Monitoring des médias en période électorale : Kinshasa, le Sud-Kivu et le Kasai Oriental au top des dérives

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Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC) a avec le concours technique  d’Observatorio di Pavia, procédé au monitoring des médias congolais  lors du processus électoral. Le rapport synthèse sur l’observation des élections de 2018 a été présenté hier jeudi 18 avril 2019 au CEPAS.

            Dans son mot de circonstance, Tito Ndombi a précisé que le CSAC, dont il est l’animateur principal avait bénéficié de l’appui de l’Union Européenne pour observer les élections du 30 décembre 2018 sur l’ensemble du pays. L’appui de l’UE avait permis de se doter d’un équipement approprié (ordinateurs, écouteurs, radio…) pour mieux surveiller les médias tout au long du processus électoral. L’observation proprement dite avait précédée par des séances de la formation sur l’analyse des données, la déontologie et le travail du monitoring. Et ce monitoring consistait à enregistrer des dérives commises dans des médias traditionnels, en ligne…. Et d’ajouter  que les « surveillants » du processus électoral  déployés récemment  partout au pays comprenaient des agents du CSAC et d’autres corporations.

            Karl Nawej, délégué d’Observatorio, a précisé que l’Université de Pavie en Italie est l’un des établissements de renom  à avoir expérimenté dans un passé récent l’observation électorale en recourant aux standards internationaux en la matière. La  descente sur terrain avait été précédée par une étude sommaire du paysage médiatique, l’identification des médias à impact réel, l’installation d’un outil numérique de surveillance au siège du CSAC…., a-t-il noté.

 Le Haut conseiller Banza Tiefolo  s’est attardé sur  les modes de saisine au CSAC, faisant état de mode de saisine d’office et celui qui est basé sur les plaintes. Il  a insisté sur la nécessité pour le plaignant  d’annexer la plainte au support contenant l’incrimination.

            Les  dérives et autres incorrections enregistrées dans tous les coins du pays lors du processus électoral ayant abouti aux élections de décembre 2018 ont été passées au peigne fin par Tito. Il s’agit des discours de la haine, de la diffusion des rumeurs,  propos outrageants, xénophobes,  diffamatoires, des accusations gratuites, ou encore  de la propagande faite en dehors des lieux appropriés ou tenus hors délai, du traitement déséquilibré des informations dans les médias…. Mais aussi de la diffusion hasardeuse des résultats des scrutins dans les médias, de la culte de personnalité, des incitations à la violence, des menaces proférées contre des adversaires politiques, des conflits d’intérêts pour des journalistes aspirant aux postes politiques….

            Kinshasa où se concentre  la quasi-totalité  des médias se taille la part du lion dans les dérives, suivie du Sud Kivu du  Kasai Oriental…..Ces incorrections ont été enregistrées également au Maniema, au Kasai Occidental, au Nord-Kivu, au Kongo Central…

            A en croire cet intervenant, le CSAC avait réagi en suspendant  temporairement  certaines émissions ou en frappant d’embargo momentanément des acteurs politiques et journalistes fautifs….

            Répondant  aux préoccupations des journalistes en ce qui concerne les incorrections énoncées dans le rapport, Banza , Alain Nkoy (vice président du CSAC) … ont expliqué à leurs hôtes que le CSAC privilégie surtout les séances pédagogiques en lieu et place des sanctions. En sa qualité de structure de régulation, il ne peut pas se permettre d’être « un Père fouettard ».

Jean-Pierre Nkutu

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