En marge des marches de vendredi : l’Opposition exige un Président et des députés incontestables

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A l’appel de l’Opposition, des dizaines des milliers des Congolaises et Congolais de tous les âges sont descendus dans les rues de Kinshasa et de plusieurs villes du pays, le vendredi 26 octobre 2018, pour protester contre l’usage de la machine à voter lors de la
présidentielle et des législatives nationales et provinciales du 23 décembre 2018.

Dans la capitale, plusieurs ténors de l’Opposition étaient en
première ligne, de l’Echangeur de Limete, point de départ de la
marche, à l’esplanade du Boulevard Triomphal, retenu comme point de
chute.
Arrivés le même vendredi vers minuit, en provenance de Pretoria, en
Afrique du Sud, où ils venaient de participer au Conclave de
l’opposition, Vital Kamerhe, Martin Fayulu, Adolphe Muzito et Freddy
Matungulu, n’ont presque pas eu de temps de repos. Tenant à honorer
leur engagement d’être aux côtés des marcheurs, ils se sont signalés à
l’Echangeur de Limete vers 9 heures, pour se joindre à  leurs
compagnons de lutte restés à Kinshasa, notamment Jean Bertrand Ewanga,
Christophe Lutundula, Fidèle Babala, Freddy Sukusuku, etc.
D’autres candidats président de la République, à savoir Théodore Ngoy
et Marie Josée Ifoku des institutions, ont également pris part à cette
manifestation.
Marie José Ifoko, l’unique femme candidate à la magistrature suprême
du pays, était porteuse de son traditionnel balai, symbole du balisage
de la voie devant conduire aux élections transparentes, sans la
machine à voter et les 10 millions d’électeurs sans empreintes
digitales.
Tout au long de la procession, de l’Echangeur de Limete au Boulevard
Triomphal, les manifestants ne cessaient de scander « Toboyi machine à
voler » ou encore « Non, non, non… jamais ne passera… machine à voler
jamais ne passera… ».
Ils ont suivi, dans l’ordre et la discipline, l’itinéraire convenu
entre leurs leaders et le gouverneur de la ville de Kinshasa.
A cause de la foule qui ne faisait que grossir au fur et à mesure que
les colonnes des manifestants progressaient, la marche a duré plus de
3 heures, de Limete à Kasa-Vubu, dans le périmètre du stade des
Martyrs.
Pour Martin Fayulu, candidat de la Dynamique à la présidentielle,
cette marche constitue un sévère avertissement du souverain primaire
au président de la CENI, l’invitant à organiser des élections
transparentes, sans la machine à voter, le 23 décembre prochain.
Pour clôturer cette manifestation qui s’est déroulée dans un esprit
de convivialité entre la police et les manifestants, le président du
comité organisateur de la marche a pris la parole à partir d’un podium
improvisé sur le Boulevard Triomphal. Jean Bertrand Ewanga a, pour la
circonstance, rendu hommage à tous ceux qui ont répondu présents à
l’appel de l’Opposition mais aussi à ceux, qui, bien que physiquement
absents, étaient de cœur avec eux. Il s’est réjoui du fait que les
masses sont descendues en grand nombre dans les rue de Kinshasa et de
plusieurs villes des provinces du pays pour dire non à toute parodie
d’élections avec la machine à voter et dix millions d’électeurs
fictifs dans le fichier électoral .
Signalons que conformément au protocole d’accord négocié avec l’Hôtel
de ville, la marche s’est arrêtée au niveau du Boulevard Triomphal.
Mais une délégation composée de principaux leaders de l’opposition a
pris la direction du siège de la Centrale électorale, à Gombe, pour y
déposer son mémorandum. En l’absence de Corneille Nangaa, son
président, Théodore Ngoy, au nom de ses pairs, l’a laissé entre les
maisdu Rapporteur, Jean-Pierre Kalamba.
Après le dépôt du mémorandum, Vital Kamerhe a rappelé l’exigence
majeure de l’Opposition pour les élections du 23 décembre, à savoir la
transparence.
Bien qu’absents du pays, Félix Tshisekedi, président de l’UDPS et
candidat à la présidentielle, a lui aussi salué l’initiative de ses
pairs de l’opposition sur son compte tweeter, pour avoir mobilisé la
population en faveur des élections transparentes.
ERIC WEMBA
MEMORANDUM DU COLLECTIF DES PARTIS ET REGROUPEMENTS POLITIQUES DE
L’OPPOSITION ADRESSE A LA COMMISSION ELECTORALE NATIONALE INDEPENDANTE
Nous,
Cadres, militants et membres du collectif des partis et regroupements
politiques de l’Opposition politique de la République Démocratique du
Congo,

Animés par les nobles idéaux proclamés solennellement et consacrés par
notre Constitution, promulgué le 18 février 2008.
Mûs par la ferme volonté de bâtir au cœur de l’Afrique, un Etat de
droit et une Nation puissante et prospère, fondée sur une véritable
démocratie politique, économique et culturelle ;

Nous fondant sur l’article 5 de la Constitution de la République,
pacte sacré qui nous unit et nous guide et qui stipule que « la
souveraineté nationale appartient au peuple ».

Forts de ce droit souverain de choisir, par voie d’élections, libres,
transparentes et crédibles, nos gouvernants sous peine d’éroder le
fondement, la légitimité et l’efficacité de notre Nation.

