Massacres de Yumbi : l’ex-gouverneur de Maindombe accusé à l’Auditorat général des FARDC

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Une plainte ficelée en bonne et due forme par la communauté Banunu/Bobangi, à charge du gouverneur sortant de la province du Maindombe, Gentiny Ngobila, a été déposée le 23 février 2019 à l’Auditorat général des FARDC (Forces Armées de la République Démocratique du Congo). L’acte d’accusation se fonde sur sa présumée planification des massacres de Yumbi, en décembre 2018, où un conflit interethnique entre Batende et Banunu-Bobangi avait occasionné la mort d’environ 900 personnes, pour la plupart membres de cette dernière communauté. Les victimes avaient été tuées, indique-t-on, par balles réelles, armes blanches et incendies des maisons.

            Selon les plaignants, l’ex-gouverneur Gentiny Ngobila porterait une lourde responsabilité dans ces massacres, pour avoir financé et armé des miliciens de son ethnie, à savoir les Batende.

            En attendant la suite du dossier au niveau de la justice militaire, les observateurs pensent que la candidature du précité au gouvernorat de la ville de Kinshasa est d’ores et déjà compromise. En effet, au regard de la gravité des accusations qui pèsent sur lui et de leur proximité avec le génocide, il aurait du mal à battre campagne et à convaincre les députés provinciaux à voter pour lui. Selon de nombreux analystes, l’élégance politique devrait l’obliger à renoncer à la course au gouvernorat de la capitale et à se mettre à l’entière disposition de la justice.

            On rappelle que c’est à cause des massacres de décembre, des déplacés massifs des populations et du climat de grande insécurité que les élections présidentielle, législatives nationales et provinciales n’avaient pas eu lieu le 30 décembre 2018 à travers le territoire deYumbi et qu’elles avaient été reportées, comme à Beni et Butembo, à la fin du mois de mars 2019.

On signale aussi que le dossier de Yumbi comporte tellement de zones d’ombres, que le Chef de l’Etat y a dépêché dernièrement une mission d’enquête, sous la supervision de son directeur de cabinet, Vital Kamerhe. On attend connaître, de ce côté aussi, la suite que la haute hiérarchie du pays compte donner à ce dossier, en sus des mesures urgentes de sécurisation des autochtones de deux communautés rivales et de rétablissement de l’autorité de l’Etat sérieusement secouée par l’assassinat de l’ancien administrateur de ce territoire.

                                                                                  Kimp

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