Micro finance : marché sous-exploité en RDC !

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 A l’occasion du lancement de la deuxième phase d’activités du Fonds de Promotion de la Microfinance (FPM), son Directeur général, Jean-Claude Thetika Banzodila, a présenté à l’assistance la situation actuelle du secteur de la microfinance en RD Congo, hier jeudi 12 août 2010 au salon Virunga de l’hôtel Memling. En présence de nombreux acteurs, nationaux et internationaux de développement, le nouveau numéro un du FPM a indiqué que l’année 2010 a annoncé une légère reprise de l’économie, après la crise aigüe de la décennie 90 et les effets de la crise internationale entre 2008 et 2009.

 Jean-Claude Thetika a révélé qu’à ce jour, notre pays compte 19 banques commerciales agréées, 2 institutions financières non bancaires, 1 caisse d’épargne, 116 coopératives d’épargnes et de crédit et 45 institutions de microfinance (IMF). Cependant, a-t-il déploré, il y a un faible taux de pénétration avec 200.000 comptes bancaires seulement pour une population de plus de 60 millions d’habitants. Alors que le secteur de microfinance est dominé par les produits d’épargne, il y a encore un grand potentiel non exploité, puisque seulement 7% du marché est exploité.    

 

Dans le domaine du crédit, cinq institutions (Procredit, Finca, Coopec Nyawera, Coopec Imara et Mecrego) détiennent 63% des parts du marché en termes d’encours de crédit, tandis que d’autres telles que Finca, Hope, Procredit, Hekima et Mecrekin tiennent en mains 50% en termes de nombre de clients. Ce sont presque les mêmes institutions qui contrôlent aussi le marché de l’épargne, activité concentrée géographiquement aux Kivu et à Kinshasa.
« Le prix moyen des prêts octroyés est d’environ 5% par mois supérieur aux pratiques internationales qui dépassent rarement 2% par mois », a reconnu le Dg du FPM, ajoutant que les produits sont encore peu diversifiés et souvent peu adaptés aux segments des marchés ciblés.

Le FPM II en rappel 

 Rappelant les progrès accomplis durant la première phase du FPM, Jean-Claude Thetika a noté une bonne présence régionale dans la prise en charge des Institutions de microfinance( IMF) éparpillées à travers le pays ; des statistiques satisfaisantes car 65 IMF ont reçu l’assistance technique alors que près de 2415 cadres ont été formés ; la mise en place de nouveaux partenariats etc. Nonobstant ces résultats éloquents, la phase II a pour objectifs et principes d’intervention : la contribution à la professionnalisation et à la croissance du secteur, l’élargissement de la vision d’intervention du Fonds, une approche sélective et ciblée, le partenariat public-privé.
 
Le satisfecit des partenaires

 La représentante des bailleurs des fonds, l’Allemande Koehn, s’est réjouie de voir le FPM entrer dans sa 2ème phase car il promeut un service financier accessible à tout le monde. « La Banque allemande de développement appuie la microfinance car elle donne plus d’emplois à des revenus faibles… »
 De son côté, le gouverneur de la Banque Centrale du Congo (BCC), Jean-Claude Masangu, a salué le FPM qui a assimilé la stratégie d’intégration du système bancaire avec celui de la microfinance, mécanisme prôné par la BCC. « Un autre objectif majeur de la BCC est celui d’accroitre la bancarisation du pays… » Enfin, pour le représentant du Fond d’équipements des Nations Unies (FENU), Makaremi, l’apport du FPM est considérable dans la construction du secteur financier accessible à tous, lequel est caractérisé par la diversité de l’offre ; la diversification des produits des services finance ; la viabilité et la pérennité des institutions ; la mise sur pied d’un cadre légal et réglementaire adapté.

Tshieke Bukasa

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