Nécessité de renforcer l’arsenal juridique et la stratégie collective de lutte

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Le Bureau conjoint des Nations Unies pour les Droits de l’homme a toujours jeté un regard critique sur la situation de violences sexuelles en RDC. Un tableau peu encourageant, étant donné qu’il donne quelques facettes de l’état des lieux de ces crimes qui continuent à se commettre, au fil des mois et des années, faisant davantage des victimes, et dont l’une des caractéristiques essentielles est l’impunité dont jouissent les auteurs.

Ce regard est d’autant alarmant quand on sait que les violences sexuelles sont perpétrées de plus belle, au vu et au su de tous. Et révoltant est le fait que tous les violeurs, particulièrement les membres des groupes armés locaux et des éléments des mouvements rebelles étrangers écumant l’Est de la RDC, sont toujours en divagation, narguent la population locale et font rarement l’objet de poursuites judiciaires. Même si quelques éléments des Fardc ont été déférés devant la justice, faible avancée s’il en faut, les organisations de la société civile considèrent toujours que ce sont des menus fretins, tandis que les gros poissons, c’est-à-dire les officiers supérieurs, , courent encore les rues.
Mais pourquoi donc l’Est de la Rdc est-il demeuré le berceau des viols ? Pourquoi l’impunité continue-t-elle de régner dans cette partie du pays ? Pourquoi ces violences sexuelles se commettent-elles sans que des actions énergiques d’envergure soient déployées ? Va-t-on laisser ces crimes se pérenniser des années encore ? Ces questions interpellent non seulement les victimes qui n’osent pas déposer contre leurs bourreaux, mais aussi et surtout les dirigeants qui n’ont pas encore adopté une stratégie de lutte collective contre ce fléau.
Ce regard particulier du Bureau conjoint des Nations Unies pour les Droits de l’Homme a donc eu le mérite de tirer la sonnette d’alarme sur cette situation déplorable d’insécurité qui ne pourrait trouver de solution que dans l’éradication définitive des forces négatives, le renforcement de l’arsenal juridique pour sanctionner ce genre des crimes qui touchent à l’intimité et à la dignité des femmes. Il faudrait impérativement des sanctions exemplaires contre les éléments de nos forces armées, reconnus coupables pour éviter des cas de récidive et que les bons éléments ne puissent pas emboîter le pas aux indélicats.
On ne peut laisser sous silence, le fait que dans le lot des problèmes que cette insécurité soulève, l’on devrait améliorer la prise en charge médicale des victimes, l’assistance juridique et judiciaire, leur encadrement psychologique, afin de les armer moralement pour affronter leurs bourreaux et résister lors des procès interminables.
Le BCNUDH a également fait savoir qu’il faudrait que les autorités puissent songer à la mise sur pied d’un fonds d’indemnisation symbolique des victimes qui, comme on l’a dit plus haut, sont souvent rejetées par la société, abandonnées par les membres de leurs familles, en dehors du fait qu’elles sont détruites physiquement et traumatisées.
Cette indemnisation leur permettrait de démarrer une activité agricole, culturelle ou commerciale qui leur permettrait de se réinsérer dans la société et d’être utiles à leur communauté.
Mais pour que les procès puissent se dérouler dans les meilleures conditions, un soutien aux victimes ne peut être effectif qu’à travers l’assistance juridique et judiciaire, jusqu’à l’exécution des sanctions pénales prononcées contre les auteurs de ces violences sexuelles.
Le gouvernement devrait mettre tout en œuvre pour élucider les cas de certains officiers encore présents dans les différents fronts et qui avaient été désignés par les victimes, comme auteurs des violences sexuelles.
La Représentante Spéciale du Chef de l’Etat en charge de la lutte contre les violences sexuelles devrait pour sa part, se montrer plus entreprenante et ouverte aux parties prenantes dans le dispositif d’alerte et de lutte contre les violences sexuelles.
J.R.T.

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