Onatra : les défis de l’après Progosa

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            Portée disparue à la veille de la chute de Kisangani, en mars 1997, sous la poussée des troupes des Kadogo de l’AFDL (Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo), la flotte de l’Onatra s’est de nouveau signalée le week-end dernier dans cette ville martyre du pays. C’est le M/B Kamoto qui a marqué le retour des unités flottantes de cette entreprise publique sur l’axe fluvial Kinshasa-Kisangani.
            Ce bateau marchand, indique-t-on, a accosté le samedi 07 août 2010 au port fluvial du chef-lieu de la Province Orientale. Parmi les personnalités signalées à son arrivée, il y avait, en plus des autorités provinciales, l’Administrateur Délégué Général Adjoint Serge Basaula. Le dernier séjour d’un membre de la haute direction de l’Onatra à Kisangani remonte à une vingtaine d’années, a-t-on appris. On a dénombré, dans les cales du M/B Kamoto une cargaison de 1.200 tonnes de produits divers, notamment du savon, de l’huile végétale, des médicaments, des articles en plastic, etc. Frappée par la pénurie de biens manufacturés tels que le sucre, le savon, la farine de froment, le sel de table, le lait en poudre, la margarine, les vêtements, les ustensiles de cuisine, les tôles, le ciment et autres, la population de Kisangani a salué la volonté de l’ADGA Basaula de relancer le trafic fluvial à l’Onatra sans le concours de l’expertise de Progosa, qui conduisait cette société publique tout droit vers la banqueroute.
            Selon le rooting du M/B Kamoto, celui-ci devrait lever l’encre ce mercredi 11 août 2010 pour Kinshasa. On signale, au départ de Kisangani, la présence à son bord d’une importante quantité de haricots en provenance de Beni. A l’escale de Basoko, on devrait embarquer 4.000 tonnes de grumes. Un grand tonnage de produits agricoles (maïs, riz, manioc, arachides, etc) est signalé aux escales de Bumba et Lisala.

 
Faire oublier le « fula-fula » fluvial

            Les Congolais se trouvent encore sous le choc des naufrages qui viennent de les frapper successivement sur le fleuve Congo et sur la rivière Kasaï, avec des pertes en vies humaines par dizaines et des marchandises évaluées en milliers de dollars américains. Comme on l’a dit et redit, le fleuve Congo et ses affluents sont envahis, depuis plusieurs décennies, par des « cercueils » flottants à cause précisément de l’absence de la flotte de l’Office National des Transports, dont la capacité d’accueil et l’expertise du personnel naviguant ne répondent aux normes de la navigation fluviale.
            Le vœu de tous est que les bateaux de cette entreprise recommence à quadriller le réseau fluvial national, de manière à chasser du terrain les baleinières et pirogues motorisées qui sèment la mort et la désolation à tout vent, à cause du non respect du tonnage et des normes de sécurité.
L’ADGA Basaula et le personnel de l’Onatra se trouvent devant à la fois les défis du désenclavement de l’arrière-pays et de la relance définitive du trafic fluvial. Après le feuilleton Progosa, tout le monde veut savoir si l’Onatra est un vrai ou faux « canard boîteux ». On espère qu’après le M/B Kamoto, d’autres unités flottantes vont signer leur présence sur la voie fluviale.
                         

  Kimp
 

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