Meeting de N’Djili : Lamuka confirme l’agenda du chaos

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Le meeting de la coalition Lamuka, tenue le samedi 02 février 2019 à
la Place Sainte Thérèse, dans la commune de N’Djili, a mis à nue
l’agenda du chaos entretenu de longue date par ses leaders. Après
avoir vainement tenté d’embarquer leurs alliés politiques de
l’Opposition dans le suicide politique collectif, avec le rejet de la
machine à voter et par ricochet le boycott des élections et
lamentablement échoué dans cette voie ainsi qu’à la présidentielle du
30 décembre 2019, les voilà repartis pour rendre le pays
ingouvernable.

Sous couvert d’organiser une résistance populaire pacifique, Martin
Fayulu et ses parrains politiques, Jean-Pierre Bemba et Moïse Katumbi,
visent en réalité le retour du pays dans le cycle des rébellions, des
guerres tribalo-ethniques, de la chasse aux non originaires dans les
secteurs de l’habitat, du commerce, de l’administration publique, etc.

        A ce sujet, des appels sans équivoques au génocide kasaïen ont été lancés le samedi 1er à partir du podium érigé pour le meeting de
Lamuka, devant plusieurs leaders de cette plate-forme politique, qui
n’ont rien fait pour recadrer leurs militants. Pire, ces messages
charriant la haine tribale ont été relayés en direct par les chaines
de radion et de télévision appartenant aux dignitaires de Lamuka et
diffusés en boucles le même samedi, dimanche et lundi.
Se rendant sans doute compte, sur le tard, d’avoir dépassé les bornes,
quelques animateurs de Lamuka tentent de faire croire que Fayulu
aurait recommandés à ses partisans de ne pas verser dans la
stigmatisation des ressortissants du Grand Kasaï. Si telle était
effectivement son intention, il aurait dû arrêter le défilé, sur le
podium de Lamuka, de ses fanatiques qui prenaient un malin plaisir à
décréter la chasse aux Baluba et à répéter le message à l’envie.
S’il y avait réellement une volonté des calmer les esprits, les radios
et télévisions appartenant aux leaders de cette plate forme électorale
n’auraient pas continué à rediffuser ces messages de haine dignes de
la radio « Mille collines ».
        L’autre fait qui confirme le dessein des dignitaires de Lamuka de ne
pas voir le peuple congolais retrouver la voie de la stabilité
politique, de la paix et de la prospérité est leur refus catégorique
de se plier au verdict sans appel de la Cour Constitutionnelle, après
y avoir eux-mêmes déposé une requête en contestation des résultats de
l’élection présidentielle du 30 décembre 2019. Pourquoi avoir saisi
cette haute juridiction si cette coalition politique était convaincue
qu’elle ne gagnerait pas en dehors des urnes ?
        Quant à la campagne invitant l’Union Africaine et la communauté
internationale à ne pas reconnaître Félix Tshisekedi comme Président
élu de la République Démocratique du Congo, elle n’est plus ni moins
qu’un combat d’arrière-garde. Comment Lamuka va-t-elle s’y prendre
pour amener la Russie, la Chine, le Canada, la France, la Belgique, le
Maroc, les Etats-Unis d’Amérique, l’ONU, l’Union Africaine… à se
dédire, après avoir salué, à travers des messages de félicitations, la
victoire électorale du successeur de Joseph Kabila ? Fayulu devrait
dire à ses partisans ce qu’il a fait pour empêcher Félix Tshisekedi de
se rendre chez Joao Lourenço à Luanda aujourd’hui, Uhuru Kenyatta à
Nairobi ce mercredi, et Denis Sassous Ngesso ce jeudi à Brazzaville ?
        Surtout, le candidat malheureux de Lamuka à l’élection présidentielle
devrait expliquer à la communauté nationale comment elle va bloquer le
fonctionnement des institutions de la République, si ce n’est par une
rébellion armée, comme l’avait déjà annoncé un de ses compagnons de
lutte, ancien seigneur de guerre, Mbusa Nyamwisi. Ce sinistre
personnage, on le sait, semble n’avoir toujours pas digéré la
réunification et la pacification du pays après le Dialogue
intercongolais, et la fin progressive de l’exploitation sauvage de ses
ressources naturelles. La perspective de la renaissance du Grand Congo
comme Etat de droit n’enchante sans doute pas les « professionnels »
du bradage des « bijoux de famille ».
                        Kimp

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