Mwando Nsimba accuse la Monusco de démoraliser les FARDC

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Le ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants, Charles Mwando Nsimba est monté au créneau pour dénoncer les manœuvres ou mieux le jeu auquel se livre la communauté internationale, notamment la Monusco, pour maintenir l’insécurité dans l’Est de notre pays. C’était au cours du face-à-face qu’il a eu, le samedi 16 octobre, avec la presse nationale et internationale. 

            Le ministre a saisi cette occasion pour dénoncer énergiquement ce qu’il a qualifié de campagne de la Monusco visant à démoraliser les hommes des troupes, dans le but de maintenir le statu quo dans la partie orientale où l’insécurité a presqu’élu domicile.

            Il a dénoncé ses propos par une mise au point sur l’information diffusée par une télévision périphérique selon laquelle l’armée congolaise s’adonnerait aux violations des droits humains dans les opérations de traque des Fdlr à Walikale.

« …je commercerai par une mise au point importante ayant trait à l’information passée plusieurs fois sur la chaîne française France 24, relayant une information selon laquelle les Forces armées s’adonneraient aux violations des droits humains dans les opérations qu’elles mènent dans le territoire de Walikale, information fournie par Mme Margot Wallström, conseillère principale du Secrétaire général des Nations unies sur les violences sexuelles ».

            Et de poursuivre : « Je tiens à exprimer ici mon indignation la plus profonde et à élever les protestations les plus vives contre les accusations graves qui n’ont pour objectif que de freiner l’élan de nos Forces armées dans leur détermination à éradiquer les derniers irréductibles des Fdlr en jetant sur elles un discrédit injuste. Ces propos n’honorent pas la dignité de l’ONU. De toute façon, si cela était vrai, il nous faudrait des preuves de la part de ceux qui ont fourni les informations, notamment la Monusco ».

            Comme preuve du jeu de la communauté internationale, le ministre de la Défense renseigne qu’à l’époque lorsque le chef d’état major général s’apprêtait à lancer cette opération de traque, il avait reçu une importante délégation d’une chancellerie conduite par son chargé d’affaires.

            Objectif : le dissuader d’entreprendre ladite opération, mais plutôt  poursuivre des actions de sensibilisation ou autrement des négociations pour éviter que les Fardc ne commettent des exactions sur les populations civiles et des viols.

            Ayant compris la logique de son interlocuteur et estomaqué par ses propos, le ministre Mwando a immédiatement posé la question suivante : « il s’agit de me demander de maintenir le statu quo ? »

            A ce sujet, il a rappelé le piètre résultat obtenu dans l’opération Kimia II lorsque le gouvernement avait suivi les « conseils » de la même communauté internationale.

            Le ministre de la Défense a tenu à préciser que sa démarche n’est pas celle tendant à couvrir les exactions commises par quelques éléments des Fardc, mais plutôt il s’insurge contre la campagne de dénigrement menée contre le corps de l’armée nationale, Fardc. 

La loi doit s’appliquer dans toute sa rigueur 

Parlant du mémo adressé par les officiers ex-CNDP au chef de l’Etat dans lequel ils rappellent les accords de Goma pour refuser leur mutation vers d’autres provinces, le ministre s’est montré intraitable en invitant la hiérarchie militaire à appliquer la rigueur de la loi, et à sanctionner le cas échéant, toute forme d’insubordination.

« Pour notre part, il n’est pas admissible que ces éléments ayant intégré librement les Fardc continuent à se réclamer d’un ex-mouvement quelconque. Dès lors qu’on s’est engagé dans l’Armée, on est tenu d’obéir aux lois et aux règlements qui la régissent. D’autant que l’acte de mutation n’est pas collectif mais individuel. Par conséquent, l’appréciation des mutations incombe à la hiérarchie », a-t-il déclaré.

Autre sujet d’actualité évoqué par le ministre de la Défense est la réunion de BANGUI à laquelle il venait de prendre part, avec ses homologues centrafricain, soudanais et ougandais.

Au menu : la question de la LRA, cette nébuleuse qui touche à la sécurité des pays précités.

Il a été convenu de la mise en place d’un mécanisme de renseignement commun.

            Quant à la situation de la fameuse LRA, il a dit qu’à ce jour, elle ne constitue plus une menace pour la déstabilisation de la sous-région. Parce que seuls 127 éléments identifiés sont en errance et se dirigent vers Darfour, en menant des actes de terrorisme au passage.

            Dans le même cadre, le ministre rwandais de la Défense, James Kabarebe se trouve depuis hier dimanche à Kinshasa, en vue d’évaluer la situation de la sécurité commune avec son homologue congolais Charles Mwando Nsimba.                     

Dominique Mukenza

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