Menacé par le dossier des certificats de l’école primaire : le SG à l’EPST accuse Bakonga

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Dans sa démarche de vouloir remettre les choses dans l’ordre au sein du ministère  Enseignement Primaire, Secondaire et Technique, le professeur Tony Mwaba a constaté que depuis 3 ans, le trésor public a financé la production des certificats de fin d’études primaires en République Démocratique du Congo mais malheureusement, aucun élève n’a pu recevoir son certificat durant cette période. C’est dans ce contexte qu’une lettre de demande d’explication a été adressée au Secrétaire Général  Jean Marie Mangobe Bomungo pour des clarifications nécessaires. Le ministre a exigé qu’on lui fasse parvenir la copie du contrat et les coordonnées du fournisseur qui avait perçu les fonds du trésor public pendant ces trois dernières années ainsi que les explications claires sur les raisons d’inexécution du contrat.

  Contre toute attente, le Secrétaire Général à l’EPST a rejeté toute la responsabilité sur l’ancien ministre Willy Bakonga, actuellement en prison, où il purge une peine de 3 ans. Cette stratégie de vouloir rejeter la faute sur l’ancien ministre est un faux-fuyant selon certaines sources au sein du ministère.

            Déjà condamné, Bakonga va-t-il se laisser enfoncer sans réagir ? Pas si sûr car c’est tout son avenir qui en dépend, d’autant plus qu’à côté de ce dossier, il y a celui du sabordage de la gratuité qui risque de lui coûter très cher au regard des peines infligées, il y a peu, à l’Inspecteur général de l’Epst et au Directeur du Secope.

Pièce contre pièce, la confrontation risque de se révéler meurtrière. Car, dans sa lettre référenciée N°MINEEPTS/SG/80/AA/0774/2021 adressée au ministre de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Technique le 7 avril 2021, le Secrétaire Général à l’EPST Jean Marie Mangobe Bomungo, estime que les informations en possession du ministre ne seraient pas vérifiées.

            En 2018, il y a eu paiement de 284.809.076 de francs congolais représentant le 1/3 des frais d’impression des certificats de fin d’études primaires de l’édition 2012 à la Société INSTAPRINT suivant l’OPI n°918782 et conformément au contrat au contrat n°MINEPST/PMD/840/84267/2012 du 16 février 2012. Ce paiement était imputé, selon le secrétaire général à la ligne budgétaire intitulée « impression, reproduction, reliure et conservation » du secrétariat général.

            En ce qui concerne l’exercice 2019, un paiement a eu lieu le 13 mai 2019 de l’ordre de 687.779.400 des francs congolais. Somme qui représentait l’avance de 20% relative à l’impression des certificats pour l’édition 2017-2018 en faveur de la société Leditac.

             Quant à l’exercice 2020, le paiement a eu lieu le 2 octobre 2020. La somme versée de 711.904.956 des francs congolais a représenté l’acompte de la deuxième tranche relative à l’impression des certificats des éditions 2017 et 2018 en faveur de la société Leditac. Le 9 octobre de la même année, un autre paiement de l’ordre de 2.484.738.522 représentant le solde de la deuxième tranche relative à l’impression de ces certificats pour l’édition 2017 et 2018.  Ces deux paiements de 2020 étaient imputés à la lligne budgétaire intitulée « autres prestations » du bureau Tenafep.

            A la suite de tous ces détails, Jean Marie Mangobe a souligné que toutes les lettres de demande desdits paiements étaient initiées par le Cabinet du Ministre et signées en procédure d’urgence par le ministre de l’Epst lui-même, en sa qualité de gestionnaire unique des crédits du ministère. Lui, en qualité de Secrétaire Général, n’était associé ni de près ni de loin aux opérations ayant conduit auxdits paiements.

On ne tire pas sur une ambulance

            Dans la situation où il se trouve, Willy Bakonga ressemble à une ambulance. Discrédité par sa cavale ratée et rattrapée par plusieurs affaires de violation des textes légaux, l’homme n’a plus que ses yeux pour pleurer, en attendant le coup de grâce auquel il ne pourra pas échapper dans l’affaire de la gratuité de l’enseignement.

            Le charger encore comme vient de le faire son collaborateur le plus immédiat à l’époque où il était aux affaires ne peut que mettre durablement une croix sur son avenir. Problème : comment le Secrétaire général, à supposer qu’il parle vrai, a-t-il pu laisser le ministre utiliser des lignes de crédit sur lesquelles il a pourtant un contrôle sans jamais réagir ? Pourquoi a-t-il attendu la demande d’explication du nouveau ministre pour dénoncer le mal ? Et pourquoi, enfin, a-t-il laissé l’enseignement primaire clôturer son cycle pendant trois années d’affilée sans possibilité de remettre des certificats aux enfants finalistes ? Beaucoup de questions méritent d’être posées et appellent absolument des réponses.

Ce dossier devrait intéresser l’IGF.

Yves Kadima

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