Mgr Sikuli : «Tous, nous disons non au dialogue »

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ob_23054a7095f92255e1a54bfe543fd0f5_mgr-melchisedech-sikuDans son homélie à la cathédrale de Butembo, S.E. Mgr Sikuli Paluku Melchisédech, Evêque du Diocèse de Butembo –Beni, fidèle à la position de la Conférence Episcopale Nationale de la R.D.Congo (CENCO en sigle) concernant le dialogue voulu par la Majorité au pouvoir, a comparé la constitution d’un pays à la Bible des chrétiens : «La constitution d’un pays est ce que la bible est pour l’église. Comme l’église ne peut pas faire un dialogue pour réviser la bible, ainsi les hommes au pouvoir en RDC ne peuvent pas nous appeler à dialoguer pour chercher à réviser la constitution juste pour vouloir s’éterniser au pouvoir ». Faisant allusion aux Nande de la Majorité au Pouvoir qui, ces derniers jours, essaient par tous les moyens (y compris l’argent) de vendre l’idée du dialogue aux populations meurtries de la région, S.E.Mgr SIKULI les a désavoués en ces termes : «Tous ceux qui viendront pour nous embêter avec le mot dialogue, seront considérés comme des parias [NDLR : AVAKUMBIRA] de la communauté.

Homélie de Mgr Sikuli

Les gens sont massacrés voici plus d’une année, les routes délabrées, pas de boulot pour les jeunes… Bref la souffrance a atteint toutes les couches de la population. Et vous voulez qu’on aille dialoguer! Tous, disons non au dialogue…». Cette homélie de S.E.Mgr SIKULI a été applaudie avec frénésie par tous et pendant longtemps dans la cathédrale de Butembo.

Certains fidèles n’ont pu contenir leurs émotions de voir que Monseigneur l’évêque venait de dire sans ambages ce que les fidèles de son diocèse disent tout bas par peur des menaces et intimidations des pro-dialogue. En effet, les fidèles du Diocèse de Butembo-Beni accepteraient plus facilement un dialogue qui aurait à son ordre du jour la fin du génocide en cours dans les deux territoires de Beni et de Lubero. Mais en parcourant les matières à l’ordre du jour du dialogue voulu par la Majorité du Président Joseph Kabila, on constate que les massacres des populations civiles n’y figurent pas. Chose plus grave, la Majorité au Pouvoir, y compris les fils et filles de la région meurtrie par les massacres (cas de Vahamwiti, Mughole, Léonard Kambere, Paulin Vategha, etc.) donne l’impression de traiter les massacres en cours dans la région de non-événement. Près de 1000 Nande ont été massacrés à Beni-Lubero entre octobre 2014 et décembre 2015. Mais le pouvoir n’a jamais organisé un deuil national ou une enquête nationale pour connaître l’identité des tueurs.

Ceux qui osent faire ce deuil (cas de LUCHA de Goma) ou ceux qui veulent se défendre contre les tueurs (cas des Jeunes d’Oicha) sont mis en prison…

La provocation des membres de la Majorité au pouvoir atteint son comble quand ces derniers osent faire l’éloge de la « révolution de la modernité » aux rescapés des massacres à Beni, aux commerçants de Butembo-Beni qui ont perdu des tonnes de marchandises par pourriture sur la route Beni-Butembo à cause d’un trou que le pouvoir n’a pas su combler pendant plus de deux mois…»

L’Homélie de S.E.Mgr SIKULI a ainsi touché la douleur de tous les rescapés des massacres en cours, les désœuvrés, les affamés, les assoiffés de paix et de justice du Diocèse de Butembo-Beni qui se sentent oubliés par le Pouvoir et qui ont le pressentiment que l’acharnement tardif de la Majorité au Pouvoir pour le dialogue inclusif, n’est autre que son mode opératoire pour faire accepter de force une rallonge au pouvoir de Joseph Kabila. Tous les congolais qui réfutent le dialogue en vue de ce glissement en gestation dans les officines de la Majorité au pouvoir approuvent ces propos de S.E.Mgr SIKULI.

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