En marge du match RDC- Zimbabwe (1-2) : Stade des Martyrs, désaveu public de la machine à voter

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Pendant que la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) bat campagne en faveur de la machine à voter, à travers des séances didactiques publiques à Kinshasa comme en provinces, et que l’Opposition politique continue de la rejeter, un message inattendu a été lancé en direction de l’opinion tant nationale qu’internationale, le samedi 13 octobre 2018, par le public du stade des Martyrs. En effet, venus assister au match RDC-Zimbabwe comptant pour la 3me journée des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations/ Cameroun 2019, plus de 80.000 spectateurs scandaient, à l’unisson, avant le
coup d’envoi de la partie, « Toboyi machine à voter eee … » (Nous disons non à la machine à voter)…. « Toboyi machine à voler eee » (nous disons non à la machine à voler).

Les cris de désaveu à l’endroit de ce kit électoral fort controversé,
de manière instantanée et improvisée, dans un cadre totalement
sportif, devraient interpeller les animateurs de la CENI ainsi que
tous ceux qui font la sourde au oreille aux observations relatives à
son déficit de garantie quant à la transparence des scrutins du 23
décembre 2018. Le verdict du stade des Martyrs contre la machine à
voter est d’autant interpellateur qu’il est signé par des férus du
football, présumés ne pas être directement intéressés, pour la
circonstance, par les dossiers politiques et, singulièrement, celui
lié à la tenue des élections présidentielle, législatives nationales
et provinciales.
Le fait que ceux qui avaient quitté leur maison avec, pour
préoccupation majeure, la joute sportive RDC-Libéria, se soient
subitement souvenus des menaces de la machine à voter sur leurs choix
dans les urnes, le 23 décembre prochain, est fort révélateur de
l’image négative que véhicule, dans la mémoire collective,
l’innovation technique de la CENI. Si un membre de cette institution
d’appui à la démocratie avait pris le risque d’être repéré à la
tribune des officiels, il aurait certainement été bombardé de
bouteilles d’urines en plastique, l’une des armes favorites du public
du stade des Martyrs.
On ose croire que Corneille Nangaa et ses collaborateurs du staff de
la CENI ont de bonnes oreilles et qu’ils ont capté, cinq sur cinq, le
message délivré par plusieurs dizaines de milliers de gosiers et
entendus par des millions de téléspectateurs, au pays comme à
l’étranger, en direct comme en différé. Il est à espérer que l’alerte
donnée par le public du Stade des Martyrs, toutes tendances politiques
et classes sociales confondues, va servir de matière à réflexion aux «
experts » de la CENI et leurs parrains politiques pour revoir à la
baisse leur triomphalisme face à leur prétendue merveille technique.
Nombre d’observateurs se demandent si la diabolisation de la machine
à voter n’a pas été un facteur sérieusement perturbateur de la
sérénité des internationaux congolais, complètement perdus et rêveurs
sur le terrain, face à leurs adversaires zimbabwéens évoluant comme
dans leur jardin.
S’il y a une leçon à tirer de l’incident du samedi 13 octobre au stade
des Martyrs, c’est celle consistant à noter que la machine à voter est
perçue, par le commun de Congolais, comme un instrument de fraude
électorale planifiée et non de transparence des scrutins. Il
appartient à la CENI de prendre conscience de l’attitude négative des
masses à l’égard de la machine à voter et d’en tirer les conséquences.
Kimp

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