Muzito : quitte ou double !

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Le Palais du peuple va focaliser aujourd’hui l’attention des millions de Congolais à l’occasion de l’examen, par les députés nationaux, de la motion de censure dont fait l’objet le Premier ministre de la part des groupes parlementaires de l’opposition, toutes sensibilités réunies. En effet, le vendredi 14 mai 2010, le jour du dépôt du texte au secrétariat du président du bureau de l’Assemblée Nationale, on a vu côte à côte François Mwamba Tshishimbi du MLC (Mouvement de Libération du Congo), Gilbert Kiakwama kia Kiziki de DC (Démocrates Chrétiens) et Roger Lumbala de l’ODR (Ordre des Démocrates Républicains).

En termes clairs, les 126 signataires de la motion de censure exigent le départ d’Adolphe Muzito et de son gouvernement, au motif qu’ils ont failli dans l’exercice du pouvoir exécutif, laissant l’initiative au « gouvernement parallèle », que l’insécurité reste omniprésente au Nord-Kivu, au Sud-Kivu, en Province Orientale et à l’Equateur, que la situation économique et financière du pays est catastrophique, que la Constitution est violée en ses dispositions portant sur le découpage du pays en 26 provinces.

Au-delà de la présentation de la motion, des questions des députés et des réponses du Premier ministre, le temps fort de la plénière de ce mercredi sera le vote à bulletin secret. C’est à l’issue du scrutin que le sort d’Adolphe Muzito et, partant, celui de son gouvernement, sera connu. Il n’y a qu’une alternative  à ce sujet : le maintien ou la chute.

Plénière sans consigne ?

Depuis que l’affaire de la motion de censure contre le chef du gouvernement est sur toutes les lèvres, il se remarque un mutisme bizarre non seulement du côté de l’AMP (Alliance de la Majorité Présidentielle), la plate-forme qui contrôle la majorité parlementaire et à laquelle appartient Adolphe Muzito mais aussi du côté de sa propre formation politique, le Palu (Parti Lumumbiste Unifié). On n’aurait pas enregistré, dit-on, la moindre concertation ayant pour objet l’attitude à adopter face à la démarche de l’opposition. Certaines sources font état d’une absence totale de consigne, ce qui laisserait croire que chaque député membre de la famille politique du Chef de l’Etat serait appelé à voter selon sa conscience.

D’autres signalent la circulation de deux consignes contradictoires. L’une, que l’on attribue au Secrétaire exécutif ad intérim de l’AMP, Louis Koyagialo, appellerait au soutien tous azimuts en faveur du maintien de Muzito à son poste. Il semble cependant que l’intéressé serait très peu écouté. C’est ce qui expliquerait la présence de près d’une quarantaine de signatures des députés de la majorité au bas des documents annexés à la motion de censure. Ses pressions sur les députés « frondeurs » pour les amener à retirer leurs griffes seraient restées sans effet.

La seconde consigne, qui aurait été lancée dans la journée d’hier mardi 18 mai 2010, et dont l’auteur serait un membre très influent au sein de l’AMP, serait une invitation à lâcher Muzito. L’option d’un changement de Premier ministre serait très partagée dans la sphère des «radicaux» du pré-carré présidentiel, qui estiment que Joseph Kabila, au nom d’une coalition électorale dépassée, fait la part trop belle au Palu, alors que sa propre formation politique, le PPRD, regorge de candidats à la succession.

En tous les cas, seules les urnes du Palais du peuple vont fixer les esprits sur la situation réelle qui prévaut à l’AMP et au Palu face à la motion de censure de l’opposition parlementaire contre Muzito. On rappelle que si l’Assemblée Nationale l’adopte, le gouvernement est automatiquement réputé démissionnaire et le Premier ministre serait obligé de présenter sa démission au Président de la République au plus tard ce jeudi 20 mai 2010.

                            Jacques Kimpozo

 

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