Les lycéennes de « Tobongisa » face aux hauts faits de leurs aînées

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Appelées à échanger avec leurs jeunes sœurs des 6èmes des humanités, les anciennes du Lycée Tobongisa, dans la commune de Ngaliema, ont animé une journée de réflexion en rapport avec le mois de mars, le jeudi 23 mars 2017 dans l’enceinte de ladite école. C’était pour inciter les filles de cet établissement scolaire  à s’approprier tout l’arsenal juridique qui les protège et prendre conscience de leurs atouts qui feront d’elles des femmes puissantes dont le pays a besoin.

Se référant à leurs parcours scolaires et académiques, ces anciennes du Lycée Tobongisa, devenues pour la plupart des mères de famille, cadres dans diverses entreprises de la place,  ont  relaté succinctement la manière dont elles ont pu briser cette barrière qui les plaçait en-dessous des hommes à travers les objectifs qu’elles s’étaient assignés pour leur avenir.

Deux thèmes ont été abordés au cours cette journée, à savoir : « Bienvenue dans le monde académique » et «  les femmes dans un monde du travail en évolution : une planète 50-50 d’ici 2030 ». Ces différents sujets ont été animés respectivement par Pierrette Mbombo Mukadi,
veuve du regretté Jeannot Bemba et Directeur à la DGDA, Emile Zola, écrivaine et professeur aux universités de Kinshasa et Lubumbashi, ainsi que Lydia Nzigire, encadreuse des diplômées d’Etat dans leurs cursus académiques. Notons que toutes ces intervenantes se sont appuyées sur leurs expériences personnelles pour démontrer à l’assistance comment elles ont réalisé leurs vœux notamment à travers les études.

D’entrée de jeu, Pierrette Mbombo Mukadi a indiqué que le mois de mars doit permettre aux femmes d’évaluer les avancées réalisées dans la lutte pour la parité entre hommes et femmes d’ici 2030. Rappelant les thèmes retenus sur les plans national et international, cette ancienne lycéenne de la promotion 1984 a fait savoir que la parité ne s’obtiendra pas parce que l’on est de sexe féminin, mais plutôt par la méritocratie.  Pour appuyer cette thèse, elle s’est  référée à son parcours au lycée Tobongisa, durant laquelle elle excellait dans tous les cours suite à son amour pour la lecture. Arrivée à l’Université de Kinshasa, elle dit avoir poursuivi dans cette même lancée sans complexe, toujours dans l’objectif d’être la première de sa promotion.

« Le Lycée a été un tremplin pour moi afin que je devienne ce que je suis aujourd’hui. On nous a obligée de nous abonner aux bibliothèques, de mener des recherches scientifiques… Nos enseignants nous ont inculqué des valeurs à travers la formation. C’est ainsi que j’ai
réussi avec mention «Distinction» de la 1ère à la 3ème année de mon graduat. On ne m’a fait aucune faveur, mais je l’ai mérité. C’est ce que je veux de vous, futures cadres de ce pays, que vous méritiez cette parité en prouvant de quoi vous êtes capables et non pas que
l’on vous en offre comme un cadeau » a-t-elle soutenu, tout en poursuivant en ces termes : « Je viens à la base pour vous encourager à aller de l’avant car l’espoir de demain est entre vos mains. Vous avez des privilèges que n’avions pas à notre époque, surtout avec
l’émancipation de la femme. Prouvez au monde que la femme est capable de grandes choses à l’instar des hommes. Suivez le parcours depuissantes  femmes de ce monde telles que Ségolène Royal, Angela
Merkel, Hyllary Clinton…», a déclaré Pierrette Mbombo.
Paraphrasant son prédécesseur, Lydia Nzigire a exhorté les futures
diplômées d’Etat à résister à toutes les tentations qui vont se
présenter à elles lorsqu’elles affronteront le monde universitaire.
Elle a évoqué les harcèlements de la part des professeurs, la
corruption et autres antivaleurs.
Dans ce même ordre d’idées, Emile zola, focalisant son intervention
sur l’éducation civique et morale,  a appelé les lycéennes à éviter le
mariage précoce mais plutôt à privilégier les études, à dénoncer les
cas de discrimination et de harcèlement, à ne pas faire l’objet  de
trafic et de convoitise.
A la fin de leurs interventions, Pierrette Mbombo  Mukadi a pris
l’engagement d’envoyer à l’étranger la lauréate de cette année afin
qu’elle y poursuive ses études universitaires.
Perside DIAWAKU

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