Mines : pendant 20 ans, rien n’est venu !

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Exploitées pendant 20 ans par des entreprises étrangères, avec l’engagement de développer la République démocratique du Congo, les mines congolaises n’ont rien apporté à l’Etat congolais. Les populations des provinces minières vivent dans une misère noire alors qu’elles étaient censées bénéficier des recettes produites par cette richesse du sous-sol.

            En visite d’itinérance dans la province  de Lualaba, le 13 mai dernier, le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, a pris à bras le corps cette question et a annoncé ,au cours d’un meeting populaire tenu  au carrefour  Mwangeji au centre de la ville de Kolwezi, la révision des contrats miniers.

            Considérée  comme  l’un des plus grands  sites miniers de la RDC, la ville de Kolwezi  ne reflète  pas  l’image d’une ville minière avec une population  pauvre. Et, il n’est pas normal que ceux avec qui le pays a signé des contrats d’exploitation  s’enrichissent pendant que nos populations demeurent pauvres, a estimé le président congolais. Il a estimé qu’il est temps que le pays réajuste ses contrats  avec les miniers dans l’optique de sceller des partenariats gagnant-gagnant.

            Cette position prise par Felix Tshisekedi tombe à point nommé. L’on se souviendra qu’au cours d’une émission sur RFI intitulée « ils m’ont dit », Albert Yuma Mulimbi, président de la Gécamines (Générale des carrières et des mines) et de la FEC (Fédérations des Entreprises du Congo) a eu à faire des révélations troublantes. Selon ses propos, c’est la Banque Mondiale et le FMI qui décident en demandant à la RDC de céder ses carrés miniers aux partenaires   techniques et financiers internationaux qui ont les moyens car le pays n’a aucune possibilité pour les exploiter. C’est l’erreur fatale commise par la République Démocratique du Congo, selon lui.

            Car, lorsqu’on dit que la RDC a exploité plus 1000.000 de tonnes de cuivre et plus de 100.000 tonnes de cobalt, c’est 5 ou 6 entreprises étrangères dans lesquelles, l’entreprise de l’Etat, n’est qu’un actionnaire minoritaire et n’a quasiment rien à dire.  Et pourtant, selon Albert Yuma, lorsque l’Etat était avec seule la Gécamines dans le secteur minier, l’on produisait près de 500.000 tonnes par an. La Gécamines subvenait à près de 70% de tous les besoins budgétaire. Aujourd’hui, avec plus d’un million de tonnes exportées, ces entreprises ne contribuent même pas à près de 17% du budget de l’Etat. Pendant près de 20 ans, alors qu’on avait promis des dividendes pour la Gécamines, des impôts pour la reconstruction de l’Etat, rien n’est venu. Cette situation, a confirmé Albert Yuma, est très facile à comprendre. Toutes  ces entreprises chinoises et européennes ont pris les gisements congolais pour les donner en garantie aux banques étrangères. En retour, ce sont des prêts qu’elles ont apporté à l’Etat congolais pour un taux dépassant les 10%. D’où finalement le paradoxe selon lequel ces richesses ne profitent pas aux Congolais mais aux entreprises étrangères.

Yves Kadima

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