MP : le débat s’enflamme

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Alors qu’on le croyait clos, après que Joseph Kabila, « Autorité morale » de l’AMP (Alliance de la Majorité Présidentielle) ait mis les points sur les « i », le 16 mars 2011 dans sa ferme de Kingankati, sous les regards approbateurs de quelques chefs de partis, le débat s’enflamme de plus belle au sujet de la mutation de cette plate-forme politique en MP (Majorité Présidentielle). La publication du projet de Charte appelée à régir bientôt la famille politique du Chef de l’Etat a jeté le trouble autant dans les rangs des partis affiliés jusque-là à l’AMP que dans ceux des « entités autonomes », à savoir le Palu (Parti Lumumbiste Unifié) et l’Udémo (Union des Démocrates Mobutistes).
Les partis qui ont pris connaissance de la mouture de la Charte ont, presque tous, sollicité un temps de réflexion avant de donner leurs avis et considérations. Congrès, colloques, ateliers, séminaires et conclaves sont annoncés ça et là pour l’examen approfondi de la restructuration.
Mais, dans l’attente des positions officielles des « adhérents » de l’ex-AMP et des « entités autonomes », la méfiance ne fait que prendre corps. Celle-ci se fonde sur la crainte de certains leaders et partis ou regroupements politiques de se voir avalés purement et simplement par la MP (Majorité Présidentielle) non pas en tant que plate-forme mais plutôt comme méga-parti.
Pour d’aucuns, la restructuration de la MP ne devrait pas étouffer leurs ambitions politiques au niveau des institutions telles que le Parlement national, le gouvernement et les exécutifs provinciaux, les assemblées provinciales, les mairies, les municipalités et les secteurs. La nouvelle configuration de la MP comme plate-forme où tous les pouvoirs seraient concentrés entre les mains d’une autorité unique fait peur.
Quant à une plus grande visibilité et au devoir de résultat, certains pensent qu’il faudrait attendre le verdict des urnes pour évaluer objectivement le poids politique et sociologique de chaque parti, leader ou personnalité politique. S’agissant du deal de 2006, il serait injuste de le solder avant le terme échu, c’est-à-dire décembre 2011, à condition que le pays arrive à se doter d’un président élu et d’un Parlement composé de nouveaux élus et de ceux reconduits dans leurs mandats.
Palu : un cas à part
En ce qui concerne les rapports de force entre l’AMP et ses partenaires, le cas du Palu soulève souvent controverse. Pour certains, Antoine Gizenga et ses troupes n’auraient pas pesé lourd dans la balance des résultats du second tour de l’élection présidentielle, comme ceux-ci le soutiennent. Pour d’autres, le Palu aurait été le partenaire décisif ayant permis au Chef de l’Etat, Joseph Kabila, d’évacuer ou, à tout le moins, de tempérer la grave fracture Est-Ouest constatée par tous au terme du premier tour de la présidentielle, en juillet 2006.
Sans l’accord AMP-Palu, pense-t-on, la majorité au pouvoir aurait rencontré les pires ennuis pour s’affirmer comme telle et gouverner le pays dans un climat plus ou moins apaisé. Certes, la paix durable n’a pas été totalement restaurée. On peut se réjouir néanmoins d’avoir, après 5 ans de gestion sans nuages des affaires publiques entre l’AMP à la présidence de la République et le Palu à la Primature, un embryon d’Etat- Nation avec l’unification territoriale, de la liquidation de grands foyers d’insécurité, de l’effacement de la quasi-totalité de la dette extérieure, de la mise en place du décor de la reconstruction nationale à travers les 5 chantiers de la République, etc.
Un nouveau Congo a pris forme, même si les défis politiques, économiques et sociaux, nombreux, restent encore à relever pour bâtir un Etat moderne, exempt de conflits armés. Le Palu d’Antoine Gizenga, sans exiger un mérite particulier, voudrait tout de même voir les historiens du présent remettre les pendules à l’heure avant la mise en terre de l’Alliance de la Majorité Présidentielle (AMP) et sa succession formelle et officielle par la Majorité Présidentielle (MP). En ce qui concerne le dossier MP, Antoine Gizenga et ses « experts » attendent d’être saisis de futures règles du jeu avant de lever une quelconque option. En l’état actuel des choses, ils s’en tiennent au « contrat politique » de 2006, dont l’échéance interviendra à la fin constitutionnelle de la première législature de la 3me République.
Si le deal a déjà implosé de fait, le Palu, laisse-t-on entendre, souhaiterait en être informé par les correspondants officiels de l’AMP encore chargés des affaires courantes.
 
Kimp
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