«Ne pas attiser le feu» : politiciens congolais, Fondations Mo Ibrahim et Kofi Annan interpelées

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Le Bulletin publié par  les chercheurs congolais du Projet d’Application des Droits Civils et Politiques  (PAD-CIPO) de l’Institut de Recherche en Droits Humains (IRDH) devrait retenir l’attention de tous.

Nous sommes en présence d’un travail de recherche réalisé sur le
terrain et basé sur des faits, scientifiquement verifiables.
        Il s’agit essentiellement d’un travail relevant non pas de la
politologie, mais de la science du droit qui interdit des affirmations
gratuites ou sans preuve.
        Il n’est pas le resultat de simples gesticulations ou des
masturbations intellectuelles comme celles auxquelles nous avons été
habitués depuis un certain temps.
        On est bien loin des travaux de certains chercheurs congolais ou
occidentaux au service des intérêts des  gouvernements ou des
multinationales qui se sont toujours enrichis de la crise congolaise.
        Cependant, cette publication des chercheurs congolais de l’IRDH qui
réagissent à la tribune des deux grandes personnalités britanniques
(Allan Doss et Mo Ibrahim sont les sujets de sa Très Gracieuse Majesté
La Reine) porte malheureusement un certain discrédit sur la Fondation
Mo Ibrahim et aussi sur la Fondation Kofi Annan seulement quelques
mois après la disparition de l’ancien Secrétaire général de l’ONU.
        Je doute que  Le Monde, Financial Times, La Libre Belgique, Le Soir,
Jeune Afrique ou l’un de ces administrateurs occidentaux des réseaux
sociaux sur la RD Congo aura l’honnêteté intellectuelle et le courage
de diffuser cette réflexion des chercheurs congolais.
        En appelant, les Congolais et les etrangers qui croient aimer le
Congo plus que les Congolais eux-mêmes  à ne pas attiser le feu, nos
collègues de Lubumbashi ne disent pas autre chose que ce que nous
n’avons cessé de dire, n’en deplaise aux prophètes de malheur qui ont
plus élu domicile sur les réseaux sociaux que dans les centres de
recherche: «Il n’y aura pas d’inanition de la Nation. Tournons la page
et Avancons»!.
        Ce pays, que nous avons herite de nos aieux a connu pis dans le
passé. Ni les secessions, ni les rébellions, ni les dictatures, ni les
aggressions étrangères,  ni les nombreux complots ourdis contre notre
peuple n’ont  réussi à faire disparaitre cette Nation.
        Nous, avons toujours milite pour l’Etat de droit et pour les
élections, tout en sachant que tout Etat de droit n’est pas
nécessairement un Etat democratique et que même si les élections sont
essentielles en  démocratie, la confusion des deux releverait d’une
énorme fallacie.
        S’agissant de la fameuse «vérité des urnes», depuis que les amis de
la société civile et nous-même avions inventé le concept de
«Transition Sans Kabila», sans recevoir le soutien d’aucun
gouvernement, tout le monde savait que les élections allaient être
émaillées d’irrégularités.
Dès lors, pour nos «saints politiciens», jurer de ne pas y aller avec
la machine à voter (MAV), changer d’avis moins d’une semaine avant le
vote sans se  préoccuper de la formation des témoins qui pouvaient
ramener les fiches de résultats en laissant cette tâche à la Cenco et
à certains médias étrangers et revendiquer par la suite la «vérité
absolue» des urnes, ce n’est pas seulement se tromper et mentir à
soi-même, mais aussi mentir à tout un peuple!
        Comment peut-on, s’attendre à tirer la verite des urnes d’un
processus électoral que l’on croyait biaisé?
        N’en deplaise aux Afro-pessimistes, ce pays qui a survécu à toutes
les crises survivra et ce n’est pas parce qu’un candidat préféré pour
servir certains intérêts a été ou n’a pas été élu Président de la
République que la RDC devrait cesser d’exister, elle qui n’a pas
disparu lorsque JP Bemba n’a pas été proclamé élu en 2006 ni Etienne
Tshisekedi en 2011.
        Je ne cautionnerai jamais les fraudes électorales. Tout le monde
connait nos critiques contre le «Triangle du Glissement»,  mais
devrait-on passer cinq ans dans la revendication d’une vérité des
urnes qui n’existe pas?
        Nous devrions poursuivre  la lutte pour la démocratie et l’Etat de
droit dans notre pays – et nous y avons apporté notre modeste
contribution en empêchant la révision de la Constitution et un
troisieme mandat présidentiel.
        Que l’on ne nous accuse pas gratuitement d’encenser la Ceni ni la
Cour constitutionnelle dont les défaillances sont de notoriété
publique. Nous disons simplement que la Nation congolaise ne doit pas
être mise en péril parce qu’un candidat a gagné ou perdu l’élection
présidentielle.
        Le malheur de certains de nos politiciens est de croire qu’ils
seraient devenus plus grands que la Nation entière ou que celle-ci
devrait même disparaitre si jamais ils n’exercaient pas le pouvoir
suprême au sein de l’Etat.
        Assurément, rien n’affole, rien n’aveugle, rien n’assourdit plus que
le transport en tipoy, les acclamations des foules, les «dja lelo»  ou
les louanges des thuriféraires et  autres  tambourinaires du pouvoir.
        A partir de ce moment,   certains politiciens n’écoutent plus
personne. Ils se croient omnipotents et omniscients. Leur  unique
conseiller devient  leur soif insatiable du pouvoir. Pourtant,  même
Joseph Kabila aura finalement, compris, après avoir rase sa barbe la
veille de la prestation de serment de son successeur qu’«Il y a une
vie après la présidence»!
        Il y en a certainement aussi une en dehors de la politique!
        Ne cherchons donc pas l’inanition de la Nation.
        Que l’on soit au pouvoir ou dans l’Opposition  – et celle-ci doit
exister !, il n’est plus seulement question de se réveiller ou de se
mettre débout comme le recommandaient en premier lieu les évêques de
la Cenco que nos politiciens n’ont fait que plagier à Génève (LAMUKA),
mais d’AVANCER pour bâtir un pays plus beau qu’avant, mais dans la
paix et l’unité dans notre diversité.

Prof André Mbata

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