Nouvelle bavure policière : Masina, après le meurtre de J. Kuvikisa, sa famille pillée

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Le numéro 46 (et non 40 comme écrit dans notre édition d’hier) de l’avenue Bikotikala, quartier Lokari, commune de Masina, présente ces jours ci un décor particulier. De nombreuses personnes  viennent  y   compatir au malheur qui frappe le couple Hubert Kuvikisa et Sidonie Luleko.  On rappelle que Josué Kuvikisa, leur fils aîné  âgé de 21ans, a été tué d’une balle  à la nuque le mardi 7 juin 2011 peu avant 12 heures par un policier.

Comme cela est de coutume, les parents,  les membres du clan et  les amis du défunt ont organisé une veillée funèbre dans la parcelle familiale le même jour.    Se rappelant les services que lui rendait Josué, un jeune homme  domicilié sur Bikotikala 46, s’est chargé de louer un groupe électrogène, des enceintes acoustiques  ….pour jouer des chansons religieuses.  Vers 23 heures, certaines personnes ont décidé de rentrer chez eux. Les amis de Lebeau (surnom du défunt), les parents…. ont convenu convenus tacitement de passer la nuit à la belle étoile.  Et voilà que vers 2 heures du matin, trois policiers, cagoulés, ont  fait irruption  au lieu du deuil. Agressant les personnes présentes sur les lieux, ils ont emporté plusieurs biens.

Un « assaut » prémédité ?

Dave Dingitela est l’oncle paternel de Lebeau. Il s’en est fallu de peu qu’il rejoigne son neveu  dans l’au -delà. Le visage amer, il est revenu sur le calvaire enduré. «Vers 2 heures du matin, trois policiers armés sont entrés dans la parcelle. Deux d’entre eux ont pris soin de cerner les amis de Josué.  Plongés dans un profond sommeil, ces derniers ne se doutaient de rien. L’autre proférait des menaces de mort contre moi, m’assimilant aussi  à un soldat.  Il m’a donné  un violent  coup de planche à la main et à la jambe droite, m’ordonnant aussi de me coucher ». Et Dave de préciser que six autres policiers, placés dehors, faisaient le guet. Le trio présent   dans la parcelle lui a ravi 6000 francs et  s’est  emparé de cinq chaises en plastiques, d’une somme de 200 dollars américains appartenant à Sidonie Luleko. Elancée, frisant la cinquantaine, le visage encore avenant, Eugénie Kukaba, était mariée à un monsieur aujourd’hui décédé et parenté à Hubert Kuvikisa.  Et avec qui elle avait eu 7 enfants.  Kukaba et ses sept orphelins restent sur Bikotikala 46. Elle   est inconsolable. Les « visiteurs » de l’autre fois ont emporté son poste téléviseur de vingt pouces, un appareil DVD, une radio….
Eugénie se rappelle   avoir pris des appareils portables des jeunes-gens du quartier pour les charger. Entre-temps, ses enfants regardaient la télé à la maison.  Et de préciser que Dave « neutralisé », ils se sont intéressés à elle.

Tétanisée, elle ne cessait d’invoquer le nom de Dieu. Un des membres du trio l’a apostrophée en ces termes : «Donnes-nous de l’argent. Nous sommes des criminels de Masina». Entre-temps, ses filles s’étaient réfugiées dans l’une des chambres. Les policiers restés dehors et qui avaient vu la télévision allumée ont demandé à leurs complices présents dans la parcelle de « s’occuper » de la dame. En deux temps, trois mouvements, ils sont entrés dans la chambre où se trouvaient les filles de Kukaba. Cherchant des biens de valeur, ils sont ressortis de la maison les bras chargés du poste téléviseur et d’autres biens. Ils ont pris au total 8 appareils portables appartenant aux amis de Lebeau et d’autres adolescents du quartier, a-t-elle indiqué. Dave a repris la parole quelques minutes plus tard pour dire qu’ils ont reçu la visite d’un fonctionnaire communal hier matin.              

Probablement mandaté par la bourgmestre Ernestine Mujinga, ce commis a pris connaissance des événements malheureux qui ont secoué l’avenue Bikotikala et d’autres rues voisines  ces deux derniers jours. Une réunion d’urgence de sécurité aurait été convoquée par la numéro un de Masina.
Comme dans une sorte de monologue, il a ajouté à voix basse : « Nous avons repris la liste des biens, objets et même des sommes d’argent emportés. Nous avons fait une plainte contre inconnu. Notre souci est d’être sécurisé. Nous craignons de connaître d’autres braquages. Il nous est difficile de continuer les veillées ».

Jean- Pierre Nkutu

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