Déterminés à conduire le peuple congolais sur la voie de l’alternance
le 23 décembre 2018, à travers des consultations libres,
transparentes, crédibles et inclusives plutôt qu’à une parodie
d’élections fictives et de pacotille.

Attendu qu’aux termes des dispositions de l’article 211, alinéa 4 de
la même Constitution de la République Démocratique du Congo, la
mission essentielle, fondamentale, de la CENI est d’assurer la
régularité du processus électoral et référendaire conformément à la
Loi organique n°13/012 du 19 avril 2013 modifiant et complétant la Loi
organique n°10/013 du 28 juillet 2010 portant organisation et
fonctionnement de la Commission électorale nationale indépendante,
spécialement en son article 3et à la Loi électorale suscitée,
spécialement en son article 2, dernier alinéa.

I. Rappelons à la Commission Electorale Nationale Indépendante ce qui suit :
1.      Le citoyen congolais a le droit inaliénable et fondamentale d’être
dirigé par un Président de la République, des Députés et des
Sénateurs, régulièrement élus, conformément aux dispositions de
l’article 5 de la Constitution et à la loi électorale ;
2.      L’article 47 de la loi électorale prévoit que « le vote s’effectue
soit au moyen d’un bulletin papier soit par vole électronique ». Mais
l’article 237 ter affirme sans ambages « que le mode de vote
électronique ne peut être appliqué pour les élections en cours ».
3.       La Décision n°65/CENI/BUR/17 du 05 novembre 2018 portant
publication du calendrier des élections présidentielle, législatives,
provinciales, urbaines, municipales et locales prévoit aux points 38,
39 et 40, du 20 septembre 2018 au 05 décembre 2018, les activités
suivantes :
– préparatifs technique de l’impression des bulletins ;
– Impressions, conditionnement
– Déploiement et livraison aux 15 hubs.
4.      La décision n°001BIS/CENI/BUR/18 du 19 février 2018 de la CENI qui
vous charge en son article 18 : « de détecter les cas d’enrôlement
multiples, d’enrôlements irréguliers ainsi que ceux des personnes
enrôlées avec dissimulations des incapacités prévues par les articles
8 et 9 de la loi portant identification et enrôlement des électeurs en
RD Congo ». Cette décision enjoint par conséquent la CENI de prendre «
des mesures conservatoires de radiation complète de ces personnes dans
le fichier électoral ».

II. DES LORS,

NOUS Cadres, militants et membres du collectif des partis et
regroupements politiques membres de l’Opposition politique de la
République Démocratique du Congo ;

EXIGEONS DE LA COMMISSION ELECTORALE NATIONALE INDEPENDANTE :

1. La mise à l’écart immédiat et sans atermoiements de la « machine à
voter », modalité ou dispositif du vote électronique, constitué d’un
ordinateur avec ports extrêmes et disques externes doté d’un écran
tactile. Ce système très vulnérable et perméable connectable est
reprogrammé pour le recueil, le décompte, la transmission,
l’agrégation de suffrages automatisées et informatisée du processus de
vote ; Cette machine à voter est interdite par la loi électorale et
non prévue par le calendrier électoral publié par la CENI ;
2. L’application stricte des dispositions légales sus-vantées pour
élaguer du fichier électoral tout électeur non identifiable par ses
empreintes digitales :
3. La mise en place immédiate par la CENI, de la commission technique
avec toutes les parties prenantes afin de s’assurer des garanties  de
transparences dans le processus d’impression des bulletins de papier,
des procès-verbaux, des  fiches des résultats de vote, du
dépouillement des résultats, de leur transmission et de la
proclamation des résultats des trois scrutins prévus et qui doivent se
tenir impérativement le 23 décembre 2018 :
4. La participation logistique effective de la MONUSCO au processus
électoral. Et l’accréditation et le déploiement des observateurs des
instances internationales notamment, UN, UE, UA… et autres, afin de
garantir la transparence du processus.

III.    DECLARONS A LA COMMISSION ELECTORALE NATIONALE INDEPENDANTE QUE :

1. Le peuple congolais demeurera vigilants et continuera à exiger par
toutes voie de droit, plus spécialement sur pied de l’article 94 de la
Constitution, un processus électoral crédible qui passe notamment par
la mise à l’écart de la machine à voter et la radiation des électeurs
irréguliers.
2.       Le processus doit se dérouler dans la transparence, l’égalité de
traitement des candidats, le droit d’accès aux médias publics, la
sécurité et le respect des droits fondamentaux, y compris la liberté
de manifestation pour toutes parties.
3.  Le président de la Ceni et tous les membres de cette institution
doivent intérioriser les termes de leur serment. Ils ont en effet juré
« sur l’honneur, de respecter la Constitution et les lois de la
République Démocratique du Congo et de remplir loyalement et
fidèlement les fonctions de membres de la CENI ».
4. En tout état de cause, la CENI sera tenue pour responsable, en
connivence avec le pouvoir illégitime actuel du chaos consécutif à
l’organisation d’une parodie électorale et autres consultations
fictives.

Fait à Kinshasa, le 26 octobre 2018

1. Fidèle Babala
2. Freddy Matungulu
3.  Martin Fayulu
4. Vital Kamerhe
5. Théodore Ngoy
6. Marie-Josée Ifoku
7. Adolphe  Muzito
8.  Jean-Bertrand Ewanga

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