Meurtre de l’AG de l’hôpital Vijana : les parties civiles réclament 100 millions Usd à Dolly Makambo

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L’audience de ce vendredi 15 novembre 2019 à la Haute Cour Militaire a porté sur la plaidoirie des avocats de la partie civile dans l’affaire du meurtre de l’Administrateur de Vijana, Belvis Kuku, dont les prévenus avaient décidé de mettre une croix sur sa vie à l’âge de 29 ans. Ainsi, les conseils des parties civiles, essentiellement constituées de sa famille biologique, de son épouse, de ses enfants ont, après l’exposé des motifs où Me Etienne Lombela a décortiqué les faits ainsi que les charges et responsabilités de chacun des prévenus, réclament les dommages et intérêts suivants :

– Au prévenu Dolly Makambo, en tant que ministre provincial de l’Intérieur, condamner l’Etat Congolais et la province de Kinshasa au paiement d’une somme équivalant en franc Congolais à 100 millions dollars, soit 25 millions pour chacune des parties ;

– Au prévenu Bakadjuraki Kavusa Semey (alias Paluku), étant donné que c’est lui le bénéficiaire direct de toutes les manœuvres produites à ses profits, la partie civile lui réclame des dommages et intérêts de l’ordre de 4 millions de Usd en raison de 1 million pour chacune des parties lésées ;

– Au prévenu Serge  Kamanda (le chauffeur de Dolly), étant le cerveau moteur dans l’exécution des opérations qui ont conduit à la désacralisation de la vie humaine, les parties civiles lui réclament des dommages et intérêts de l’ordre de 8 millions USD, en raison de 2 million par composante de la partie civile ; et

– Au prévenu Akilimani Jacques, des dommages et intérêts de 4 millions Usd soit 1 million par partie.

Vijana réclame 3 millions de dollars

            Le médecin directeur de l’hôpital Vijana, le Dr Naiti wa Bondo, qui s’était aussi constitué partie civile, vu les préjudices causés à l’hôpital, notamment le fait que les malades sont partis sans payer les factures, et, que depuis le meurtre jusqu’à ce jour, l’hôpital est fermé, ainsi, il réclame des dommages et intérêts l’équivalant en franc Congolais à une somme de 3 millions  de dollars au prévenu Dolly Makambo. Dans un autre chapitre, l’hôpital Vijana réclame la somme de 1 million Usd d’autant plus que c’est lui le bénéficiaire de la spoliation de la concession de Vijana. Quant à l’opérateur principal, le prévenu Kamanda, le condamner au paiement des dommages et intérêts de 500 milles dollars américains.

Voici la position

de la partie civile

            Dans sa plaidoirie, la partie civile a démontré noir sur blanc les responsabilités de chacune des personnes prévenues, à savoir que le garde du corps Gaëtan  Ekawa alias Ekanga Nyama ainsi que le chauffeur Kamanda ont agi sur ordre  de Bakajurakis Kavusas Semey, d’autant plus que c’est lui qui est la pièce maitresse (bénéficiaire direct du terrain).   Il existe l’hypothèse de la criminalité à double degré, car, il y a eu avant le meurtre sur la personne de l’A.G la torture. Les deux prévenus l’ont tout d’abord intimidé avant de l’achever. Et, selon le Conseil de la partie civile, l’illustre disparu  Belvis Kuku était déjà dans le viseur de ses ennemis. Il a fait l’objet  d’un acte de barbarie, de torture, de la part du chauffeur de Dolly Makambo et Ekanga Nyama, qui s’est transformée en ‘’Ekanga Moto’’en date du 30 octobre 2019. Bref, Akilimani, Bakajuraki, Kamanda et Ekanga Nyama ont tous commis des infractions à charge pénale, matériellement et intellectuellement.

             A la question de savoir, comment ont agi les prévenus Dolly et Semey. Il a répondu que c’est suite à l’acte d’incitation des agents de la police à commettre des actes de barbarie à l’endroit des autres ou de civiles. Par conséquent, ils doivent être  déclarés coupables parce qu’ils ont incité ce garde du corps à abandonner son poste.  Ainsi la responsabilité pénale de Dolly Makambo et Bakashuraki Semey alias Paluku repose sur le fait qu’ils ont incité les policiers à commettre des actes de barbaries. Car, selon lui, c’est une barbarie incontrôlée qui avait pour but des finalités plurielles. La présence de l’A.G était un obstacle pour Dolly qui voulait à tout prix le faire taire. L’A.G défendait seulement les intérêts de la concession de l’hôpital Vijana qui est un domaine de l’Etat et non une propriété individuelle. Donc sa présence faisait obstacle à la spoliation.

            A ce stade, le conseil a indiqué que le chauffeur Kamanda, Ekanga Nyama et consorts, en amenant l’A.G dans l’abatoir, qui est le véhicule du ministre provincial Dolly Makambo afin de lui priver la liberté, n’avaient aucun document judiciaire leur donnant mandat de le prendre manu militari mais plutôt, ils opéraient sur ordre des commanditaires, Dolly Makambo et le député honoraire Bakatshuraki Semey alias Paluku (lui qui était dans les parages de l’hôpital afin d’être sûr de l’opération d’exécution).

La  vidéo : une preuve

importante

            Poursuivant sa plaidoirie, le Collectif des avocats des parties civiles a évoqué les analyses et conclusions du professeur Nyabirungu, qui souligne que le verdict des images de vidéo peut faire l’ensemble des preuves. Ils citent : ‘’la vidéo est un témoin silencieux, fidèle, fiable et impartial des évènements. Elle peut d’elle-même constituer un élément de décision pour les juges parce qu’elle détermine la scène criminelle, elle détermine les coupables.’’ Pour le cas échéant, il a invité les juges à dire recevable et fondée l’action civile, car l’élément matériel, c’est le fait d’avoir entraîné la mort de l’A.G. Kuku.

            D’autant plus que le prevenu Kamanda a souligné devant la Cour qu’Ekanga Nyama a tiré à bout portant sur l’A.G’’. Ceci demontre que l’acte est positif puisqu’il avait aussi utilisé l’arme AK,  preuve d’une intention criminelle. A l’interrogation de savoir l’intention qui l’animait, la partie civile a démontré que la balle était placée dans la chambre. «Et, si vous n’appuyez pas, la balle ne sort pas mais lui  a armé volontairement une balle et a appuyé lorsque l’A.G était déjà maîtrisé.

            La prochaine audience est prévue pour ce lundi 18 novembre à 09h00. Le ministère public devra présenter son réquisitoire et ensuite permettre aux conseils des prévenus de répliquer. Rendez-vous est pris à la Haute Cour Militaire, qui se trouve dans la concession du Palais de Justice, dans le bâtiment qui abrite la Cour Constitutionnelle et le Conseil d’Etat, à Gombe.Dorcas NSOMUE

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