Des morts hier à Goma : pourquoi ?

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Une fois de plus, la mort a frappé à Goma. Sans prévenir et pour des raisons que personne ne peut expliquer, des balles ont sifflé dans la matinée d’hier, fauchant des jeunes dont le seul tort était de manifester contre la confiscation de leurs droits, en l’occurrence ceux ayant trait à la participation aux élections dans des délais constitutionnels.

Pour les observateurs, les incidents de Goma constituent une surprise majeure dans la mesure où ils surviennent au lendemain du passager de Nikki Haley, l’émissaire de Trump venue dans notre pays pour parler précisément de la répression politique, des viols, des élections et de toutes sortes de violences qui ont chosifié les citoyens congolais. Comment, après avoir à peine donné des assurances sur sa volonté de respecter les principes d’un Etat de droit, Kinshasa peut-il tolérer des actes aussi ignobles et qui sont susceptibles de remettre en cause son rôle de membre de la Commission des droits de l’homme des Nations-Unies ?

En laissant faire et en laissant impunis des actes qui bafouent la dignité humaine, le pays n’améliore pas son image. Bien au contraire, il donne raison à ceux qui doutent de sa capacité de regarder dans la bonne direction.

Il y a peu, lors de son bref séjour à Goma, Nikki Haley a rappelé aux uns et aux autres la nécessité de veiller sur les droits individuels et collectifs. Face aux larmes des femmes violées, elle a souligné l’importance d’un bon leadership qui ne peut être obtenu qu’à la suite des élections crédibles et transparentes que Corneille Nangaa  tarde toujours à organiser. On comprend pourquoi elle l’a regardé dans les yeux pour lui dire que « chaque jour de retard dans l’organisation des élections est une prime accordée aux viols et aux violences ».  Nangaa q-t-il saisi le message ?

En attendant de recevoir la réponse, force est de constater que le mal demeure profond. Pour preuve, ces tueries de trop enregistrées hier dans la capitale du Nord-Kivu et dont le seul message paraît être : « les chiens aboient, la caravane passe » !

Ceux qui pensent que les Congolais dans leur ensemble passent leur temps à aboyer commettent sans aucun doute une monumentale erreur. Car ces hommes et ces femmes qui crient leur colère et qui réclament sans cesse leurs droits risquent, demain, de devenir une bombe susceptible d’exploser à tout instant. En ce moment-là, rien ne pourra les arrêter. Faut-il en arriver là pour les radicaux comprennent et qu’ils réalisent qu’il n’y a pas de pouvoir sans peuple ?

Il faut agir avant qu’il ne soit trop tard .

 

F.M.

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