Motions : les députés provinciaux jouent avec le feu

0
127

Haut-Lomami, Ituri, Kongo Central : des motions de défiance ont déjà emporté trois gouverneurs de provinces en l’espace de neuf fois. Entre-temps, des velléités de déstabilisation des autorités provinciales sont pendantes au Sankuru, au Sud-Kivu, à la Mongala, au Kasaï Oriental, au Kasaï Occidental, etc. Lorsque l’on tourne et retourne le fond du problème, l’on se rend compte que les motions de défiance sont plus dictées par des intérêts égoïstes que par le souci de remplacer les actuels chefs des exécutifs provinciaux par des hommes ou femmes plus patriotes et intègres qu’eux.

On se souvient que lors du dernier Conseil des ministres présidé par le Chef de l’Etat, celui-ci a fermement condamné la manie des règlements des comptes aux gouverneurs des provinces, dans laquelle versent nombre des députés provinciaux. Mais, chaque médaille ayant toujours son revers, celle choisie par la quasi-totalité des membres des assemblées provinciales de la République risque d’avoir comme conséquence le blocage total de ces entités de base et l’impossibilité, pour les gouverneurs, les ministres et députés provinciaux, de travailler.

            Or, si les institutions provinciales sont placées dans une situation telle que leur fonctionnement n’est plus possible, l’unique voie de sortie serait, pour le Président de la République, de décider leur dissolution et le renvoi de tout le monde aux urnes. Si tel est le schéma recherché par les députés provinciaux et les financiers des motions de défiance, ils doivent savoir que le souverain primaire les attend au tournant.

            Il est à espérer que tous ceux qui s’évertuent à faire et défaire les exécutifs provinciaux, dans le but de « s’installer » et d’ « installer », ont réfléchi au schéma du pire, à savoir celui de la fin brutale de leurs mandats et du retour à la case départ, pour de nouvelles élections législatives provinciales. Les bénéficiaires des « largesses » de la Ceni de Corneille Nangaa sont-ils sûrs de faire de nouveau le plein des voix dans les urnes, comme c’était le cas en décembre 2018, ou d’ « acheter » des décisions judiciaires faisant d’eux des députés provinciaux sur le tapis vert ? A chacun d’eux d’y réfléchir.                         Kimp

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •