ONU : les points noirs du message de Kabila

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Oubli ou omission : toujours est-il que des millions de Congolaises et de Congolais ayant sacrifié leur sommeil pour attendre le discours de leur président à la tribune des Nations Unies, le mardi 25 septembre 2018, au-delà de 23 heures, ont tiqué en l’entendantsaluer la mémoire du Secrétaire général honoraire Kofi Annan, et ne pas faire autant pour les morts de Beni. A défaut, une minute de silence aurait réconforté de nombreux cœurs meurtris.

Comme si cela ne suffisait pas, le Chef de l’Etat a remué le couteau dans la plaie de plus d’un originaire du Nord-Kivu, en exhumant le dossier du retrait progressif des troupes onusiennes du territoire national. Même s’il est indiscutable que de la Monuc (Mission des
Nations Unies au Congo) à la Monusco (Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation au Congo), les « résultats sont mitigés » au chapitre du rétablissement d’une paix durable, il serait injuste de ne pas reconnaître aux Casques bleus le mérite d’avoir
planté le décor de la cessation des hostilités déjà en 1999, en traçant une ligne de démarcation entre belligérants rebelles et
gouvernementaux.
Au moment où l’armée congolaise n’existait que de nom, entre 2003 et
2006, ce sont les Casques bleus qui servaient de forces-tampon entre
elle et les mouvements rebelles, dont les responsables politiques
siégeaient dans les institutions de la République mais que la moindre
étincelle pouvait renvoyer dans les territoires occupés entre 1998 et
2003. Si l’on peut se féliciter aujourd’hui d’avoir un pays plus ou
moins réunifié politiquement et administrativement, c’est en grande
parti grâce aux sacrifices humains et matériels des éléments de la
Monuc et de la Monusco.
Par la suite, les militaires onusiens n’ont cessé d’être aux côtés
des FARDC, tantôt pour combattre les forces négatives étrangères,
tantôt pour traquer les groupes armés internes. On ne peut oublier le
concours logistique apporté par les troupes onusiennes à celles du
gouvernement pour chasser les rebelles du M23 d’abord de la base de
Rumangabo et ensuite de la ville de Goma en 2012.
D’où, en cette période de nouvelle dérive sécuritaire en Ituri, au
Nord-Kivu, au Sud-Kivu, au Nord-Katanga et dans le Grand Kasaï,
d’aucuns voient d’un mauvais la relance de la requête du retrait
progressif de la Monusco. Pour nombre de compatriotes, l’armée
nationale devrait donner des preuves suffisantes de contrôle effectif
de la situation sécuritaire sur l’ensemble du territoire national
avant d’exiger le désengagement des troupes onusiennes. Même si ces
dernières ne travaillent pas à la satisfaction totale des autorités
congolaises, le commun des mortels les considèrent comme un mal
nécessaire pour la sécurisation de la RDC en période électorale.
Pour ce qui du processus électoral, plusieurs facteurs poussent à
douter de son caractère irréversible. On a plutôt le sentiment que le
pouvoir en place a choisi le schéma du pourrissement du climat
électoral, avec la très controversée machine à voter, un fichier
électoral pollué avec la présence de plus de 6 millions d’électeurs
sans empreintes digitales, l’exclusion des prisonniers politiques
emblématiques ou en exil, l’autorisation sélective des manifestations
publiques, l’incertitude du financement des élections par le trésor
public congolais, etc.
Enfin, au plan économique et social, les Congolais d’en-bas attendent
désespérément les signaux de la marche du pays dans la voie de
l’émergence. Avec des infrastructures routières, ferroviaires,
portuaires, aéroportuaires, sanitaires, scolaires, administratives,
culturelles et sportives d’une autre époque, le chômage qui touche
plus de 80% de la population, les faillites en chaines des entreprises
publiques et privées…nos compatriotes ont du mal à croire que le pays
va bien.
Par conséquent, le message livré par Joseph Kabila à partir de New
York a plus déçu que réjoui des millions de Congolaises et Congolais.
Kimp

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