Non… Monsieur Kengo !

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Pour une volte-face, c’en est bien une et pour une énième fois. En même temps la sortie médiatique d’hier matin sur RFI de l’homme de la rigueur apparait comme un véritable appel de pied en direction de l’opposition. Laquelle doit faire attention pour ne plus subir les frasques de cet homme qui a déjà flairé la fin d’un régime qu’il aura servi durant dix ans sans émettre la moindre critique sur tant des violations de la constitution, des crimes de guerre et contre l’humanité commis par les éléments du régime aujourd’hui aux abois,
qui a perdu tous les repères et navigue à vue.

Trois fois premier ministre sous la deuxième République (1982-1986 ;
1989-1990 et 1994-1997), cet homme qui dispose d’un flair remarquable,
d’un riche carnet d’adresses et des réseaux financiers et
sociopolitiques enviables en RDC comme ailleurs, a gravi tous les
échelons depuis sa chaise de commis de parquet à Mbandaka, puis à
Kinshasa jusqu’au siège de président du Sénat à ce jour.

Présent à tous les grands rendez-vous politiques du pays
L’interview accordée hier à la RFI n’a surpris que ceux qui ne le
connaissent pas réellement. A-t-on perdu de vue que Léon Kengo a
toujours eu ce flair d’être présent à tous les grands rendez-vous
politiques du pays ? A part les Négociations politiques inter
congolaises de Sun City en 2002-2003, l’homme de la rigueur a d’abord
participé à l’historique Conférence Nationale Souveraine, puis au Haut
Conseil de la République- Parlement de Transition ou HCR-PT.
De retour d’un exil de quatre ans en Europe, il allait fréquenter
pendant quelques mois les rangs de l’opposition politique sous la
bannière de Jean-Pierre Bemba qui lui permit de gagner haut la main le
siège de président du Sénat. Il ne faut pas oublier l’appui discret de
ses réseaux extérieurs intéressés par les pillages des ressources
naturelles du Congo.
En bon caméléon et spécialiste de retournements des vestes, il va
passer dix ans à la tête de la chambre haute du Parlement sans émettre
la moindre critique sur les méthodes de gestion calamiteuse de la
chose publique par le régime au pouvoir auquel il vient de tourner le
dos sans vergogne ni honte.

Concertations politiques du Palais du Peuple
Il y a quatre ans et demi, c’est-à-dire à partir du mois de septembre
jusqu’à octobre 2013, le régime au pouvoir va lancer les concertations
politiques du Palais du Peuple. Léon Kengo va y prendre part de façon
visible et significative, sachant pourtant d’avance que c’était une
stratégie pour ne pas organiser les élections à la fin du mandat
constitutionnel de Joseph Kabila tel que prévu par la constitution de
la République. C’est le début de « glissements », un terme alors
utilisé par la classe politique et qui va enrichir le dictionnaire
sociopolitique congolais.
Usant et abusant de multiples subtilités et manœuvres oratoires, Léon
Kengo va éviter de lancer la moindre critique sur cette période alors
que visiblement, le régime au pouvoir venait d’inaugurer une stratégie
diabolique pour se maintenir au pouvoir en violation de la
constitution et surtout de l’Accord de la Saint Sylvestre.
Qui oublie que Léon Kengo s’était fait remarquer par un silence
coupable face aux tripatouillages et manipulations électorales
perpétrées par la CENI de l’inoubliable Pasteur Ngoyi Mulunda. Alors
que Le cardinal Laurent Monsengwo venait de déclarer haut et fort que
ces élections ne reflètaient ni la vérité ni la justice.

Fausse rupture avec Mobutu
On rappelle que c’est au niveau du HCR-PT que le clan dirigé par Léon
Kengo va manipuler ce parlement avec le bal des chauves sous la
bannière de l’USORAL (USOR et Alliés). Où, grâce à ses réseaux et des
manœuvres politiciennes, profitant surtout de la distraction et de la
naïveté qui ont toujours caractérisé les ténors de la vraie opposition
pacifique, il parvint à leur ravir la primature. Et bien entendu, avec
la complicité du régime corrompu du MPR-Parti Etat au sein duquel il
avait exercé pendant longtemps de haute fonction, notamment trois fois
comme premier ministre, c’est-à-dire 982-1986, 1989-1990 et enfin
1994-1997.
Avec cette volte-face contre Joseph Kabila observée hier lors de son
interview à la RFI, l’on comprend que c’est toujours par le même
stratagème que Léon Kengo parvient souvent à revenir au pouvoir. Hier,
c’était suite à la « mort » du MPR-Parti Etat en 1990 et aujourd’hui,
flairant la chute annoncée du régime de Joseph Kabila, l’homme de la
rigueur fait un appel du pied en direction de la vraie opposition qui
a le vent en poupe, malgré les manœuvres dilatoires de certains de ses
ténors qui n’ont toujours pas compris les signes du temps.
Parions que l’objectif inavoué de cet homme aux multiples facettes
consiste à réussir le coup de revenir au pouvoir pour éviter de
réponde de certains dossiers sulfureux où il a trempé durant sa
carrière politique riche et variée. Dossier à suivre.

F.M.

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