Naufrage du chalutier au large des côtes libyennes : l’Europe devant ses responsabilités face à l’Afrique et l’Asie

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Le naufrage du chalutier à 150 Kms au large de l’île grecque de Rhodes et dont le bilan provisoire indique le chiffre effarant de près de 700 présumés personnes disparues, tous sexes et âges confondus, semble avoir fortement ému les dirigeants européens. Lesquels préparent une réunion extraordinaire pour examiner dans tous les détails cette tragédie jamais enregistrée sur le Vieux Continent.

 Au-delà de cette émotion, une question se pose : celle de savoir où étaient ces dirigeants européens chaque fois qu’un bateau de fortune sombrait soit dans l’Océan Indien avec à son bord des centaines d’immigrants asiatiques, soit non loin des côtes ouest africaines transportant des migrants noirs en quête du bien-être en Europe. La Méditerranée est devenue un véritable cimetière des centaines des migrants asiatiques et africains à la recherche du travail dans les différents Etats européens.

Cette fois-ci, le monde découvre l’horreur  de par le nombre fort élevé des victimes. Pourquoi cette question n’a-t-elle jamais été soumise à l’ordre du jour d’une assemblée générale des Nations-Unies et ensuite du Conseil de Sécurité de l’ONU pour trouver des solutions pertinentes afin d’éviter des disparitions répétitives et intempestives ?

Les causes profondes de cet état des choses  

             Ce n’est qu’un secret de Polichinelle que c’est pour trouver du travail que des milliers des migrants asiatiques et africains prennent ce risque. Depuis un certain temps, c’est par cette voie que des milliers des migrants tentent d’atteindre l’Europe. Etant donné les conditions très sévères imposées par les services de migration tant au départ qu’à l’arrivée dans les pays d’accueil et le coût exorbitant du billet d’avion.

Des trafiquants sillonnent régulièrement les côtes africaines et asiatiques pour proposer leurs services aux candidats potentiels. Il est donc établi que des bateaux de fortune sont utilisés pour le transport des candidats à l’émigration et dans des conditions infra humaines. Tantôt, des migrants se noient par accident ou mégarde, tantôt jetés par bâbord par des matelots méchants, tantôt, pour contourner les contrôles des éléments de la Police de surveillance maritime, ils sont renfermés dans des cales nauséabondes où ils meurent de faim et soif et les corps sont tout simplement jetés dans la mer. C’est ainsi que le plus souvent, il arrive que sur cent candidats à l’immigration, seuls cinquante parviennent à fouler le sol européen. Des fois, ils sont rattrapés par les canots de la police de surveillance maritime et se retrouvent jetés en prison avant d’être rapatriés dans leurs pays d’origine. Entretemps, ils ont payé le prix le plus lourd en termes des frais de transport et d’autres tracasseries leur imposées par des trafiquants véreux.

Piste des solutions

            S’il est établi que le chômage est la cause principale de la migration vers le Vieux Continent qui lui aussi souffre de ce même mal, il est aussi vrai que les dirigeants européens devraient favoriser l’émergence de la vraie démocratie et de la bonne gouvernance en Afrique et en Asie, qui sont les conditions sine qua non pour permettre la création d’emplois. Si les Etats réunissent les conditions suffisantes dans les secteurs judiciaires et économico-financiers, les Etats européens seront encouragés pour lancer des programmes d’investissements dans divers domaines de la vie nationale, par des implantations d’industries de transformation technologique de pointe. Dès lors que les pays africains auront augmenté leur produit national brut, la demande sera très forte pour pouvoir consommer davantage.

            En attendant, les Etats européens devraient sévir avec la plus forte énergie contre les trafiquants qui transportent les candidats à l’immigration. Par des sanctions pécuniaires sévères et privatives de liberté assorties des mandats d’arrêt internationaux à charge de leurs complices basés dans les pays de provenance et d’accueil.

F.M.

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