui n’a été revendiquée que longtemps après coup par un ancien baron de triste mémoire de la deuxième République sur un site lnternet, le gouvernement rassure notre peuple que cette aventure a été totalement écrasée par les forces de sécurité de la République qui sont à féliciter pour le professionnalisme et le dévouement dont ils ont fait preuve.

    En attendant le fin mot de cette histoire, le gouvernement se réserve de communiquer sur les tenants et aboutissants. La situation est suffisamment préoccupante pour que l’on s’amuse à mettre de l’huile sur le feu avec des rumeurs dans un sens ou un autre. C’est le lieu également de demander aux uns et aux autres et notamment à nos partenaires impliqués dans le secteur de la sécurité de s’abstenir d’entretenir une atmosphère de panique qui semble avoir été le but recherché par les terroristes.

    Je pense notamment à ces SMS exagérément alarmistes d’une société privée de sécurité (Delta Protection) qui a prétendu qu’il y avait insécurité parce que les militaires étaient déployés la nuit sur certains sites de la ville. Le Gouvernement avait pourtant, par ma voix, annoncé de tels déploiements dès 16 heures dimanche en appelant des gens à vaquer normalement à leurs activités. Les responsables de cette société qui se sont permis de dire à leurs clients de rester chez eux à cause de cette mesure ont donc plus semé la panique que contribué à la sécurisation de notre ville. Le Gouvernement le regrette et leur adresse une mise en garde pour l’avenir.

Le gouvernement déplore la stratégie du chaos qui semble inspirer les auteurs des attaques de dimanche et assure le peuple congolais de sa détermination à les mettre hors d’état de nuire dans l’intérêt du processus démocratique en marche dans notre pays. L’axe terroriste avec ses appuis politiques et logistiques internes et externes sont désormais sous surveillance.

 

LA VIE CHERE

 

    La hausse des prix des produits de première nécessité dans notre pays du fait de la surchauffe sur le marché mondial préoccupe sérieusement le Gouvernement de la République qui a résolu d’engager la lutte contre la vie chère.

    Le gouvernement a élaboré pour cela une Stratégie Globale pour la Maîtrise des prix dont la mise en oeuvre a été confiée à la commission ECOREC du Gouvernement.

    Toutefois, compte tenu de la gravité de cette situation, les mesures urgentes ci-après ont été adoptées par le Gouvernement avec effet immédiat :

1) L’augmentation, grâce à de nouvelles négociations avec les fournisseurs étrangers (Namibie, Brésil), des quotas des produits alimentaires (chinchard, poulet, viande, sucre, lait, riz, etc.) afin de maîtriser les prix à l’achat ;

2) L’éradication des taxes illégales qui alourdissent les prix de revient des denrées et des produits. Quiconque continuera à-s’adonner à ces pratiques délictueuses, à quelque niveau que ce soit, sera traqué et poursuivi au pénal ;

3) Le retrait effectif des services non autorisés aux frontières ;

4) Le maintien du régime actuel d’exonération des intrants et autres facteurs de production agricole, d’élevage et de pêche ;

5) La lutte contre les tracasseries administratives aux ports fluviaux, aéroports et gares de même que le démantèlement des barrières routières ;

6) L’octroi de concessions agricoles aux importateurs des produits alimentaires et aux opérateurs miniers appelés, après moratoire, à produire localement, avec des facilités fiscales ;

7) Le développement d’un partenariat Gouvernement – confessions religieuses pour accroître l’offre intérieure de denrées de consommation courante.

 

II. LA LUTTE CONTRE LA FRAUDE MINIERE

 

    Au deuxième semestre de 2010, le Chef de l’Etat avait décidé de faire du contrôle et de la maîtrise de l’exploitation des ressources naturelles de notre pays une des priorités de l’action gouvernementale. Pour ce faire, il avait notamment décidé de suspendre dès septembre 2010 l’exploitation des minerais dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et du Maniema. Cette décision, qui a permis au Gouvernement en concertation avec les professionnels du secteur minier et les différentes couches des populations sur ces sites miniers d’élaborer des mécanismes .d’exploitation plus conformes à nos intérêts nationaux, a eu en outre l’avantage d’assécher la principale source des revenus des forces négatives qui déstabilisent depuis de longues années cette partie du territoire national.

