Marches : qui ont donné les ordres de tirs ?

0
557

Quatre morts ont été enregistrés, dont trois à Kinshasa et un à Lubumbashi, selon le bilan provisoire communiqué aux médias hier jeudi 09 juillet 2020, lors des marches pacifiques organisées par l’UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès Social) et ses alliés, pour protester contre la candidature irrégulière de Ronsard Malonda à la présidence de la CENI. Par la même occasion, les bavures policières ont entraîné de nombreux blessés, dont certains vont rester invalides pour toute la vie.

                  La question qui revient sur de nombreuses bouches est machinalement la même : qui ont donné aux policiers, à Kinshasa, Matadi, Kananga, Mbuji-Mayi, Tshikapa, Mwene-Ditu, Kamina, Lubumbashi, Kolwezi, Bukavu, Goma, Beni, Butembo, Kisangani… les ordres de tirer à balles réelles sur des manifestants pacifiques ? Pourquoi a-t-on doté les forces de l’ordre en balles réelles, au lieu des balles en caoutchouc, traditionnellement d’usage lors des manifestations publiques ? Dans quelle intention a-t-on « armé » les policiers avec des fusils et des balles susceptibles de donner la mort ?

                  Face à la perte gratuite des vies humaines hier en RDC, la justice militaire devrait ouvrir des enquêtes, toutes affaires cessantes, pour identifier les « commandants » de la police ou les décideurs politiques ayant donné le feu vert aux policiers pour qu’ils répriment les manifestations d’hier à balles réelles. Les responsables de ces tueries devraient subir la rigueur de la loi car chaque vie compte dans une Nation. Il n’est pas normal que pour des manifestations politiques pacifiques, notamment celles d’hier jeudi, dont la justesse est reconnue par la quasi-totalité du peuple, qui l’a exprimé en suivant massivement le mot d’ordre de l’UDPS, le sang d’innocents patriotes puisse couler dans ce pays, rappelant une époque révolue, marquée par le musellement des libertés d’expression et d’opinions.

                  Les donneurs d’ordres de « tuer » devraient répondre de leurs actes, afin que la police retrouve la voie du professionnalisme dans sa mission d’encadrement des manifestations.                                                                                     Kimp

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •