Ni «petits» ni «grands» électeurs à la CIME dans la désignation du Président de la CENI

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Depuis la nuit des temps, la République Démocratique du Congo, mon pays, connait, dans son processus de développement, des arrêts brusques causés et/ou favorisés par la complicité de quelques figures de proue de qui se disent nationalistes et patriotes, alors que servant, consciemment ou inconsciemment, la cause de ceux qui veulent tenir en otage le destin congolais au détriment du congolais lui-même.

Nouvellement indépendant le 30 juin 1960, voilà que se tient un discours haineux qui aura pour conséquence de détériorer les relations qui devaient subsister entre le gouvernement belge et celui du nouvel Etat du Congo afin de garantir la formation de l’élite congolaise montante et la maitrise du fonctionnement de l’appareil de l’Etat en vue, au minimum, de maintenir le train de vie et le standing de cet ancien pays colonisé par les Belges pendant plusieurs décennies.

         Arrivé en 1965, un autre fils du pays va prendre ses rênes. Hypocrite, flatteur, beau parleur et menteur de premier ordre, celui-ci va s’accrocher au pouvoir sans partage pendant près de 32 ans. Inutile de rappeler dans quel état il a dirigé notre pays et comment était sa malheureuse fin.

         Après ces trois décennies de dictature et de deuil sans fin, voilà que va venir celui qui se présenta à la face du monde avec les phrases du genre « je viens libérer le Congo, prenez-vous en charge. » Une fois au pouvoir et seulement après quelques semaines de son accession à la magistrature suprême, le voici dévoiler et exécuter son plan machiavélique, destructeur de toutes nos luttes pendant le règne du l’auteur de la Zaïrianisation. En quelques semaines, il bloqua tous les schémas et combats de la démocratie déjà mis en marche par le Sphinx Etienne TSHEKEDI WA MULUMBA et dont les fruits étaient amplement palpables.

         Après ce donneur des leçons, est venu celui qui a, pendant près de 18 ans, anéanti et tenu toute la nation en otage. 18 ans de souffrance, 18 ans de non-respect des droits de l’homme, 18 ans des tueries sans précédent à l’Est, 18 ans d’absence du bien-être social et de la dignité des fils et filles du pays.

         Voilà qu’en décembre 2018, l’heure du Congo sonna et fut marquée par l’élection d’un digne fils du pays marchant sur les pas de son bien aimé père, le feu Président de l’UDPS, Etienne TSHISEKEDI WA MULUMBA. Sous-estimé et incompris par quelques-uns, ce leader charismatique-né trouve un pays chaotique, un Etat dont les services sont dévolus pour les intérêts personnels d’une poignée de gens, un parlement des députés sereinement nommés et tout ce que vous pouvez vous imager de pire.

         Ce nouvel homme fort du pays fait, désormais, de la justice son cheval de bataille pour redresser tout l’appareil de l’Etat. Par sa devise empruntée au Sphinx de Limete, « le Peuple d’abord », il donne l’impulsion, en tant que Chef de l’Etat, pour que tout revienne sur les rails en imprimant à son gouvernement les marques d’un service totalement dévoué pour le bien et le bien-être du peuple congolais axé sur le développement intégral du citoyen congolais.

         Nous voici à 2 ans des élections que le peuple congolais attend voir, pour la première fois de son histoire, transparente, démocratiques et inclusives, que l’un des appareils utilisés jadis par le colon pour mater le peuple, à savoir: l’Eglise catholique, et sa soeur, l’Eglise protestante, à elles seules veulent à tout prix arrêter la machine déjà en marche pour la renaissance du Congo. 

         L’ère du «magister dixit» est déjà révolue. Ces deux confessions religieuses traditionnelles qui se trompent en se considérant comme grands électeurs dans la CIMEI pensent, sans fondement légal, s’arroger la fonction et le droit de veto en essayant à tout prix de bloquer le processus de la désignation du Président de la CENI, sous prétexte que l’heureux élu de la majorité des confessions religieuses composant la CIME, est simplement «MULUBA». Et pour nourrir leurs allégations dépourvues de sens, elles accusent Monsieur KADIMA, choisi par les six confessions religieuses (majoritaires), d’être proche du pouvoir du fait de ses origines tribales, oubliant que la constitution en vigueur dans notre pays consacre tout un article à l’interdiction de toute sorte de discrimination à I’endroit d’une fille ou d’un fils du pays sous prétexte de ses origines tribales, de sa race, de ses convictions religieuses, etc.        

