Machine à voter et fichier électoral corrompu : le CLC menace de battre campagne contre la Ceni

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Dans le souci d’avoir des élections apaisées le 23 décembre 2018, le Comité Laic de Coordination  (CLC) fustige la machine à voter. Il estime que l’utilisation par la CENI de la machine à voter ressemble à un défit lancé au peuple. Non seulement qu’elle n’est pas prévue par la loi électorale et  ne fait pas l’objet d’un consensus national mais surtout elle ne respecte aucune norme ou directive en la matière.

Selon le CLC, l’introduction de la technologie de vote électronique
nécessite l’objectivité, l’indépendance et la neutralité de toute
évaluation. Les expériences des pays  qui  y ont fait recours auraient
pu être une excellente source d’inspiration pour la CENI.
Cette déclaration a été rendue publique au cours d’un point de presse
tenu hier lundi 24 septembre 2018, en la salle des conférences de la
paroisse Saint Joseph, à Matonge, par le porte-parole du CLC,
Tshombela. Cette déclaration est signée par le professeur Isidore
Ndaywel, Franklin Mbokolo, Justin Okana, Julien Lukengu, Franklin
Mbokolo, Gertrude Ekombe.
Le même communiqué indique que les élections doivent avoir
impérativement lieu le 23 décembre 2018, moyennant la prise en compte
de recommandations de l’OIF par la CENI, en vue de rendre le fichier
fiable, crédible et sécurisé. Sans quoi, la CENI trouvera en face le
CLC et la population. Le CLC insiste sur la nécessité de publier
rapidement le plan de mise en œuvre de toutes les recommandations de
l’OIF ; de publier et isoler la liste de 16,6% d’inscrits sans
empreintes digitales ; d’isoler les mineurs.
Le CLC a pris bonne note du contenu des listes définitives publiées
par la CENI le 19 septembre 2018, conformément à son calendrier du 5
novembre 2017, dans lesquelles elle a retenu  21 candidats présidents
de la république, 15.355 candidats députés nationaux et 19640
provinciaux.                                                             Murka

APPEL DU CLC : LES ELECTIONS CREDIBLES LE 23 DECEMBRE 2018 OU RIEN…!
1. Le CLC a pris bonne note du contenu des listes définitives publiées
par la CENI le 19 septembre 2018, conformément à son calendrier du 5
novembre 2017, dans lesquelles elle a retenu 21 candidats présidents
de la République, 15.355 candidats députés nationaux et 19.640
candidats députés provinciaux. Cependant, le CLC ne cache pas son
Inquiétude suite à l’exclusion du processus électoral d’un certain
nombre d’acteurs politiques en qui une bonne partie de la population
se reconnaît.
Dans le même ordre d’idées, le CLC fait le constat malheureux de la
mise à l’écart de la communauté internationale, notamment dans la non
Intégration du comité des experts internationaux, l’absence
d’invitation des observateurs internationaux et le refus de rapport
financier additionnel ainsi que celui de l’appui logistique de la
Monusco.
Le CLC déplore en outre la non prise en compte des Résolutions
pertinentes du Conseil de Sécurité, particulièrement la Résolution
2409, notamment sur le respect des libertés d’opinion et d’expression,
la sécurité de tous les acteurs politiques et la liberté de
circulation de tous les candidats, des défenseurs des droits de
l’homme et des acteurs de la société civile.
2. En plus de cette attitude d’exclusion qui fait de ce processus
électoral la chasse gardée de la seule famille politique du Président
Kabila qui en a le contrôle absolu, qui, de surcroît s’est accaparée
de toutes les ressources nationales et a instrumentalisé des
institutions de l’Etat au seul profit de son candidat déjà en campagne
électorale, le CLC fait le constat qu’il est encore temps pour la CENI
:
– de rendre publics les noms de près de 6 millions d’Inscrits, soit
les 16,6% des effectifs, sans empreintes digitales et de les isoler du
fichier électoral ;
– d’assurer le nettoyage du fichier électoral par la mise à
disposition préalable de l’ensemble des données de ce fichier, et son
dépouillement de tous les cas indésirables, y compris celui des
498.345 enrôlés qui n’auront pas l’âge de voter (18 ans), le 23
décembre 2018 ;
– d’abandonner définitivement le recours à la machine à voter non
prévue par la loi et dans le calendrier électoral et, dont l’achat
constitue un véritable détournement de fonds punissable par la loi ;

–       de respecter son propre calendrier pour imprimer, conditionner et
livrer des bulletins de vote dans les bureaux prévus. Il lui suffit,
pour ce faire, de suivre et de respecter les étapes qu’elle a
elle-même programmées, à savoir :
«du 20 septembre ou 6 octobre 2018 : préparations techniques de
l’impression des bulletins, des procès-verbaux et des fiches des
résultats: nettoyage et consolidation de la base de données des
candidats;
« du 7 octobre ou 15 novembre 2018 : impression, conditionnement et
livraisons aux 15 Hubs, des bulletins de vote, des procès- verbaux et
des fiches de résultats ;
« du 16 novembre ou 5 décembre 2018 : déploiement des bulletins de
vote, procès-verbaux et fiches des résulta vers les sites de
formation,
3. Vu ce qui précède, le CLC demande :
* à l’opposition, conformément à son communiqué du 15 septembre 2018,
de confirmer sa bonne foi et son engagement d’aller aux élections le
23 décembre 2018 en mobilisant son électorat et en remplissant
d’urgence la promesse qu’elle a faite à la communauté tant nationale
qu’ internationale de présenter son candidat commun.
* au Président Joseph Kabila et son gouvernement, de faire preuve de
sursaut patriotique en libérant réellement le processus électoral, à
cette étape ultime, par la mise en oeuvre non biaisée et sans failles,
des mesures de décrispation politique, tel que prévu par l’Accord de
la Saint Sylvestre. La confiscation des médias publics au profit du
pouvoir en place et la réduction des libertés publiques par des
interdictions, ainsi que des répressions des marches pacifiques et des
manifestations publiques de l’opposition et de la société civile, sont
devenues plus qu’insupportables. Dans ce cadre, le CLC exige la
libération immédiate et sans conditions, des membres des mouvements
citoyens incarcérés suite à l’expression de leur liberté de manifester
contre l’usage de la machine à voter.
4. Après les 24 mois de « glissement» depuis la fin du dernier mandat
du Président Kabila, le CLC met en garde toutes les parties prenantes
à ce processus et alerte l’opinion tant nationale qu’internationale :
– qu’il ne sera plus question de report des élections au-delà de la
date du 23 décembre 2018
– que ces élections auront lieu, à la date fixée, sans la machine à
voter, avec un fichier électoral nettoyé, fiable et sécurisé.
5.      Pour baliser le chemin vers des éIections crédibles, le CLC va
incessamment procéder au lancement d’une campagne nationale contre
l’utilisation de la machine à voter et contre le fichier électoral
corrompu, en mobilisant la population à Kinshasa la capitale, en
provinces et dans la diaspora, avant d’appeler notre peuple à d’autres
actions pacifiques de revendication.
6.      La paix et la stabilité de la sous-région ainsi que la reconquête
de la dignité nationale en dépendent pour le bien-être de tous.

Fait à Kinshasa le 24 septembre 2018

POUR LE COMITE LAIC DE COORDINATION

Jonas Tshiombela
Prof. Isidore Ndaywell
Prof. Justin Okana
Julien Lukengu
Francklin Mbokolo
Gertrude Ekombe

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