Matata Ponyo : plus de peur que de mal !

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gouuvernementAprès les critiques acerbes enregistrées lors du débat général sur la loi de reddition des comptes 2014 par le ministre des Finances, puis sur le projet de budget 2016 par le Premier ministre, notamment au sujet des dépassements budgétaires, de mauvaises imputations des dépenses, du non respect des rubriques libellées, l’opinion pensait que Matata Ponyo allait être recalé à l’Assemblée nationale. Mais comme le dit l’adage, il y a eu plus de peur que de mal.

Hier mercredi 28 octobre, la plénière de l’Assemblée nationale a finalement déclaré recevable le projet de budget 2016 à l’issue des explications du chef du gouvernement aux préoccupations lui exprimées le lundi 26 octobre 2015 lors de la présentation de cette loi de finances de l’exercice prochain. 

Prenant la parole à cette occasion, Augustin Matata Ponyo a regroupé les préoccupations lui adressées en cinq points, à savoir : stabilité du cadre macroéconomique,  investissements porteurs et création d’emplois, réformes institutionnelles et de l’administration publique, organisation des élections, mobilisation des recettes.

Avant de se livrer au périlleux exercice de répondre aux questions lui posées, il a d’abord reconnu que malgré des avancées enregistrées les défis à relever restent d’importance.

A propos du paradoxe selon lequel malgré la forte croissance vantée par le gouvernement, le taux de pauvreté reste très élevé, le 1er ministre a fait remarquer qu’il n’y a pas de lien direct entre le croissance économique et l’augmentation automatique des recettes. D’autres paramètres peuvent faire en sorte que la croissance ne puisse pas entraîner l’augmentation immédiate des recettes.

Dans ce dossier lié à la croissance, il a soutenu que le PIB national s’est amélioré depuis 2014, et que n’eut été la guerre, les conditions de vie des Congolais auraient déjà changé.

En outre, il renseigne que le gouvernement concentre des moyens pour développer les secteurs de base, en l’occurrence la santé et l’éducation.

Concernant l’éducation, il a affirmé qu’à ce jour près de 500 écoles construites et équipées sont déjà opérationnelles, en plus de 250 autres en chantier. Avant d’annoncer que le programme de construction et équipement des écoles va se poursuivre, et cela dans chaque territoire à travers le pays.

Pour clore dans ce chapitre lié au secteur de l’éducation, le Premier ministre a exprimé sa joie d’avoir augmenté le budget de l’Education qui s’élève aujourd’hui à près de 15% du budget national.

De même, il promet la poursuite de la construction des stades municipaux et d’en implanter dans chaque territoire à travers la République. Comme point d’achèvement, il dotera chaque chef-lieu des provinces d’un stade omnisports. Puis, il a annoncé l’inauguration incessamment de quatre stades municipaux pilotes à Kinshasa.

Pour ce qui est du chômage, il a indiqué que des efforts sont déployés. Mais, il faudra encore plusieurs années pour atteindre un niveau acceptable.

Quant au différentiel entre les taux élevés des banques commerciales pour avoir des devises étrangères, alors que la Banque centrale maintient son taux directeur à 2%, Matata Ponyo a laissé entendre que des efforts sont en train d’être menés pour changer les choses.

            C’est ici que le Premier ministre s’est visiblement attaqué au député Simon Mbatshi Batshia qui avait fustigé des taux bancaires trop élevés lors du débat. Après avoir énuméré les différentes fonctions occupées, dont deux fois numéro un dans des entreprises du portefeuille, dans le temps par le gouverneur honoraire du Bas-Congo, le premier ministre a chuté en renseignant que lesdites entreprises sont malheureusement tombées en faillite. Une façon de dire que le concerné n’a pas de leçon à lui donner en matière de gestion publique. Une déclaration qui a suscité des chahuts dans la salle en signe de protestation.

            Parlant du secteur énergétique, il a dit que plus de 3 milliards de dollars sont injectés dans ce secteur en vue d’assurer la bonne desserte en électricité et en eau potable à travers le pays. Les barrages de Katende et de Kakobola sont également pris en compte dans ce programme.

            Concernant le processus de transformation des entreprises publiques amorcé en 2010, il a annoncé qu’à ce jour, 14 entreprises publiques ont bouclé leur processus de transformation.

            Pour les réformes institutionnelles et de l’administration publique, il promet de les poursuivre en s’impliquant lui-même. Car, a-t-il déclaré à ce sujet, la réforme de l’administration publique est une nécessité.

La bancarisation, qui vise à maîtriser les effectifs et les masses salariales en vue de l’amélioration des conditions salariales et de travail, fait partie des réformes à mener dans l’administration publique.

            C’est en marge de cette préoccupation que le 1er ministre s’est réjoui des efforts d’amélioration de salaires qu’il a menés. A titre d’illustration, il a dit qu’en 2004 lors de la négociation du barème de Mbudi, un huissier touchait 8.000 Fc, et aujourd’hui, il touche l’équivalent de 90$, et le Secrétaire général environ 1600$, salaires et primes confondus. Ce qui n’est pas loin dudit barème qui prévoyait 2500$ pour le SG..

            Concernant la décentralisation que d’aucuns qualifient de précipitée et mal préparée, Matata Ponyo a répondu qu’il s’agit d’un processus irréversible même s’il connait des difficultés. Avant d’annoncer la nomination dans les tout prochains des animateurs des nouvelles provinces, en attendant l’organisation de l’élection des gouverneurs.

            Réagissant enfin aux préoccupations relatives à la mobilisation des recettes, il a rassuré les députés et particulièrement l’auteur de la question, Henri Thomas Lokondo, que le gouvernement a terminé complètement le travail d’installation du guichet unique. L’inauguration interviendra bientôt, a-t-il promis. Même chose en ce qui concerne l’exploitation commune du pétrole du plateau continental, où il renseigne que le travail est avancé avec l’Angola.

            Enfin, le premier ministre a promis à l’Assemblée nationale qu’il observera toutes les suggestions et critiques émises en marge du débat sur le projet de budget 2016.

            Après le vote de recevabilité, le président de l’Assemblée nationale Aubin Minaku a tenu à rappeler à ses collègues membres de l’Ecofin la lourde responsabilité qu’ils ont d’accélérer le travail, afin de ne pas dépasser le délai imparti. La commission doit travailler du 29 octobre au 15 novembre 2015. Car, a-t-il indiqué, l’Assemblée nationale dispose de 40 jours et le Sénat de 20 jours pour adopter le budget au terme de la loi.

Dom

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