    C’est ce qui a permis entre autres l’arrestation à Goma d’un groupe de trafiquants étrangers et nationaux qui s’apprêtaient à expatrier une cargaison de près d’une demi-tonne d’or acquis frauduleusement au Nord-Kivu et qui font l’objet dé poursuites judiciaires.

    Par ailleurs, au mois de février dernier, après que le gouvernement ait été informé qu’une quantité plus importante encore d’or était sortie irrégulièrement de la RD Congo et se trouverait en transit au Kenya à destination d’un pays du Golfe, le Président de la République a dépêché à Nairobi une délégation gouvernementale composée des ministres de la Coopération internationale et des Mines. La mission assignée à cette délégation congolaise qui a été reçue par le Président Kenyan M. Mwai Kibaki était d’obtenir des autorités de ce pays frère la stricte application du Protocole de la Conférence internationale sur la paix et la Sécurité dans les Grands Lacs (CIRGL) dans ses dispositions concernant la lutte commune contre l’exploitation illégale des ressources naturelles et de la Déclaration de Lusaka sur le même sujet. La RDC attend du Kenya la vérification des informations parvenues en sa possession et, le cas échéant, la saisie et la restitution de la cargaison en question, sans préjudice des poursuites judiciaires contre les intervenants dans cette transaction frauduleuse.

    Le Gouvernement se réjouit de l’attitude de compréhension des autorités kenyanes qui ont immédiatement décidé d’ouvrir une enquête au Kehya même avec la participation des experts congolais. Le Gouvernement du Kenya a également instruit les services douaniers et aéroportuaires du pays, en attendant l’aboutissement de l’enquête, d’empêcher toute embarcation sur un aéronef devant opérer un vol vers l’extérieur du pays,  de toute cargaison suspecte correspondant aux indications faisant objet de la requête de la RD Congo.

    Le gouvernement de la RDC salue cette coopération exemplaire des autorités kenyanes et appelle tous ses homologues aussi bien dans la région que partout ailleurs à suivre ce bon exemple.

    Le Gouvernement a effectué une pré évaluation des effets de la mesure de suspension de l’exploitation minière dans les provinces du Nord Kivu, du Sud-Kivu et du Maniema. ll en ressort qu’en dépit de la récession économique qui a affecté la vie sociale des populations dépendantes de l’activité minière et qui appelle des mesures rigoureuses d’encadrement des creuseurs artisanaux en coopérative pour leur protection et la certification de leurs produits, cette mesure a permis de réduire à la portion congrue les sources de financement des groupes armés étrangers qui, chassés des sites miniers, n’ont plus d’autre recours que des méthodes de guérilla pour survivre.

    L’autre résultat positif de la mesure présidentielle, c’est que les nationaux jadis réfractaires au processus de paix car ils vivaient aux crochets des groupes armés étrangers, considèrent avec de plus en plus d’intérêt les programmes de pacification et de démobilisation du Gouvernement.

    C’est le cas du FRF de Bisogo et Rukunda au Sud-Kivu; c’est le cas aussi des Mai-Mai Kifwafwa de Saddam et Mugula qui ont quitté leur base de Misenge pour se rassembler à Walikale au Nord-Kivu en attendant d’être acheminés vers le centre d’intégration.

    D’autres à Kamituga (Sud-Kivu), à Fizi (Sud-Kivu) ont exprimé leur volonté de réintégrer le processus de paix.

    Le Gouvernement se félicite de ces succès de sa stratégie globale contre l’insécurité dans les Kivu qui repose sur le dialogue avec les groupes qui s’y prêtent et la pression militaire sur les réfractaires.

A ce jour, la plupart des groupes armés concernés par le programme Amani sont organisés en partis politiques, le gouvernement leur ayant accordé des facilités pour l’obtention des actes juridiques requis.

    Seuls ceux qui ont persisté à perturber le processus de paix allant jusqu’à s’allier à des criminels et des mercantilistes étrangers continueront à subir la pression des FARDC. C’est le cas du fameux Front pour la Défense de la Nature, «défenseurs» autoproclamés du Parc national de Virunga qui assassinent les gardes de ce Parc.

Pour le reste, le gouvernement continue à travers le programme STAREC de s’occuper du retour des réfugiés et déplacés internes, de construire des routes et des casernes pour les forces armées et de police ainsi que d’appuyer la réinsertion des ex-combattants.

    ll convient de signaler une batterie de dispositions pratiques élaborées pour empêcher les militaires de se mêler des activités d’exploitation minière.

