Les machines à voter face au défi de l’énergie électrique

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Pour justifier le report des élections présidentielle, législatives et provinciale – que la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) avait programmées pour le 23 décembre 2018, depuis plus d’une année – Corneille Naaga, président de cette commission, s’est essentiellement appesanti sur l’incendie intervenu il y a trois jours, dans un des dépôts de la CENI. Si de toute évidence, il s’est efforcé à  convaincre son auditoire de la gravité de l’acte ainsi décrié, Corneille Naanga a tu d’autres défis – et non des moindres – qui attendent toujours l’organisation des élections sur l’ensemble du territoire national. Parmi ces défis, il y a la certitude de disposer d’une énergie électrique permanente, fiable et de qualité est vraiment loin d’être acquise.

En contemplant l’Afrique centrale la nuit, on a l’impression que notre pays, la République Démocratique du Congo (RDC) est un trou noir entouré des pays lumineux. Une impression d’autant troublante que ce pays possède la plus grande centrale hydroélectrique de l’Afrique, si pas du monde. A l’opposé, la plus grande partie de la population et des collectivités vivent dans l’obscurité la plus totale à cause d’une desserte en énergie électrique insuffisante, malgré le recours désespéré à l’application de mixte énergétique – énergie thermique, gaz, vent, etc – dans certains coins du pays. Les diverses solutions envisagées pour résoudre ce déficit en desserte de l’énergie avec la transformation des entreprises d’Etat en entreprises commerciales n’ont rien changé. Une situation qui constitue une épine dans les pieds de Corneille Naanga.

 

Des collectivités vivant en permanence dans l’obscurité

            La machine à voter ne peut se passer de l’énergie électrique pour son fonctionnement. Des batteries (ou groupes électrogènes) sont associées à ces ordinateurs (machines à voter) pour leur permettre une autonomie suffisante dans leur fonctionnement. Le comble est qu’on ne peut se fier totalement à ces batteries qui peuvent subir des avaries ou tomber en panne d’un moment à l’autre, comprometant de la sorte un bon déroulement de scrutin. Dès lors, le recours au réseau local de desserte de l’énergie électrique s’avérera indispensable ou encore le recours au savoir d’un technicien. Tout Congolais sait que les deux possibilités sont improbables et leur absence risque de bloquer les scrutins dans certains coins, quel que soit l’importance de l’agglomération.

Plusieurs exemples l’attestent. Ici même dans la capitale, il est devenu pratiquement impossible d’avoir en permanence l’énergie électrique. Même les communes les plus huppées sont affectées, à l’exemple de la Gombe, Ngaliema, Limete, etc. On retrouve des groupe-électrogènes dans des résidences. A l’intérieur du pays, la situation est plus dramatique. Prenons quelques cités ou villes qui entourent Kinshasa, telles que Kenge et Kikwit qui manquent de l’énergie électrique. A Bandundu-Ville, il n’y a qu’une commune qui peut prétendre être éclairée d’une façon intermittente. D’autres villes comme Kananga, Mbuji-Mayi, Mbandaka, Kisangani, la situation est catastrophique.

Dès lors, la CENI doit considérer avec le sérieux nécessaire, cette difficulté majeure car elle risque, à elle-seule, de bloquer les scrutins dans plusieurs coins et recoins de notre pays.

 

SAKAZ

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