La mort de l’avocate Furaha interpelle l’Etat congolais

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Les conditions tragiques dans lesquelles Me Furaha Balugwe, avocate de profession, a trouvé la mort lors de la pluie diluvienne qui s’était abattue la semaine dernière sur   la ville de Bukavu, ne cessent d’interpeller plus d’un Congolais sur le déficit des moyens de secours
que connait le pays lors des catastrophes naturelles.

Particulièrement, les inondations, les écroulements des bâtiments, les feux de brousse, les éruptions volcaniques, les éboulements des terrains, etc.…

En effet, la Jeep dans laquelle se trouvait Me Furaha Balugwe, selon certains témoignages, a été emportée par les eaux de pluie jusqu’à être jetée dans le lac Kivu. Il faut vraiment être armé d’un moral de fer pour visualiser la vidéo tragique de l’événement postée sur les réseaux sociaux et montrant le déroulement de ce sinistre.

Mais en regardant cette vidéo, l’on remarque qu’il y avait possibilité d’éviter le drame que l’on déplore.  Car, de bonnes minutes se sont  écoulées avant que le courant des eaux ne monte en puissance pour emporter le véhicule dans lequel se trouvait l’avocate.

Témoins de ce sinistre, les habitants des environs étaient impuissants de voler à son secours, craignant de mettre leurs vies en péril. Et comme si le sort de la juriste était lié, la situation allait de mal en pis pendant qu’elle continuait à klaxonner jusqu’à ce que les eaux
entraînent la jeep vers les installations de l’ancien port de l’ONATRA, aujourd’hui en état de délabrement fort, avancé avant de terminer sa course dans le lac Kivu, sous les cris de détresse de la victime emprisonnée à bord, incapable de se sauver.

Aujourd’hui, des voix s’élèvent pour déplorer ce drame. En réalité, pensent certains, la victime serait sauvée si l’Etat disposait des services spécialisés et des secouristes formés et expérimentés, pouvant intervenir lors des catastrophes naturelles. Jusque-là, la République Démocratique du Congo pèche par le manque criant de politique de gestion des catastrophes naturelles.

Absence des infrastructures de secours

En visualisant la vidéo de cette scène macabre, les observateurs
estiment que ce drame aurait pu être évité si les autorités
compétentes avaient pris des mesures préventives en plaçant des
garde-fous aux abords de routes situées le long des cours d’eau. Ces
équipements peuvent retenir les véhicules contre les flots de vagues.
Des parapets permettraient aux secouristes d’attacher des câbles de
traction pour tirer en toute sécurité les véhicules sinistrés et les
naufragés, sans mettre leurs vies en danger. De même, autour du lac,
l’absence totale des moyens de rétention est patent, notamment des
barrières pour empêcher une personne, véhicules ou autres engins de
couler, comme cela se passe sous d’autres cieux. Le même cas est
constaté au niveau de nos ponts à travers le pays. Souvent, ces
passerelles sont sans garde-fous.
Lors des opérations de repêchage du corps de l’avocate, après des
jours, les secouristes ont recouru aux moyens rudimentaires.
Cet accident rappelle d’autres sinistres que le pays a connus. Tels
les cas de pluies diluviennes enregistrées à Kinshasa dans les années
90, qui avaient emporté tout un quartier dans la commune de
Bandalungwa au niveau de la rivière Makelele. Tout récemment, la ville
de Boma, dans  le Kongo central, a été victime des inondations
provoquées par les pluies diluviennes qui ont fait une cinquantaine
des morts. D’autres cas similaires ont été également enregistrés
dernièrement à l’Equateur, au Bandundu et à Tshikapa, etc.
Face à ces drames, il est important que l’Etat congolais élabore et
mette en œuvre, le plus vite possible, une politique de gestion des
catastrophes naturelles pour éviter que pareils sinistres ne se
reproduisent dans l’avenir.

Perside DIAWAKU

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