Massacres répétitifs des populations au Nord Kivu : RD Congo, un non-Etat à l’Est ?

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Alors que les larmes n’ont pas encore séché et que les pleurs subsistent au sein des populations locales, voilà que d’autres compatriotes ont été massacrés tant aux environs de Beni que dans la localité d’Oicha située à dix Km de là. Selon le bilan rendu public
par des témoins et des survivants de cette nouvelle tragédie, près de vingt-cinq morts ont été enregistrés. Le drame est survenu pendant la nuit et les assaillants ont eu le temps de piller des vivres, de la bière et des appareils électro-ménagers avant de prendre le large le
plus tranquillement du monde vers la brousse environnante, Selon plusieurs témoignages, ces hommes en armes étaient habillés ou déguisés en tenues des FARDC. Ces évènements, faut-il le souligner, sanglants et macabres, se sont déroulés deux jours après le massacre
d’une dizaine de nos compatriotes survenus dans les environs de la ville martyre de Beni.

Ce qui étonne et révolte l’opinion, c’est le fait que ces actes d’une
barbarie indicible sont perpétrés aux endroits ou localités situés
près des sites où patrouillent régulièrement les éléments de la
Monusco et ceux de l’armée régulière.
On rappelle qu’au lendemain de ces tueries, le gouvernement avait mis
en place une commission mixte composée des parlementaires nationaux et
provinciaux, ministres provinciaux, activistes des droits de l’homme
et délégués des populations locales pour une mission de consolation et
de sensibilisation au sein des populations locales. Avant que cette
mission mixte n’ait rendu son rapport, voilà que des éléments venus
d’on ne sait où surgissent non loin de là pour semer la mort et la
désolation au sein des populations martyrisées des villes de Beni et
Butembo séparés par une distance de près de 50 Kms ainsi que leurs
environs. Cette fois-ci, c’est le territoire de Rusthuru, toujours au
Nord-Kivu, qui a été victime d’un autre massacre des populations
civiles non armées par des éléments déguisés en rebelles non
identifiés. Parlant des langues locales et des pays voisins, à savoir
le Rwanda et l’Ouganda.

Complot contre le processus électoral ?
Quel est le but poursuivi par les assaillants à visage caché ?
Vise-t-on le sabotage du processus électoral qui entre dans le 80ème
jour de la tenue des échéances électorales présidentielle,
législatives nationales et provinciales? Veut-on installer le
sentiment de peur, de traumatisme et d’horreur au sein des populations
locales pour les contraindre à fuir leurs villages pour se réfugier
dans les brousses environnantes pour être exposées à la famine, à la
soif, aux intempéries, maladies et bêtes sauvages ?
En attendant le rapport de cette commission mixte, l’opinion voudrait
savoir pourquoi le parlement, entendez l’Assemblée nationale et le
Sénat ,n’ont toujours pas tenu des séances publiques pour examiner les
tenants et les aboutissants de ces massacres répétitifs qui se
déroulent sous les yeux et les oreilles des gouvernants ainsi que la
fameuse communauté internationale. Il est curieux et surprenant que
ces massacres soient perpétrés à deux jours de l’arrivée d’une
délégation du Conseil de Sécurité des Nations-Unies à Kinshasa pour
s’informer sur les problèmes qui menacent l’organisation et la tenue
des élections à la date fatidique du 23 décembre prochain.
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Quelle est la part de l’armée nationale ?
Avec ces massacres qui se commettent régulièrement depuis trois ans
dans les deux territoires de Beni et Butembo, le commun des mortels se
pose la question de savoir si ce pays est doté d’une armée nationale
et d’autres forces de sécurité civile et militaire pour protéger les
populations et leurs biens. De même, tous les procès organisés à Beni
et Butembo contre des prétendus auteurs, co-auteurs et commanditaires
de ces actes de barbarie se terminent toujours en eau de boudin, sans
que la paix et la sécurité des territoires et de nos compatriotes ne
s’améliorent. L’Est de la RDC ressemble à un non-Etat, où des forces
négatives, internes et externes, imposent la loi de la jungle aux
autochtones. On ne compte plus des tueries, des viols massifs et
répétitifs,  des pillages,  des déplacements forcés des populations,
des destructions délibérées des villages, champs et infrastructures
économico-financières, commerciales et industrielles.
Faut-il rappeler que la RDC est victime d’un génocide perpétré par
des bandes armées et souvent déguisées en éléments de la fameuse et
mythique ADF-Nalu, une soi-disant rébellion ougandaise qui
curieusement n’opère qu’à travers les territoires du Nord Kivu. C’est
triste et révoltant.

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