Manifestations et réunions publiques : tous égaux devant la loi

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L’Assemblée nationale va examiner et voter aujourd’hui, au cours de sa séance plénière, la proposition de loi portant liberté des manifestations et réunions publiques en RDC.

Quand on sait que depuis la dictature de Mobutu, en passant par le régime de l’AFDL jusqu’à nos jours, la plupart des libertés fondamentales des citoyens sont toujours confisquées, tous les Congolais épris de paix et de justice gardent encore leur souffle en se posant mille et une questions sur ce que vont nous produire les députés.  

            Ces interrogations tournent essentiellement autour de la prise en compte de leurs principales préoccupations, de l’application des principes démocratiques à l’égard de tous les citoyens, sans discrimination de leur appartenance politique, ethnique, sociale et religieuse.

         Ils attendent de leurs représentants dans l’hémicycle, non pas une loi taillée sur mesure pour le parti au pouvoir et ses alliés, mais une législation impersonnelle qui traduirait la réelle volonté de tous de se sentir égaux devant la loi. 

         Car, de tous temps, on a toujours reconnu à la RDC le mérite de prendre de bonnes lois, mais c’est au niveau de l’application de ces législations que notre pays éprouve des difficultés. Une chose est d’adopter des lois, une autre est de les appliquer sans restrictions.

         On se rappellera à cette occasion, que par le passé, bien que le régime des manifestations et réunions publiques soit déclaratif en RDC, on a toujours vu les manifestations organisées par les partis d’opposition, des organisations de la société civile, des structures syndicales, des associations des consommateurs et autres réprimées dans le sang. Pourtant, la procédure légale était respectée, c’est-à-dire la lettre d’information adressée à l’autorité urbaine déposée dans le délai, pour lui permettre de prendre toutes les dispositions sécuritaires pour assurer l’encadrement des manifestants. Et au lieu d’encadrer ces manifestations qui ne visent pas opérer des casses dans la ville, ni agresser les citoyens d’autres obédiences politiques, c’est la répression aveugle à laquelle on assiste. Les forces de l’ordre mobilisées ne manquent pas de recourir aux méthodes fortes, telles que la bastonnade, les grenades lacrymogènes, les tirs à balles réelles, l’interpellation et l’incarcération. Quelquefois, les manifestants sont déferrés devant le parquet et jetés en prison, avant qu’ils soient présentés devant un tribunal.

         C’est ici le lieu de se demander si les politiciens congolais lisent l’histoire, leur histoire et celle de leur pays. Elle n’est faite que des changements de régimes politiques, d’alternance au pouvoir, au point que ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui, se retrouveront un jour, tôt ou tard, dans l’opposition. Et vice-versa.

         Devant l’histoire, les députés doivent pouvoir lever tous les écueils qui jonchent la voie de l’application de cette loi qui est essentielle et qui permettrait à tous les Congolais de jouir enfin des mêmes droits, d’exercer les libertés d’expression, de manifestation, de réunion et d’association.

         Les Congolais refusent d’être régentés par des autorités politico-administratives qui, pour des raisons d’engagement politique personnel, empêcheraient les citoyens de s’exprimer librement, de se réunir et d’organiser des manifestations.

         Car, ces dirigeants oublient toujours ou feignent d’ignorer qu’ils gèrent la cité au nom du peuple, le souverain primaire. Et quand on est une autorité politico-administrative,  on ne l’est pas là pour sa famille politique.

         Les députés ont donc la lourde mission de ne pas donner le libre seing à l’autorité politico-administratives de prendre en otage les citoyens et de confisquer les lois au seul profit du régime en place. Demain, quand elles ne seront plus aux affaires, se complairont-elles de ne plus jouir de leurs droits ? C’est sûrement en ce moment-là qu’elles sentiront l’extrême nécessité de la protection de la loi. Voilà pourquoi les citoyens attendent beaucoup de la représentation nationale dont on sait qu’elle doit gérer sans parti pris, ni les préoccupations de notre peuple. En tous cas, le peuple ne veut pas des lois à deux vitesses, mais des lois impersonnelles applicables à tous, qui sécurisent tout le monde.

         Nos députés seront donc jugés sur base des garde-fous qu’ils érigeront aujourd’hui, pour la future application de cette loi sur les manifestations et réunions publiques.      

 J.R.T.

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