Masques : oui à l’arrêté de Ngobila mais…

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Bien qu’il ait annoncé, il y a plus d’une semaine le port obligatoire du masque ou cache-nez dans les lieux publics, à travers toute la ville de Kinshasa, le gouverneur Gentiny Ngobila n’a rendu public l’arrêté d’application de cette mesure que le dernier week-end. Entre-temps, plusieurs abus étaient enregistrés, tout au long de la semaine qui vient de s’écouler, dans le chef des policiers, qui se livraient aux arrestations tantôt légales, tantôt arbitraires, et qui percevaient, de manière anarchique, des amendes qui allaient échouer dans leurs poches.

            A présent qu’il est clairement précisé que tout récalcitrant devrait être conduit au commissariat de police le plus proche pour y payer une amende de 5.000 FC, espérons qu’il en sera ainsi. Encore faudra-il compter sur le professionnalisme de la police pour ne pas répéter les dérives de la semaine dernière, avec mort d’homme, mais aussi sur une structure fiable de collecte des fonds découlant de cette pénalité financière, avec des fonctionnaires suffisamment patriotes pour les canaliser réellement vers les caisses de l’administration provinciale.

            Toujours dans le souci d’éviter des bavures et de faire respecter les mesures de lutte contre la chaîne de contamination au Covid-19, l’autorité urbaine devrait secouer les bourgmestres, chefs des quartier et de rues, afin qu’ils fassent respecter la distanciation sociale dans les marchés, aux arrêts de bus, dans les lieux de deuil, le port obligatoire des masques de protection, l’installation des lave-mains devant les maisons commerciales et les bâtiments publics, etc.

            L’autre versant du problème se trouve être la disponibilité de ces kits de protection. Beaucoup de Kinoises et Kinois, très branchés sur l’accompagnement, par nombre de gouvernements étrangers, des mesures de confinement liées au coronavirus, constatent l’organisation de plusieurs services  sociaux gratuits, dont la distribution des masques. En dépit de la précarité de ses moyens, l’Hôtel de Ville pourrait tout de même s’investir dans la commande, en quantité industrielle et bon marché, des cache-nez auprès d’un établissement public comme l’ISAM (Institut des Arts et Métiers), afin de permettre à toute la population kinoise d’être en mesure d’en faire de petits stocks, étant donné qu’il est conseillé de les changer régulièrement.

            Le Fonds National de Solidarité, piloté par le Cardinal Ambongo, pourrait être sollicité pour un appui financier et matériel à l’initiative visant la fabrication, en grand nombre, des masques de protection par l’ISAM, même si des particuliers se sont déjà, à titre personnel, lancés dans ce nouveau business.Kimp

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