Ne Muanda Nsemi : un jeu malsain !

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Zacharie Badiengila alias Ne Muanda Nsemi, le gourou de la secte politico-mystico-religieuse Bundu dia Mayala, ex-Bundu dia Kongo, s’est autoproclamé Président de la «République Fédérale du Congo», il y a plus d’une semaine, à partir de sa résidence de Ma Campagne, dans la commune de Ngaliema. L’on se demande pourquoi il ne l’avait pas fait pendant son entrée en clandestinité durant deux ans, de mai 2017 à mai 2019, après évasion spectaculaire de la Prison Centrale de Makala, au moment où l’ancien Chef de l’Etat, Joseph Kabila, était hors mandat, puisqu’ayant épuisé le second depuis décembre 2016; où son successeur, Félix Antoine Tshisekedi, faisait face à une tonitruante campagne sur la « vérité des urnes », de la part des ténors de Lamuka..

            Cela nous rappelle Adolphe Muzito, qui n’avait pas eu le courage de déclarer la guerre au Rwanda, en vue de son annexion, alors qu’il était Premier ministre, chef du gouvernement, de 2008 à 2012, mais qui a attendu de se retrouver simple citoyen pour jouer les héros. C’est donc en sa qualité de Président de la République sans qualité ni pouvoirs, que le chef de Bundu dia Mayala, a fait une malheureuse sortie médiatique, faisant outrage non seulement à Félix Tshisekedi, vainqueur de l’élection présidentielle du 30 décembre 2018, investi 5me Président de la République Démocratique du Congo le 24 janvier 2019, devant Dieu et les hommes, mais aussi à son épouse, Denise Nyakeru.

S’agissant du cas de la Première Dame de la République, des membres de la communauté « Shi » ont décidé de porter plainte contre lui, au Parquet près le Tribunal de Grande Instance de Kinshasa/Gombe, pour « Incitation à la haine tribale ». En attendant que Zacharie Badiengila s’explique devant la justice, force est de constater que l’homme a sorti de ses manches un jeu archiconnu, à savoir une attaque-choc contre la haute autorité du pays pour donner l’impression d’être une personnalité politique incontournable, sans laquelle la RDC et la province du Kongo Central ne peuvent fonctionner.

            On se souvient, à son sujet, de la négation des institutions légales et de l’imperium de Joseph Kabila, au début de sa présidence, en 2001 jusqu’en 2015, lorsqu’il avait effectué un virage à 180 °, soutenant publiquement l’option du « glissement » de son second mandat, au sortir d’une audience au Palais de la Nation, alors que les forces politiques et sociales se battaient pour barrer la route au troisième mandat du précité.

            Chacun peut deviner ce qui préoccupait le gourou de Bundu dia Mayala : la recherche d’un poste ministériel. Eh oui, croyant naïvement devenir ministre, il avait craché sur la mémoire de ses « Makesa » (combattants) et adeptes massacrés en 2001, 2003 et 2007 par l’armée et la police de Kabila. Roulé dans la farine après les « Dialogues » de la Cité de l’Union Africaine (septembre-octobre 2016) avec comme facilitateur Edem Kodjo, et de la Cenco (décembre 2016), avec comme facilitateurs des Evêques catholiques, Ne Muanda Nsemi avait piqué une sainte colère contre Papy Mantezolo, qui avait accepté le portefeuille de vice-ministre des Finances dans le gouvernement de Bruno Tshibala, allant jusqu’à décréter son exclusion de Bundu dia Mayala, avec dans la foulée une bataille rangée entre les adeptes de deux rivaux à Kimpese.

            Le chef spirituel de Bundu dia Mayala était sûr, à sa sortie de la Prison centrale de Makala, au mois de mai 2019, dans un scénario – dont Joseph Olenghankoy, président du CNSA (Conseil National de Suivi de l’Accord de la Cenco, seul connaît le secret de faire partie du tout premier gouvernement de la mandature de Félix Tshisekedi, où, à défaut, de faire partie de son cabinet à la Présidence de la République. Ne voyant rien venir, il pense ainsi lui forcer la main en provoquant un prétendu dédoublement de l’Institution Président de la République, qui le rend aussi ridicule que son allégeance à Joseph Kabila, en 2015.

On espère que face à la justice, il va trouver des arguments juridiques solides pour justifier son statut de Chef de l’Etat et tout ce qu’il a imputé gratuitement à la Première Dame de la République.

            Il est bon de signaler que le gourou de Bundu dia Mayala a été désavoué par les notables Kongo le week-end dernier. Dans une lettre adresée au couple présidentiel, ils ont sévèrement condamné les érrements de Ne Muanda Nsemi et présenter leurs sincères excuses à Félix Antoine Tshisekedi et Denise Nyakeru          Kimp

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