En marge de l’humiliation infligée au Premier Ministre : Primature, le mal est fait

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Bruno Tshibala, le 17/03/2017 à Kinshasa. Radio Okapi/Ph. John Bompengo
Le nouveau Premier ministre Bruno Tshibala reçu pour la première fois depuis sa nomination par le président de la République Joseph Kabila le 10 avril 2017. ©Présidence de la République.

On n’a jamais vu ça !

Pour la toute première fois dans l’histoire de la République, un Premier Ministre est humilié sur la place publique par un Conseiller qu’il a lui-même nommé par décret. L’affaire, jusque-là tenue secrète, a été révélée à l’opinion il y a 48 heures par notre confrère de
l’avenue du Bas-Congo.

Dori Dumbi – puisque c’est de lui qu’il s’agit – Conseiller Technique Spécial chargé de la Politique et Financement des PMI-PME, est sorti du bois pour tirer à boulets rouges à la fois sur Bruno Tshibala et surtout sur le Directeur de Cabinet Nsomwe.

Au second cité particulièrement, il impute un chaos organisé à la Primature. A l’en croire, rien ne fonctionne à ce niveau de la coordination de l’équipe gouvernementale. Il va même plus loin en mettant au défi quiconque serait en mesure de produire un simple accusé de réception d’un quelconque courrier ou rapport adressé au premier responsable de l’action gouvernementale.

C’est incroyable ! L’attaque est vraiment frontale. Le jeune
Conseiller Technique Spécial ne porte pas le moindre gant et il dit
pourquoi dans la suite dans sa note au vitriol : « Le premier
responsable de ce gâchis doit impérativement débarrasser le pallier ».
Le message est adressé à celui qui l’a nommé, considéré dans le cas
d’espèce comme co-responsable de tout ce qui arrive parce que,
manifestement, il ne contrôlerait rien.
Le pavé jeté dans la marre a créé un réel malaise et soulevé beaucoup
de questions. L’auteur de la lettre tout comme son chef ont une même
origine politique. Ils avaient donc la possibilité de se rencontrer et
de s’expliquer en toute discrétion. Qu’est-ce qui s’est donc passé
pour qu’il n’en soit pas ainsi et que le Conseiller technique spécial
se sente en devoir,  pour obtenir le changement nécessaire, de passer
par la voix de courrier officiel dont personne ne peut garantir une
totale discrétion. Aujourd’hui, les faits sont là et le mal est
totalement consommé.
En effet, quelques heures après la mise sur la place publique du
courrier querellé, le Premier Ministre a pris un décret de révocation
qui n’élimine malheureusement pas le délit. Dori Dumbi est désormais
un ex-Conseiller Technique Spécial et le directeur de cabinet ajoint
qui en assure la notification à l’intéressé se charge de lui dire tout
le mal qu’il pense de lui  à travers ces quelques lignes : « Il est
mis fin à vos fonctions de Conseiller Technique Spécial chargé de la
politique et financement des PMI-PME pour comportement répréhensible
faisant état de vagabondage, propagation à l’anarchie et surtout
agitation avant même la prise de vos fonctions au cabinet du Premier
Ministre ».
Il est curieux de lire dans cette note de fin de service l’accusation
de vagabondage adressée à quelqu’un avec qui, pourtant, le Premier
Ministre prépare le Congrès de son parti qu’il continue curieusement
de dénommer UDPS du nom de son ancien parti dont chacun connaît
pourtant les dirigeants et le lieu du siège sur la 11ème rue/Limete.
Au–delà des accusations avancées par les uns et les autres, force est
de constater qu’il y a un réel problème dans la gouvernance nationale.
Est-il en effet possible de choisir, à ce niveau des responsabilités,
des hommes dont on ne connaît même pas l’adresse physique ainsi que le
révèle le courrier signé par le directeur de cabinet adjoint et qui
s’adresse à un conseiller spécial localisé uniquement à travers son
numéro de téléphone ? Est-il possible de confier des lourdes charges à
un vagabond et de ne découvrir son jeu malsain qu’au moment de son
entrée en fonction ? Est-il possible de croire que ce monsieur n’avait
jamais été à son bureau alors  même que dans la lettre de notification
de sa révocation, on donne des instructions expresses au Secrétaire
Général à la Primature pour prendre les dispositions nécessaires en
vue de lui interdire désormais l’accès au complexe de la Primature.
De tout ce qui précède, il appert qu’il y a des problèmes qui se
posent et on ne pourra pas les résoudre en pratiquant la politique de
l’autruche. Il est donc important que le destinataire de la lettre de
Dori se penche avec ouverture et indépendance sur les faits dénoncés,
qu’il les examine de manière objective pour s’assurer de leur
matérialité ou non, et de prendre des mesures correctives nécessaires
si telles doivent être les conclusions du dossier.

LP.

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