Mende, porte-parole du gouvernement : «La place des FDLR n’est pas en RDC»

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mende « Le gouvernement n’envisage pour les FDLR que deux alternatives incontournables : soit le retour dans leur pays d’origine qui est le Rwanda, soit le départ vers un pays tiers ». Le propos est de Lambert Mende Omalanga, ministre des Médias, Chargé des Relations avec le Parlement et de l’Initiation à la Nouvelle Citoyenneté. Il s’est exprimé ainsi à l’occasion du point de presse qu’il a animé hier jeudi 03 juillet 2014, dont la charpente s’est articulée autour du dossier de ces rebelles rwandais, de la controverse ayant enveloppé le feuilleton de derniers accrochages entre armées congolaise et rwandaise au Nord-Kivu, ainsi que de la dernière déclaration de la CENCO (Conférence Episcopale Nationale du Congo).

S’agissant précisément des FDLR (Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda, le ministre des Médias a fait savoir que la RDC n’a nullement l’intention de les garder éternellement sur son territoire. « De quelque côté que l’on aborde la question, la place des FDLR, citoyens rwandais, n’est pas en République Démocratique du Congo », que ce soit dans les provinces du Kivu ou dans les lieux de relocalisation provisoire sélectionnés par nos forces de sécurité pour la suite des opérations », a-t-il indiqué.

Il a rappelé, à ce sujet, le fâcheux précédent de 1994, avec l’ouverture sans conditions des frontières nationales, à l’Est du pays, aussi bien aux réfugiés rwandais civils qu’aux anciens soldats de l’armée de feu le président Habyarimana et aux miliciens impliqués dans le génocide des Tutsi. Les effets pervers de l’hospitalité « zaïroise », a-t-il souligné, sur recommandation de la communauté internationale, continuent d’être ressentis 20 ans après, en termes de pseudo- rébellions à répétition, d’exactions sur nos compatriotes, de tueries, de violences de toutes sortes et mêmes de multiples tentatives de démembrement du pays.

Mais depuis l’année 2013, a souligné le porte-parole du gouvernement, la RDC a résolu de lancer des opérations militaires d’éradication des forces négatives rwandaise et ougandaise, dont principalement les éléments FDLR et ADF. La situation militaire sur le terrain étant totalement passée sous le contrôle des FARDC depuis la déconfiture de la rébellion du M23, a-t-il indiqué, le cap est maintenant mis sur le désarmement volontaire des FDLR en vue de leur retour futur au Rwanda ou dans un pays d’accueil autre que la RDC. Il a signalé au passage qu’après avoir été tentée, dans un premier temps, par l’option de la résistance militaire, cette force négative s’est finalement rangée à celle de la reddition.

Compte tenu du rapport de forces sur le terrain qui montre que les FARDC sont entrées dans la phase finale de ratissage des forces négatives, internes comme étrangères au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, il n’est pas question, a insisté Mende, d’accorder un quelconque traitement de faveur aux FDLR. Lambert Mende a révélé que les Etats membres de la CIRGL (Conférence Internationale pour la Région des Grands Lacs) ont souscrit à la position de la RDC et arrêté un délai de six mois pour le désarmement volontaire de cette force négative. Toutefois, il a recommandé à l’opinion nationale de tenir compte des «dépendants» de ces rebelles, composés en majorité de femmes et enfants congolais, ayant pour maris et pères ces rebelles rwandais.

Accrochages FARDC – RDF : le mensonge de Kigali

Le ministre des Médias, parlant des accrochages du mois de juin entre soldats congolais et rwandais à Kanyesheja, une localité congolaise située non loin de la frontière entre la RDC et le Rwanda, au Nord-Kivu, a déploré le mensonge de Kigali ayant imputé leur responsabilité aux militaires congolais, accusés d’avoir planifié le vol des vaches au Rwanda. Prenant à témoin le Mécanisme Conjoint de Vérification Elargi de la CIRGL, le porte-parole du gouvernement congolais a fait savoir que le rapport d’enquête de cette structure a démontré que c’est l’armée rwandaise qui a pénétré délibérément en territoire congolais, kidnappé un caporal des FARDC, nommé Hategekimana Baisilio du 391me régiment et, procédé à son exécution, en territoire rwandais, au vu et su de ses compagnons d’armes qui suivaient la scène à partir d’une colline congolaise.

C’est cet acte, a-t-il souligné, qui a conduit aux échanges des tirs, à l’artillerie légère puis à l’artillerie lourde, entre les deux armées. Lambert Mende a tenu à relever qu’il ne s’est jamais posé un problème de tracé de frontière entre la RDC et le Rwanda, à moins que ce dernier pays ne veuille remettre en cause celles décidées lors de la Conférence de Berlin, en 1885, lors du partage des territoires africains entre Etats européens.

CENCO : non au procès d’intention

Passant au crible le dernier message de la CENCO, le ministre des Médias, chargé des Relations avec le Parlement et de l’Initiation à la Nouvelle Citoyenneté, a reproché aux Evêques catholiques de vouloir faire un procès d’intention aux hommes au pouvoir à Kinshasa, en les accusant de nourrir de velléité de modification de la Constitution. Selon ce membre du gouvernement, le débat est sans objet, les officiels congolais, à commencer par le Chef de l’Etat, ayant affirmé en son temps être respectueux de la volonté du législateur.

Par conséquent, tous les articles verrouillés de la Constitution restent en l’état. Mais, cela n’interdit pas l’amendement des dispositions constitutionnelles expressément ouvertes à la modification.

«En proclamant urbi et orbi sa désapprobation de tout mode de scrutin qui priverait le souverain primaire  de son droit de désigner ses gouvernants et de participer directement à la gestion de la cité, la Cenco se lance dans un débat politique où elle donne l’impression de croire, à tort, que les options fondamentales relèvent du dogme », accuse Mende, qui poursuit : « Nous en voulons pour preuve le fait que la proposition de l’élection des députés provinciaux, des maires et bourgmestres par scrutin direct est une position notoirement connue de l’Eglise Catholique transmise en son temps à la Ceni, dans le cadre des consultations initiées par cette dernière et certainement examinée  judicieusement ».

Enfin, Lambert Mende s’interroge : « je me permets en outre de questionner la légalité et la légitimité comminatoire des Evêques aux élus du peuple, auxquels il est demandé de s’abstenir de voter des modifications constitutionnelles susceptibles de rompre un vouloir-vivre collectif et des valeurs fondamentales acceptées par l’ensemble du peuple, alors que la Constitution stipule que le mandat des parlementaires n’est pas impératif ».

DOM

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