Matadi Kibala : un marché boudé par les vendeurs

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Sur la route de Matadi, un nouveau marché a été inauguré avec  l’aval du gouverneur André Kimbuta depuis quelques temps déjà. Entouré de part et d’autre par les avenues Ma Kiesse, Maman Ngundu, Cité Boma et l’entrée de l’Eglise du Rocher, ce marché appelé communément « marché de Matadi Kibala » est à moitié vide depuis un temps. Pour cause : les vendeurs ne veulent pas occuper les étables dans l’enceinte du marché.  Cette inauguration devait normalement répondre aux besoins des vendeurs en manque d’étalages. Le constat fait est que ces derniers préfèrent exposer leurs marchandises en dehors dudit marché afin d’attirer la clientèle trop pressée et qui ne peut entrer dans le marché.
 
Ayant déjà  fait matière à  débat,  pour sa délocalisation  vers Mitendi il ya de cela deux à trois ans, ce marché pirate  est quand même occupé par quelques vendeurs qui ont eu la bonne foi ou l’obligeance de s’y installer. Le décor est tout de même très étonnant : l’entrée est parsemée des vendeurs, hommes et femmes confondus, exerçant le commerce de farine de manioc et de maïs, des légumes, des épices, etc. Des mini-boutiques aussi trouvent leur place dans le lot. Ceux qui se mettent à cet endroit sont ceux qui traquent les clients « trop pressés », ils ne respectent aucune règle d’hygiène, toutes leurs marchandises sont étalées à même le sol, à la merci des mouches, de la poussière et toutes sortes de microbes. 
    La police, sous la direction d’une autorité invisible, remet les pendules à l’heure avec la nette intention de s’enrichir sur le dos des vendeurs, qui malgré tout ne sont pas décidés du tout à quitter le lieu pour lequel chacun a payé.  Chaque jour, dixit Maman Véro Dito, vendeuse de pains, je donne au moins 1500 FC à ces policiers pour qu’ils me laissent vendre. Quelques heures plus tard une autre équipe vient me chasser.  C’est injuste ! 
A l’intérieur, on trouve des étalages vides, des moulins par-ci-cause de chutes d’électricité dans certaines avenues telles que MONGANGA, SAINT NICOLAS, KILIYO, PUATI et KAYEMBE des «restos» ,un terrain de basket presque inexploité si ce n’est par des femmes jouant au «nzango»,des «judokas» et des enfants faisant de la bicyclette, surveillés par des jeunes garçons en quête de gagne-peint. Les tables qui sont censés être gratuites font l’objet de marchandage par les soit disant «contrôleurs» du marché. «Je ne peux jamais accepter de vendre à l’intérieur du marché, ma marchandise s’écoule plus rapidement à l’extérieur » a déclaré Matondo, vendeur dans une boutique.
 
La saleté règne en maître….
 
A la sortie, des installations sanitaires sont construites pour les besoins des vendeurs ; le prix pour la grosse commission s’élève à 100 FC et la petite à 50 FC. Aucune disposition n’a été prise en ce qui concerne l’approvisionnement en eau et l’hygiène de ces toilettes. La preuve est que l’avenue Ma Kiesse est victime des débordements d’un « trou » que l’on bouche pour en creuser un autre lorsqu’il est plein ; une odeur nauséabonde fait partie de la vie des résidents, qui, d’ailleurs y sont habitués. Dame la pluie est la bienvenue car elle aide les « contrôleurs » de ces W.C à évacuer leurs déchets.
 
Le danger guette…
 
Plusieurs cas d’accidents ont été enregistrés au cours des dernières années au bureau de la police communément appelé 5ième bureau. De nuit comme de jour, des camions remorques font des navettes, transportant du sable, de la caillasse, du bois, etc.
« J’ai failli mourir l’année dernière au mois de mai, à cause d’un camion transportant des moellons dont les freins avait lâchés. Trois voitures ont été endommagés mais je ne peux aller ailleurs sinon mes enfants mourront de faim», a indiqué Maman Emilie Mobalo, vendeuse de poissons salés.
L’interpellation s’adresse à qui de droit pour de revoir cette situation le plus vite possible, afin de permettre un avenir sain et sans danger pour les générations futures. 
 
MOKANDO MAMUNGO Christelle
Stagiaire/IFASIC
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