Nationalité congolaise : ces gouvernants à double carapace !

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Selon la Constitution, la nationalité congolaise est réputée « une » et « exclusive ». Juridiquement, un citoyen de la République Démocratique du Congo ne peut être à la fois Congolais et Belge, Français, Portugais, Américain, Anglais, Allemand, Néerlandais, Italien, Canadien, Lybien, Russe, Chinois, Brésilien, Tanzanien, Rwandais, Ougandais, Angolais, etc. L’affaire Armand Tungulu est en passe de relancer le débat sur la Congolité. 

            En effet, Me Nicole Mwaka Bondo, Congolaise d’origine, avocate et activiste des droits de l’homme arrêtée le mercredi 29 septembre 2010 dans la vague d’interpellations ayant suivi le jet de pierres sur l’escorte présidentielle a été invitée, après sa libération le mercredi 06 octobre, à régulariser son séjour en territoire congolais. Elle en a pour 15 jours, faute de quoi, elle serait frappée par une mesure d’expulsion, pour séjour irrégulier.

Sur ce point, il n’y a rien à redire. Notre ex-compatriote devrait se soumettre aux dispositions légales réglementant le séjour des expatriés chez nous, au niveau des services ad hoc de la Direction Générale de Migration.

            Ce que le commun de Congolais ne comprend pas, c’est le silence de cathédrale qui entoure, depuis 2007, la motion de l’ex-député et gouverneur de province José Makila au sujet des animateurs des institutions de la République et mandataires publics coupables de détention de la double nationalité. Ce cadre du Mouvement de Libération du Congo (MLC) avait déposé, au bureau de l’Assemblée Nationale, une longue liste de gouvernants congolais à double carapace.

            En raison de la pertinence de la question, la plénière de l’Assemblée Nationale, dirigée alors par Vital Kamerhe, avait accordé un moratoire de 6 mois à tous les mandataires publics, hauts fonctionnaires, gouverneurs de provinces, diplomates, officiers supérieurs de l’armée et de la police pour faire un choix : opter pour la nationalité congolaise ou étrangère. Curieusement, à l’expiration du moratoire, les choses sont restées en l’état.

En conséquence le Sénat, l’Assemblée Nationalité, le gouvernement, les entreprises publiques, la diplomatie, la territoriale, les services spéciaux… hébergent d’importants contingents de Congolais détenant concurremment la nationalité congolaise et une nationalité étrangère, en pleine violation des dispositions constitutionnelles. 

Nettoyer les écuries

             Compte tenu du fait que de nombreux sénateurs, députés, ministres, gestionnaires d’entreprises publiques, diplomates, animateurs de la territoriale et responsables des services spéciaux refusent de renoncer à leur nationalité étrangère et partant jouissent illégalement de la nationalité congolaise, l’Assemblée Nationale devrait exhumer le moratoire et dresser la liste des non Congolais appelés à quitter les institutions et services publics de la République. Il est inconcevable que depuis 2007, la RDC continue de garder, dans ses écuries officielles, des Congolais douteux, que l’on pourrait estimer même dangereux pour ses intérêts et sa sécurité, en raison de leur double identité.

            Leur refus ou hésitation à se déterminer par rapport à la Constitution cache des intentions inavouées. Pourquoi ces prétendus compatriotes, enclins à jouir des privilèges dus à leurs fonctions ici au pays, manquent-ils de courage à l’heure du choix de leur véritable patrie ? Il y a anguille sous roche.

D’où, comme c’est le cas aujourd’hui pour Nicole Mwaka, il faudrait y aller par la contrainte, en commençant par les déclarer tous non éligibles à la nationalité congolaise et en leur lançant un ultimatum de 15 jours pour régulariser leur séjour, devenu irrégulier depuis 2007, en territoire congolais. Mutatis mutandi, ces ex-Congolais devraient être déchus, même sur le tard, de leurs mandats de sénateurs, députés, ministres, gouverneurs de provinces, ambassadeurs, etc.

En attendant, nous continuons de partager notre quotidien avec des soi-disant Congolais qui, au moindre pépin politique ou judiciaire, recourent à la protection des ambassades de leur nouvelle patrie pour contourner la mauvaise passe. José Makila avait ouvert la boîte de Pandore. C’est le moment ou jamais d’en tirer les conséquences.

                                 Kimp.

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