Mois de la femme : l’autonomisation de la femme rurale congolaise au cœur du débat

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Le Centre de Documentation de l’Enseignement Supérieur, Universitaire  et de la Recherche à Kinshasa « Cedesurk » a organisé, le vendredi 23 mars 2018, en partenariat avec la Délégation de la Wallonie Bruxelles «DWB», une conférence-débat sur les droits et l’activisme des femmes rurales en RDC.  On a noté la présence au Cedesurk  des directeurs généraux des instituts supérieurs de Kinshasa, des professeurs d’université, de la déléguée de la DWB, Kathryn Brahy….

 

Ngoma ya Nzuzi et Bernard Lututala, respectivement PCA au Cedesurk et Recteur à l’UNIKIN, ont conçu cette activité pour lancer un projet de recherche sur  la femme rurale dans le cadre du mois de la femme et   faire découvrir le Cedesurk à leurs hôtes.

Ngoma ya Nzuzi est revenu sur le thème retenu cette année par ONU Femme qui est «L’heure est venue : les activités urbaines et rurales transforment la vie des femmes ». En clair, ONU Femme lance un message aux différents acteurs pour qu’ils puissent réfléchir sur l’autonomisation de la femme rurale et urbaine. Pour le PCA du Cedesurk, la célébration de la Journée Internationale de la Femme « JIF » est souvent marquée par des discours  propagandistes. Voulant faire la différence cette fois ci, le Cedesurk a invité les animateurs des écoles supérieures à réfléchir sur la situation de la femme rurale, imaginer des stratégies pour faire comprendre à cette dernière qu’elle a des droits, au même titre que sa consoeur habitant la ville. En clair, la femme rurale est appelée à revendiquer son autonomisation. Selon Ngoma ya Nzuzi,  les raisons majeures ayant poussé le Cedesurk a initier cette enquête sont : la quasi-totalité des actions menées jusqu’ici pour la gent féminine profitent à la femme urbaine et pourtant les paysannes dépassent en nombre les citadines.

En organisant ces échanges, on compte  recueillir les opinions pour élaborer un projet de recherche sur des aspects majeurs relatifs à l’autonomisation de la femme rurale censées être  remises aux acteurs étatiques et privés intéressés en la matière, qui verront comment exploiter leurs travaux.

Appelé à plancher sur la problématique de l’étude,  Lututala a insisté sur le fait que  l’autre face de l’autonomisation de la femme rurale est la reconnaissance du travail des activistes des droits de la femme rurale. Epinglant les disparités criantes entre les deux catégories des femmes en matière d’accès à l’éducation, aux médias, aux connaissances sur le VIH sida, il a relevé qu’en plus des droits reconnus à tout être humain, la femme rurale est confrontée aux problèmes spécifiques liés à son métier. Il s’est alors posé  quelques questions: les exploitants agricoles ont-ils des revenus intéressants ?

Comment se fait le partage des revenus entre maris et épouses ?

La conclusion  à retenir est  que la femme rurale, souvent marginalisée, ignore ses droits.

Enumérant les pesanteurs qui plombent l’essor de la femme rurale, il a cité l’expropriation des sols par des exploitants ou personnes nanties, l’exode rural, le délabrement des infrastructures, les tabous religieux, l’accès limité à l’outil de travail adéquat….

Pour autonomiser la femme rurale, a fait remarquer Lututala, il faut avoir d’abord en tête l’idée d’une autonomisation cognitive, psychologique et enfin financière.

Le recteur honoraire de l’UNIKIN a relevé également la nécessité d’avoir des associations féminines viables ou des activistes tournées vers le développement de la femme rurale.

Lors des échanges, les participants ont émis des avis et posé des questions sur la manière dont le projet du Cedesurk va être mené….

Lututala a expliqué qu’en réalité, les décideurs politiques devraient s’inspirer parfois des thèses de mémoire et des travaux de recherche des professeurs d’université pour trouver des solutions efficaces aux problèmes qui se posent dans la société. Il a déploré le fait que les chercheurs congolais travaillent de manière dispersée. En réalité, les chercheurs de l’UPN, de l’ISTA, UNIKIN…. devraient se retrouver ensemble pour coordonner leurs travaux.

Il a ajouté qu’au terme de la conférence, ils vont passer en revue les suggestions et préoccupations soulevées par l’assistance pour dégager les aspects pouvant faire l’objet de l’enquête.

On retient du Cedesurk que cette asbl de droit congolais a pour vocation l’information, la formation et la diffusion de la documentation scientifique et technique grâce à une bibliothèque interuniversitaire d’au moins 16000 ouvrages.

Ses différentes activités sont : l’édition , l’accès à l’internet, l’enseignement à distance, etc.

 

Jean-Pierre Nkutu

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