         Nous constatons aussi avec consternation que depuis la prise du pouvoir par S.E Felix A. TSHISEKEDI, l’Eglise catholique, par l’entremise de son nouveau Cardinal, a pris une position assez extrême, haineuse et de jalousie envers la communauté Luba. C’est justement par cette haine que le cardinal refusa en janvier 2019 d’assister à la cérémonie d’investir du chef de l’Etat en disant haut et fort via la Radio France Internationale (RFI) qu’une invitation n’est pas une convocation.

         Les Chefs spirituels de ces deux églises oublient que de nombreux abbés, prêtres, pasteurs et fidèles de rang de leurs églises sont originaires de l’espace Grand Kasaï. Que vont-ils finalement penser et dire de leurs leaders?

         Par leur haine et leur jalousie, ces leaders oublient pourquoi et comment nous en étions arrivés à la désignation et l’évincement de Monsieur Ronsard Malonda comme prétendant à la tête de la CENl. Ils n’en ont tiré point de leçon à ce qu’ils nous laissent voir.

         Refusant de considérer la charte et le Règlement intérieur qui régissent la CIME en cette manière, qui veulent qu’en l’absence du consensus, que la désignation du Président de la CENI se fasse par vote, ces deux confessions religieuses ont, à ce jour, largement perdu leur estime et l’appui des tiers et du peuple, du fait qu’elles ont publiquement pris des positions purement politiques, oubliant ainsi, de se consacrer à la vie sacerdotale leur confiée par le Seigneur.

         Que veulent donc ces deux confessions religieuses? Trois potentielles variantes à cette question.

         D’abord, Il appert que ces deux confessions religieuses pensent et veulent mettre un kamikaze à la tête de la CENI, c’est-à-dire un vrai pantin de leur obédience qui répondra devant elles, et qu’elles pourront manipuler à leur guise.

         Ensuite, Il s’observe que les leaders de ces deux confessions religieuses sont en déficit de l’amour de Dieu qu’elles prêchent chaque jour, déficit d’amour qui leur empêche d’aimer et d’accepter les ressortissants Luba dans nos Institutions.

         Enfin, Il se dégage la tentative et le besoin, de leur part, de vouloir tirer les choses en longueur de sorte que les animateurs de la CENI soient installés en retard, qu’il y ait glissement afin de venir pointer du doigt le Chef de l’Etat alors qu’ils sont eux-mêmes architectes de ce retard.

         Depuis 2006, la CENI a échoué dans sa vraie mission, celle d’organiser des élections libres, démocratiques, transparentes et inclusives et ce, alors qu’elle avait à sa tête un abbé, un pasteur, etc. Nous savons bien que pour accuser son chien, le maitre l’accuse de rage. Inutile donc, pour ces deux confessions religieuses, de tenter insinuer une quelconque corruption à l’endroit des 6 confessions religieuses de la CIME en vue de les discréditer devant les communautés nationale et internationale.

         A considérer l’attitude de ces deux confessions religieuses, minoritaires à la CIME, nous voyons clairement qu’elles ont perdu l’élégance et le charisme politique dont elles jouissaient et qu’incarnait le feu Son Eminence MOSENGO PASINYA qui fut le Président tant admiré de la CNS et du HCR/PT où nous étions personnellement membre.

         Devant ce vent qui allume ce feu de paille sans fondement légal, d’une part, et qui instaure la haine entre congolaise et congolais, d’autre part, nous exhortons le Président de l’Assemblée Nationale d’entériner la décision prise par la majorité des confessions religieuses, les six qui gardent et observent les valeurs démocratiques et républicains selon que le stipule clairement la charte de la CIME.

         J’encourage, par ailleurs, les églises catholique et protestante à être tolérantes et respectueuses des textes légaux, et de ne jamais prétendre avoir une préséance sur les autres confessions religieuses comme si elles étaient grands électeurs au sein de la CIME.

Honorable honoraire Jean Paul NGILIMA BOSOLA

Assistant personnel du Feu Président Etienne TSHISEKEDI WA

MULUMBA au Dialogue intercongolais

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