 

III. DOSSIERS POLITIQUE ET JUDICIAIRE

 

Au plan de la justice, il est important de remarquer que le gouvernement de la République Démocratique du Congo qui n’a cessé de montrer sa détermination à réprimer avec rigueur les violations des droits humains et du droit international humanitaire, a adopté un avant-projet de loi pour la création, dans les juridictions de la République, des chambres spécialisées pour la répression des violations graves desdits droits.

Le gouvernement attend un appui conséquent de ses partenaires extérieurs à cette initiative de renforcement du dispositif juridique contre l’impunité. Lès actes doivent maintenant prendre le pas sur le discours facile de la dénonciation.

    Le gouvernement se réjouit en outre de la prestation de serment samedi dernier des membres du bureau de la CENI. La détente et la sérénité observées depuis leur désignation par ordonnance présidentielle nous permettent d’espérer que rien désormais ne devrait empêcher le cours normal d’un processus électoral que tous les Congolais veulent apaisé.

    Le gouvernement réitère ses félicitations aux sept membres du Bureau de la CENI et leur souhaite un fructueux mandat au service de la démocratie dans notre pays.

    Je voudrais attirer votre attention sur la poursuite sans coup férir de l’opération Tolérance zéro au sein de nos forces armées. Pour une énième fois, de lourdes condamnations ont frappé quelques brebis galeuses au sein de nos troupes avec le jugement prononcé par la Justice Militaire à Baraka le mois dernier. Pour une raison que j’ignore, un certain nombre de commentateurs étrangers ont affirmé que le Lieutenant-Colonel  Kibibi serait le premier gradé des FARDC condamné pour des faits du genre (violences sexuelles). C’est tout simplement faux et nous comprenons que certains qui ont passé des années à déblatérer sur nos institutions essayent de rationaliser leurs contre-vérités face aux évidences qui s’imposent à eux.

Signalons que quelques jours après le verdict de Baraka, un autre jugement de la justice militaire à Kindu (Manierna) a envoyé derrière les barreaux pour longtemps un officier de police reconnu coupable de viol et un autre Congolais impliqué dans l’évasion de l’auteur d’un autre viol.

    Dans les jours qui viennent d’autres jugements seront prononcés respectivement à Kalehe (Sud-Kivui et à Pweto (Katanga) contre des militaires auteurs de tels faits’

 

IV. L’AFFAIRE DES MERCENAIRES CONGOLAIS DANS I.A REPRESSION DES MANIFESTANTS

 

    Le Gouvernement congolais se doit de faire une mise au point concernant l’information faisant état de la présence de-mercenaires RDCongolais parmi ceux qui sèment la mort en Libye.

ll sied de relever avant tout le fait que pour le Gouvernement, ce qui se passe en Libye est une affaire strictement intérieure à ce pays.

Pour aucune raison, le gouvernement congolais n’aurait pu activer une quelconque coopération militaire qui n’existe du reste pas entre nôs deux pays. De toute évidence, si la présence de mercenaires d’origine congolaise est confirmée en Libye, il devrait s’agir sans doute de gens qui n’ont rien à voir avec les institutions en place dans notre pays.

    La journaliste belge Colette Braeckman a informé les lecteurs du quotidien Le Soir sur le mystère de ces mercenaires qu’elle appelle « soldats perdus des guerres africaines ». Nous suivons avec intérêt le débat sur la question, notamment tel que rendu par le journal AfricaNews dans sa livraison du 27 février dernier. L’identité des groupes armés qui furent liés au régime libyen dans l’histoire des guerres congolaises est suffisamment connue pour qu’il soit nécessaire que nous nous y attardions outre mesure.

    A ce jour, une centaine de nos compatriotes sont réfugiés dans les locaux de notre Ambassade à Tripoli. Le dernier conseil des ministres a, à cet égard, pris quelques dispositions pour les exfiltrer et les ramener à la maison.

C’est la seule préoccupation du Gouvernement à l’heure actuelle par rapport à ces événements.

 

Je vous remercie.

Lambert MENDE

OMALANGA

Ministre de la Communication et des Médias

Porte-parole du

Gouvernement

 

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